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CHAPITRE XLII

HYDATIItES ET CTSTICERQUES DU CERVEAU

La production de cysticerques dans le cerveau est un phénomène très-rare, et, bien que les faits observés par moi ne soient pas relatifs à des nouveau-nés ni à des enfants à la mamelle, je les rapporte ici pour servir de point de départ aux recherches ultérieures. Ce qu'il faut dire, c'est que chez l'enfant, pas plus que dans l'âge adulte, les cysticerques du cerveau ne donnent lieu à aucun symptôme spécial qui soit de nature à les faire sûrement reconnaître.

Les entozoaires du cerveau sont encore moins communs chez l'enfant que chez l'adulte, et ils donnent lieu à des phénomènes insidieux et bizarres qui rendent leur évolution curieuse a étudier. Ils ont été longtemps décrits sous le nom à'acéphalocystes, sans détermination de l'espèce d'helminthe renfermée dans la vésicule d'enveloppe. Or, il peut s'y trouver des échinocoque$(%); Zederen a trouvé douze

I Voyez MÉNINGITE.

•J Hydatide du lobe gain lie ilu cerveau; convulsions, coma, mort; par M. le docteur Parrot. — Une entant de sept ans, <|ni n'avait donné pendant six semaines aucun Bigne de maladie, était plongée dans un coma ressemblant a celui qu'on observe après lés acres d'épi lepsie. On put, en effet, constater pendant ta journée des attaques • subintran tes de ce mal. Deux fois seulement, l'enfant sortit du coma. Elle se plaignit d'une violente céphalalgie, et qu'une l'ois déjà, eu sa vie, elle avait eu des accidents semblables. Elle mourut dans la nuit. J'annonçai qu'il ('-tait possible que Tau topsie révélât l'existence d'une tumeur cérébrale. A l'ouverture du crâne, qui portait à sa surface interne des dépressions, nous trouvâmes le- circonvolutions aplaties au niveau «le la partie postérieure du lobe gauche. Le cerveau se rompit quand on eut enlevé la voûte crânienne, et nous reçûmes dans la main un." poche hydetiquedu volume du poiri^, parfaitement transparente, gélaliniforme, donnant à la percussion le frémissement caractéristique, développée au centre du l«>l ►»* occipital. Ce qu'il y a de remarquable dans cette observation, c'est l'intégrité de la santé, eu regard de l'ancienneté probable de la tumeur et des désordres anatomiques. (Société médicale des hôpitaux.)

dans le troisième ventricule du cerveau d'une petite fille ; « quelques-uns avaient le volume d'un œuf de poule (1) ». On y a observé des polycéphales ; mais ceux qu'on y observe le plus ordinairement sont les différentes variétés de cysticerque, et principalement celle ou est connue sous le nom de cysticercus cellulosœ. Il règne une grande confusion à cet égard, et sous le double rapport anatomique et clinique, l'étude de ces entozoaires peut être recommencée avec avantage.

Ainsi dans les observations de Lancisi (2), d'Abercrombie (3), d'Esquirol (4), de Rostan (5), de Martinet (6), de Constant (7), d' Andral (8), etc., la nature des entozoaires trouvés dans le cerveau n'a pas été spécifiée. D'une autre part, Fischer (de Leipzig) (9) en a trouvé deux dans le plexus choroïde, que Laennec, en raison de leur nature particulière , a nommés cysticercus fischerianus ; et Treutler, d'après quelques points blancs observés sur la vessie caudale d'un cysticerque logé dans le plexus choroïde d'une femme, en a fait une nouvelle espèce sous le nom de cysticerque pointillé. Ce petit nombre d'exemples suffit pour démontrer toute l'importance de nouvelles recherches sur ce point d'anatomie.

