DE LA PSEUDO-MÉNINGITE PRIMITIVE. 'JI
ladie. Ce sont ces cas qui méritent le nom de pseudo-méningite primitive, en attendant qu'on puisse les classer d'une façon un peu plus nette.
Une autre considération qui doit les faire considérer comme je L'indique, c'est l'examen ophthalmoscopique. En effet, cet instrument permet de voir, dans l'hyperhémie du fond de l'œil, la preuve d'une hyperhémie semblable des membranes du cerveau.
Si Ton joint à cela, dans quelques cas, l'apparition ultérieure d'une vraie méningite, on n'aura plus de doute sur la justesse du diagnostic.
Quelle que soit donc la cause du phénomène, en dehors des troubles sympathiques de la circulation cérébrale, dus à des vers, à la dentition ou à l'invasion d'une maladie aiguë, il y a, chez les enfants, une congestion primitive simple des méninges qui simule la méningite et n'en est souvent que le premier degré. C'est la pseudoméningite simple ou primitive.
Elle se termine habituellement, en quelques jours, par le retour à la santé, et ne se reproduit jamais. Ailleurs o*n la voit reparaître sous la même forme ou à l'état de méningite granuleuse mortelle. C'est que, dans ce cas, la congestion méningée a fait naître des granulations tuberculeuses qui deviennent le point de départ d'accidents aigus nouveaux.
Qui pourrait dire que ces congestions n'ont pas d'action sur la formation ultérieure des granulations tuberculeuses? Ce serait bien imprudent. En effet, tout état congestit' d'un organe y laisse, chez les sujets prédisposés, une manière d'être ou fluxion qui favorise la production d'amas de jeunes cellules, cytoblastions, cellules embryonnaires, noyaux fibro-plastiques qui forment ces granulations qu'on appelle tuberculeuses. C'est là un l'ait d'histologie générale admis par tout le monde. Il est donc probable que les choses se passent dans les méninges comme dans les autres tissus, et c'est ce qui explique pourquoi, après la disparition d'une pseudo-méningite, il reste un état fluxionnaire qui produira plus tard la méningite tuberculeuse. De même que la bronchite, la pneumonie, l'entérite, l'adénite laissent après elles une hyperhémie chronique qui engendre soit la formation de tubercules, soit la régression des produits accumulés, de même aussi la pseudo-méningite ou, si Ton préfère, la congestion méningée simple, peut laisser les éléments fluxionnaires d'où sortiront des granulations méningées, et plus tard une véritable méningite tuberculeuse. C'est la même question que j'ai agitée plus haut à l'occasion de la pseudoméningite vermineuse en rapportant une observation qui semble établir qu'une congestion sympathique des méninges peut, en se prolongeant, amener une véritable inflammation de ces membranes. La seule différence, c'est qu'il s'agit ici d'un état chronique.
Ainsi, il y a une pseudo-méningite simple a coté des pseudo-méningites réflexes ou sympathiques, el les unes comme les autres peuvenl guérir rapidement ou laisser après elles des traces de leur passage de manière a engendrer des granulations tuberculeuses qui sont, plus tard, l'origine de l'apparition d'une M-aie méningite.
Diagnostic différentiel des pseudo-méningites. — Le diagnostic différentiel des
pseudo-méningites doit être l'ait a\ee la méningite elle-même et ensuite entre les différentes espèces de pseudo-méningites qu'on peut observer.
Il n'y a de différence entre la Maie el la fausse méningite qu'une question de degré. Les symptômes du début produits par la congestion des méninges sont, a peu de chose près, les mêmes, et c'est leur persistance, leur prolongation et leur aggravation jusqu'à production de somnolence, de cris aigus, de strabisme, de paralysie, de convulsions, .etc., qui permettent de s(< prononcer sur la nature de la lésion des méninges. Cela se comprend, puisque la congestion méningée est le point de
départ dos accidents qui s'observent dans l'un et dans l'autre cas. Seulement, dans la fausse méningite, la congestion s'arrête ou cesse de troubler les fonctions de l'encéphale, tandis que, dans la méningite vraie, à la congestion succède l'épanchement ventriculaire et la suppuration des membranes, avec ramollissement cérébral superficiel.
L'ophthalmoscope lui-même, comme on l'a vu, ne permet pas toujours de trancher la question, car il indique par l'hyperhémie papillaire la congestion des méninges dans la pseudo-méningite comme dans la vraie méningite ; seulement, dans cette dernière, l'ophthalmoscope indique un degré de plus, la gêne circulatoire du cerveau par l'œdème papillaire, les stases et thromboses phlébo-rétiniennes, et les liémorrhagies de la rétine ou les tubercules de la choroïde, les caillots des sinus, l'épanchement ventriculaire et les tubercules des méninges.
La marche des accidents est donc le seul moyen de distinguer la vraie de la fausse méningite.
En ce qui concerne le diagnostic des différentes pseudo-méningites entre elles, soit qu'elles aient une origine vermineuse, tonsillaire, pneumonique, scarlatineuse, variolique, chlorotique, etc., ou qu'elles soient idiopathiques, il n'y a que l'étude mêm des commémoratifs et des symptômes actuels qui puisse les faire reconnaître.
Chez les sujets qui ont des entozoaires de l'intestin, ou qui en ont rendu avec les déjections, chez lesquels l'examen microscopique des excréments révèle la présence des œufs de taenia, d'ascarides, tricocéphales, on doit reconnaître la pseudoméningite vermineuse.
S'il s'agit d'accidents cérébraux avec forte chaleur de la peau, -f- 39° ou-f-40°, on peut craindre une pseudo'-méningite d'origine tonsillaire, de pneumonie ou d'une autre maladie aiguë ; car, au début de la vraie méningite, la température s'élève rarement au delà de -f- 38°.
Il suffit alors d'examiner le pharynx et les amygdales, ou d'ausculter avec soin pour savoir à quoi s'en tenir. Le médecin ne tarde pas à découvrir la cause des accidents dans une angine, dans une pneumonie à forme cérébrale, comme disent Rilliet et Barthez, ou enfin une fièvre éruptive de la nature de celles dont j'ai parlé.
Si le sujet est anémique, chlorotique et atteint de gastralgie ou de névralgies intercostales et temporales, il y a lieu de croire à l'existence d'une pseudo-méningite par trouble de la circulation locale due à l'action de la chlorose sur le grand sympathique de la tête.
Enfin, si l'on ne trouve aucune des causes habituelles qui par action réflexe sont de nature à produire les accidents cérébraux dont je parle, il est probable que la maladie est primitive et qu'elle n'est qu'une pseudo-méningite simple.
Traitement. Reste maintenant la question du traitement de la pseudo-méningite.
Celle qui précède les maladies aiguës, dont elle est quelquefois le prodrome et qui ne dure qu'un à deux jours, n'a besoin d'autre traitement que l'emploi des révulsifs sur les membres inférieurs et des applications froides sur la tête. Des sangsues à l'anus peuvent être utiles, mais il faut que les accidents cérébraux soient très-prononcés.
La pseudo-méningite vermineuse exige comme traitement palliatif les révulsifs sur les membres inférieurs, les réfrigérants sur la tête, et comme indication spéciale plusieurs purgations au calomel associé avec la santonine :
Calornel 25 centigrammes à 1 gramme.
Santonine 25 à 50 centigrammes.
Mêlez. A prendre à jeun dans du miel ou dans un peu de confitures.