‹ Traité pratique des maladies des l'oeil :Chapitre 94 sur 147 · HYPERESTHÉSIE OCULAIRE · texte numérisé non relu

HYPERESTHÉSIE OCULAIRE

sur la côte orientale du Comté de Kent, où elle se logea dans une maison ayant vue immédiatement sur la mer, et fort exposée, par conséquent, aux rayonnements du soleil du matin.

Les rideaux de son lit et de ses fenêtres étaient blancs, de sorte que son appartement était très clair. Après y avoir séjourné dix jours, un soir, au soleil couchant, les premières franges des nuages lui apparurent rouges, et bientôt après cette même couleur se répandit sur tous les objets environnants. Ce phénomène devenait surtout apparent lorsqu'elle regardait quelque chose de blanc, comme une feuille de papier, un jeu de caries, ou une robe de femme. Il dura toule la nuit. Le lendemain matin , la vue était parfaitement rétablie. Mais, à mesure que le soir approchait, les mêmes phénomènes se reproduisirent, et ils continuèrent de revenir régulièrement tous les soirs, la vue redevenant naturelle le malin, tant qu'elle prolongea son séjour dans cet endroit, où elle resta trois semaines à partir du début de l'affection. Six jours après qu'elle eut quitté la côte, le docteur Heberden la vit à Londres encore en proie à cette affection qui persista encore pendant une quinzaine de jours, puis disparut d'elle-même, brusquement et complètement. Pendant l'attaque, la vue de la malade ne paraissait souffrir d'autre affaiblissement que le degré de confusion naturellement produite par celte teinte anormale répandue sur tous les objets (1).

Il y a tout lieu de supposer que l'affection de cette dame a été produite par son exposition à une lumière plus vive que celle à laquelle elle était habituée; et l'on peut se demander si elle n'appartenait pas autant au spectre oculaire qu'aux affections que l'on a classées sous le nom de chrupsie.

Dans les cas de chrupsie supposée, soit dioptrique, soit nerveuse, il convient de se mettre en garde contre l'erreur que peuvent entraîner, dune part, les causes susceptibles de décomposer les rayons lumineux par inflexion, comme par exemple lorsque l'on rapproche les paupières assez près Tune de l'autre ; d'autre part, les causes capables de produire le spectre oculaire.

SECTION VI

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