‹ Traité pratique des maladies des nouveau-nésChapitre 102 sur 472 · DE LA. PSEUDO-MÉNINGITE DES MALADIES AIGUËS · texte numérisé non relu

DE LA. PSEUDO-MÉNINGITE DES MALADIES AIGUËS

appelé près d'un jeune enfant qui a de la fièvre avec de l'agitation et du délire examine le gosier. Il trouvera très-souvent dans cette partie le point de départ de la lièvre, et, s'il connaît le rapport sympathique et réflexe des nerfs de la région et du cerveau, il n'hésitera plus à conclure du fait de l'angine simple à la production des symptômes de pseudo-méningite qui pourraient l'avoir inquiété. C'est, au reste, ce que j'ai déjà dit ailleurs (1), et il suffît d'être prévenu de la difficulté pour ne pas tomber dans l'erreur.

u. Pseudo-méningite prodro inique de la pneumonie. — Il n'y a pas que l'amygdalite aiguë qui puisse sympathiquement produire des accidents cérébraux comparables à la méningite, la variole et la pneumonie chez les enfants ont quelquefois les mêmes conséquences. Cela est plus rare, mais j'en ai vu de nombreux exemples à l'hôpital, et en ville, avec des confrères qui m'avaient appelé en consultation.

Ainsi, un jour je fus mandé par le docteur L... pour un enfant qui avait des vomissements, de la constipation depuis deux jours, de la céphalée très-violente, du délire et de la fièvre avec grande agitation. On avait purgé l'enfant, de sorte qu'il n'y avait plus moyen de savoir quel était l'état sympathique de l'intestin. Bref, le médecin m'appela en disant : Voici une méningite. L'enfant toussait à peine et n'avait pas de dyspnée ; cependant, voulant faire un examen complet, je me mis à ausculter, et je découvris une pneumonie fibrineuse du sommet du poumon droit, qui était la cause des accidents cérébraux simulant une méningite.

Un autre cas est également relatif à un jeune enfant que son médecin avait considéré comme atteint de méningite lorsqu'il n'avait qu'une pneumonie de la base droite compliquée d'accidents cérébraux passagers. Depuis lors j*en ai vu bien d'autres qu'il est inutile de rapporter ici.

c. Pseudo-méningite prodromique de la variole. — Comme la pneumonie, l'invasion de la variole est quelquefois, mais bien plus rarement, précédée de symptômes de pseudo-méningite. J'ai vu, en 1869, un fait de ce genre; il était en rapport avec L'invasion d'une variole. C'était à l'hôpital : le 12 avril, une fille de deux ans, non vaccinée, est prise de fièvre, de céphalalgie, de constipation, de vomissements pendant deux jours, d'inégalités et d'intermittences du pouls. Ce fut une variole, et l'enfant guérit.

Sans insister sur ces faits, je dirai qu'ils ont leurs analogues chez l'adulte; mais là les phénomènes sympathiques du début de la pneumonie et de la variole n'ont rien de semblable à la méningite, et ils ressemblent, au contraire, à la folie. Ils constituent quelquefois une véritable attaque de manie aiguë furieuse, avec cris et violences, surtout si antérieurement ces malades ont abusé des liqueurs alcooliques.

Observation III. — Pseudo-méningite initiale d'une éruption de variole. — liertlie Becq, entrée le 23 mars 1869, âgée de trois ans. — Cette enfant, qui est à l'hôpital depuis quelque temps pour une hémiplégie dont l'observation a été prise à un autre point de vue, fut atteinte d'une affection aiguë intermittente le 9 avril. Après une nuit agitée, elle a vomi, s'est plainte de la tète, et a eu de la fièvre avec grande chaleur à la peau et soif vive.

Le 10, elle vomit encore, avait toujours mal à la tète, avec grande chaleur fébrile, un pouls inégal, intermittent (116), et un peu de constipation.

Au troisième jour, il se montre sur le corps une éruption de papules qui seules indiquent une variole, car l'enfant n'est pas vaccinée.

Le U, même état.

(I) Bouchut, Traité des maladies des nouveau-nés .

