OEIL DE CHAT
« pupillœ colora subviridis mullo serius demum animadvertitur (1).» Mais je pense qu'il est plus conforme aux faits de dire que, dans les cas qui ont donné lieu à la remarque de Weller, il s'agissait d'yeux glaucomateux devenus amaurotiques, et non de cas clans lesquels le groupe de symptômes qui constitue le glaucome avait débuté par la rétine.
L'amaurose accompagne si généralement la période avancée du glaucome, que l'on a présumé qu'il en était toujours ainsi et à toutes les périodes. M. Wardrop, ainsi que nous l'avons déjà vu, va même jusqu'à appeler le glaucome une espèce d'amaurose. L'observation de Shaw démontre l'erreur de cette opinion : son œil gauche était affecté d'un glaucome évident ; néanmoins la rétine avait conservé une sensibilité parfaite.
On doit être prévenu qu'un œil glaucomateux est toujours très susceptible d'éprouver une inflammation qui va jusqu'à la désorganisation, quelque légère que soit l'opération qu'on y pratique. L'inflammation arthritique, accompagnée de douleurs intenses et de longue durée ; l'occlusion de la pupille et l'insensibilité complète de la rétine, sont fréquemment le résultat de l'opération du déplacement exécutée sur un œil glaucomateux ; d'un autre côté l'extraction expose presque tout autant au danger d'une suppuration complète. De là vient qu'il faut donner la préférence au procédé qui consiste à comminuer le centre de la capsule antérieure à l'aide d'une fine aiguille introduite à travers la sclérotique ou la cornée, et à répéter avec précaution, toutes les six semaines, la division du cristallin jusqu'à ce qu'il soit complètement absorbé. Un œil cataracte est ordinairement parfaitement sain, à l'exception du cristallin surtout dans ses couches superficielles devenues opaques; mais, dans chaque tissu d'un œil glaucomateux, il existe une tendance cachée à la maladie contre laquelle on ne saurait trop se tenir en garde.
SECTION II