‹ Traité pratique des maladies des l'oeil :Chapitre 92 sur 147 · OE I L DE CHAT · texte numérisé non relu

OE I L DE CHAT

On ne saurait douter que, sous le nom <ï œil de chat , on n'ait confondu plusieurs états morbides différant entièrement par la nature et par le siège, et ne se ressemblant que par un seul point, l'aspect opalescent de la pupille ou du fond de l'œil, ces parties réfléchissant la lumière en teintes variées, ou tout au moins avec une intensité diverse, suivant la direction dans laquelle l'œil est tourné. Béer (2) comparait cet aspect à celui que donne la réflexion du tapis de l'œil d'un chat.

1 . Ce que Béer appelle œil de chat amaurotique, et qui se déclare

(1) Icônes ophthalmologicœ, p. 22; Lipsiœ, 182-4.

(2) Lehi'e von tien AugenkrankheUen, vol. Il, p. 493; Wicn, 1817.

chez les enfants à la suite de lésions traumatiques de l'œil, n'est autre chose que ce que nous avons déjà décrit (page 267) comme un dépôt non malin occupant la place de l'humeur vitrée. Cet état se rencontre chez l'adulte aussi bien que chez l'enfant, et, vu la cause qui le produit, devrait s'appeler œil de chat traumatique.

Obs. 542. — Chez un homme qui vint me consulter, une plaie de !a cornée produite par un copeau de fer avait déterminé une inflammation considérable des tuniques externes, un grand trouble de la chambre antérieure par suite d'un épancliement de lymphe, et une couleur vert-doré de l'iris. Lorsque la chambre antérieure s'éclaircit. on aperçut sur la capsule de la lymphe qui s'absorba sous l'influence du traitement ordinaire, et le'cristallin se trouva transparent; mais on remarqua derrière lui une opacité d'apparence concave, d'un vert jaunâtre, comme si de la lymphe plastique recouvrait la rétine. L'œil dans cet étal ne pouvait plus que distinguer la lumière de l'obscurité.

2. L'affection des vieillards, que Béer comprend dans la description que nous avons déjà citée, et qui offre un reflet particulier, un aspect argentin ou nacré du fond de l'œil, est différente (1). J'ai vu cette espèce d'œil de chat sur des yeux jouissant encore de la faculté de voir et chez d'autres qui étaient amaurotiques. Le reflet paraissait provenir d'un seul côté de l'œil situé aussi profondément que la rétine. Tous les malades que j'ai vus étaient d'un âge avancé. La cause de ce reflet est inconnue, mais ne peut consister en une simple absence du pigment.

3. Il existe encore un autre état de l'œil dans lequel la lumière diversement réfléchie semble provenir de la face antérieure de la capsule du cristallin, et présente beaucoup de ressemblance avec une opale, pierre que le vulgaire appelle œil de chat. Dans ces sortes de cas, lorsqu'on regarde l'œil directement en face, on n'aperçoit qu'une opacité brunâtre; mais chaque fois que le malade regarde en haut, l'opalescence devient très manifeste et présente un reflet luisant et presque argenté. La nature de cette affection, qui diffère évidemment de celles dont nous avons déjà parlé, n'a jamais été déterminée par la dissection.

Dans un cas où les deux yeux étaient affectés et ne conservaient plus que la faculté de distinguer la lumière de l'obscurité, je m'aventurai, sur la demande du malade, à ouvrir l'une des cornées, et je portai une aiguille à cataracte à travers la pupille. Je ne sentis rien d'analogue à la résistance qu'aurait dû offrir le cristallin ; il se fît un écoulement abondant de fluide aqueux, la cornée se cicatrisa et l'aspect opalescent reparut presque exactement comme avant l'opération.

Dans un autre cas dans lequel cette espèce d'œil de chat était très évidente, le malade lisait très facilement au moyen de lunettes et n'offrait aucun signe d'amaurose.

(1) Cette variété d'œil de chat a été représentée par Von Ammon, dans son Darstellungen ; Theil I, laf. XV, lig. 10,11.

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