BOUCHUT. — NOUV.-NÉS. — 7e ÉDIT. 1 i

210 PATHOLOGIE SPÉCIALE DE LA PREMIÈItE ENFANCE.

Le 12, les vomissements, là céphalalgie, la constipation, l'intermittence du pouls continuent, sans somnolence ni délire, et les pustules, restant discrètes, ont fait quelques progrès. Pouls à 140.

23 avril. Aussitôt l'éruption laite, elle resta stalionnaire et la fièvre tomba, puis les pustules, continuant leur développement, s'entourèrent d'une auréole inflammatoire, suppurèrent lentement, gardant assez longtemps le pus dans leur intérieur, et s'accompagnèrent d'une lièvre secondaire assez vive, puis la dessiccation se fit lentement et était encore en pleine activité le 22 avril.

Rien ne vint entraver la marche naturelle des choses jusqu'au retour complet de la santé, — sauf l'hémiplégie que l'enfant conserva, bien entendu, — après être restée levée pendant quelques jours.

d. Pseudo-méningite scarlatineuse. — Le début de la scarlatine est quelquefois signalé par des accidents graves dans les fonctions du cerveau simulant la méningite et considérée comme telle. Ce n'est cependant qu'une pseudo-méningite. C'était à l'hôpital, en 1869. Une fille de six ans prise de convulsions répétées suivies de fièvre, avec vomissements sans diarrhée, mourut en trois jours. Le premier, elle eut trois ou quatre convulsions fortes et prolongées, puis elle vomissait tout ce qu'elle prenait de boissons; au second jour, elle eut encore une convulsion et quelques vomissements, puis le troisième elle cessa de vomir; une éruption indéterminée commença à se montrer sur le dos, et survint une nouvelle convulsion qui l'emporta. On n'eût jamais su de quoi il s'agissait si la sœur n'eût été au même moment prise de scarlatine. Voici ce qui eut lieu :

La sœur, le lendemain des funérailles, fut prise de vomissements continuels avec délire, forte diarrhée avec fièvre, ce qui fit croire à un choléra; mais, au bout d vingt-quatre heures, je la vis avec mal de gorge et un commencement d'éruption scarlatineuse, dont j'ai pu suivre l'évolution. C'était, comme cbez sa sœur, une scarlatine maligne.

e. Pseudo-méningite prodromique de la rougeole. — Des faits semblables peuvent se montrer au début de la rougeole comme prodromes de cette fièvre éruptive. Dans ce cas, comme dans les autres, les troubles cérébraux simulent l'invasion de la méningite et se dissipent au bout de quelques jours, au moment de l'éruption. En voici la preuve :

Observation IV. — Pseudo-niéninf/ite morb Meuse. — Jeanne Richard, âgée de trois ans, entrée le li juin 1869. Cette enfant, habituellement bien portante, nous est présentée par sa mère qui, ayant perdu Tan dernier une autre fille de méningite, nous dit que celle-ci a les mêmes symptômes que l'aînée. En effet, elle est triste, somnolente, se plaint de la tète continuellement, vomit depuis dix jours très-fréquemment, ne va pas à la garde-robe, et elle a le pouls ralenti, irrégulier, intermittent. Pendant ces dix jours, la mère l'a présentée deux fois à la consultation de l'hôpital, et c'est à la deuxième fois qu'elle me pria de la recevoir dans mon service.

Je le fis volontiers, et je l'observai encore pendant deux jours avec les mêmes symptômes, avec des phénomènes congestifs partiels dans ces deux papilles, dont une moitié était hyperhémiée lorsque, enfin, quarante-huit heures après son arrivée, je crus voir quelques papules de rougeole sur le visage, du larmoiement et du coryza. C'était un commencement de rougeole.

L'éruption sortit les jours suivants, se dissipa en quelques jours sans complication, et l'enfant ne tarda pas à guérir. Son pouls resta irrégulier, l'appétit se réveilla, et elle sortit le 1er juillet.

§ III. — De la pseudo-méningite anémique et chlorotique.

L'anémie et la chlorose sont, comme on le sait, des dispositions dans lesquelles il y a de fréquents troubles de la circulation locale amenant des névralgies, des

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