On sait déjà par les observations de Fischer, de Brera (10), d'Himly, de Zeder, et surtout par celles d'Esquirol, de Calmeil , Andral et Rostan , qu'il est presque impossible d'établir pendant la vie le diagnostic des cysticerques du cerveau , tant leur présence détermine peu de symptômes caractéristiques. Ce diagnostic n'est possible qu'en médecine vétérinaire, et particulièrement chez les moutons , qui, sous l'influence des cysticerques cérébraux , tournent sur eux-mêmes de manière à mériter le nom de tournis.

Chez l'homme, les symptômes offerts par les malades dans le cerveau desquels existe un ou plusieurs cysticerques sont tellement variables et si peu en rapport avec les effets secondaires, matériels, développés dans l'encéphale, tels que la compression, l'œdème, le ramollissement , la phlegmasie , l'induration , etc. , qu'il est impossible de faire un diagnostic exact, et que la nécropsie seule peut révéler la nature du mal.

Observation 1. — Fièvre typhoïde. Cysticerque du cerveau. Méningite suppurée sans symptômes. — Joséphine Plet, âgée de six ans, entrée le 21 mars 1855 au n° 24 de la salle Sainte-Marguerite, dans mon service de l'hôpital Sainte-Eugénie, a été vaccinée. Elle est née d'un père scrofuleux amputé à sept ans d'une tumeur blanche du genou, et ayant une seconde tumeur blanche au coude avec fistule depuis cinq ans. Sa mère est bien portante. Elle a six frères et sœurs, tous affectés de gourmes et de glandes. Cette enfant a elle-même eu des glandes et des gourmes sur le cou. Elle n'est sujette ni à s'enrhumer ni à la diarrhée. Elle a eu la rougeole il y a deux ans, et elle est malade depuis huit jours. Prise de céphalalgie, de courbature, d'inappétence et de vomissements pendant deux jours, elle a eu ensuite la diarrhée pendant plusieurs jours, après lesquels elle est venue à l'hôpital.

État actuel. — Enfant brune assez bien développée ; face rouge, altérée ; les yeux enfoncés; lèvres brunes, un peu sèches; langue blanche, chargée d'un enduit blanchâtre ; peu de soif, pas d'appétit ; ventre un peu tendu, généralement douloureux ;

(1) Reynaud, Dictionnaire de médecine. Paris, 1837, t. XV, p. 139, art. Hydatides.

(2) Lancisi, De subitaneis mortibus libri duo. Romœ, 1707.

(3) Abercrombie, Mal. de l'encéphale, trad. franc, par Gendrin. Paris, 1835, p. 175.

(4) Esquirol, Bulletins de la Faculté de médecine, p. 426.

(5) Rostan, Recherches sur une maladie encore peu connue qui a reçu le nom de ramollissement du cerveau. Paris, 1823, p. 413.

(6) Martinet, Revue méd., 1823.

(7) Constant, Gaz. méd., 1836.

(8) Andral, Précis d'anatomie pathologique. Paris, 1829, p. 850.

(9) Fischer, Tœniœ hydatigenœ in plexu chorideo inventée historia. Leipzig, 1789.

(10) Rrera, Traité des maladies vermineuses. Paris, 180i.

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pas de gargouillement. Elle a eu depuis son entrée plusieurs garderobes jaunes tout à fait liquides. La peau est modérément chaude et le pouls à 108. In peu de râle sibilant et sous-crépitant dans la poitrine. — Limonade ; vomitif avec sirop d'ipécacuanha 30 grammes, poudre d'ipécacuanha 50 centigrammes; cataplasme sur le ventre.

Le 22 mars, plusieurs vomissements bilieux et deux garderobes jaunâtres ; délire toute la nuit. Ce matin, le visage est aussi altéré qu'hier ; le pouls à 120. Le ventre est souple, un peu douloureux partout, sans gargouillement intérieur. — Limonade , cataplasmes sur le ventre.

Le 23, enjore un peu de délire la nuit; trois garderobes liquides ; ventre un peu tendu, ballonné, sans gargouillement; langue blanche et sèche fendillée, couverte de papilles rouges ; pouls à 121. — Cataplasmes; citrate de magnésie, 15 grammes.

Le 24, un peu de délire nocturne; le ventre est souple et parait douloureux, sans gargouillement; un vomissement et deux garderobes liquides. La langue est toujours blanche, fendillée, poisseuse; toux assez fréquente; râle sibilant dans la poitrine; un peu d'assoupissement; altération du visage; le pouls petit, 120. — Cataplasmes ; limonade, bain.

Le 25, le délire a diminué, l'enfant est assoupie.

Le 26, le délire a disparu, et l'enfant est calme ; fièvre moindre ; le visage est bien meilleur.

Le 27, pas de délire ; agitation la nuit; trois garderobes liquides; ventre souple, peu douloureux, sans taches lenticulaires; un peu de gargouillement dans la fosse iliaque droite; langue blanche très-ehargée, humide; pas de toux. Rien dans la poitrine. Pouls, 116. — Citrate de magnésie, 20 grammes.

Le 29, l'enfant est très-agitée; elle a eu un peu de délire ; pouls, 120. Toujours un peu de diarrhée; le ventre est aplati, souple, mais douloureux ; pas de taches à la surface. — Limonade sucrée ; bain.

Le 30, deux garderobes et deux vomissements la nuit; le ventre est souple et indolent ; pas de gargouillement ; un peu d'agitation ; pas de délire; la langue est chargée; soif fréquente ; pouls, 108. — Limonade.

Le 31, une garderobe ; deux vomissements de matières vertes porracées ; le ventre est souple et indolent ; le visage est rouge livide; les yeux enfoncés ; les mains sont rouges, un peu froides ; le pouls petit, presque insaisissable, 88 ; la langue blanche très-chargée. — Bain; bouillon coupé.

Le 1 r avril, un vomissement de matières vertes. — Décoction blanche de Sydenhani.

Le 2, un peu de diarrhée; un seul vomissement pendant la nuit ; la face est violacée, ainsi que les extrémités, qui sont froides; le pouls petit, insaisissable, 100. — Bain.

Le 3, un vomissement, deux garderobes peu abondantes, liquides; le visage aussi altéré, livide et froid ; les mains sont livides, et le pouls presque insensible. — Glace.

Le 5, deux vomissements; plusieurs garderobes; la langue se nettoie; pouls, 88. — Glace; angélique vineuse ; bouillon.

Le 6, l'enfant n'a pas vomi, mais elle va très-souvent à la garderobe et rend des matières verdàtres; la langue est blanc jaunâtre, et la soif très-fréquente ; le ventre est aplati, peu douloureux ; il offre à sa surface deux petits abcès superficiels, développés au-dessous de pustules d'acné; le \i>a::v est toujours aussi altéré, mais il est moins froid; pouls petit, 108. — Glace, bain.

Le 8, les abcès se sont ouverts spontanément; la diarrhée persiste, et reniant a vomi une matière compacte, solide; moulée eu cylindre, blanc jaunâtre, du volume du pouce, terminée en pointe à ses deux extrémités. Elle semble composée d'un amas de lait caillé. Le visage et les mains sont froids, cyanoses; les yeux profondémenl excavés, cholériques; plaintes continuelles; tremblement des membres; reniant demande à boire, joue avec les objets qu'on lui offre; elle reste continuellement assise sur son lit; pouls très-petit, très fréquent, filiforme. Elle reste en cet état tout le jour, et meurt à sept heures du soir.

Autopsie (rode-huit heures après la mort. — L'intestin grêle m' présente aucune altération à la partie supérieure : dans sa moitié inférieure, on voit quelques traces

d'injection sous forme de lignes transversales, siégeant surtout dans le sillon des valvules conniventes; à mesure que celles-ci diminuent, l'injection est plus irrégulière. Elle forme de petites plaques arborisées, d'un rouge brun, augmentant en nombre et en étendue vers le caecum.

Les plaques de Peyer les plus inférieures participent à cette coloration ; mais celles-là ne sont pas ulcérées ; c'est un peu plus haut, à 20 ou 30 centimètres de la valvule iléo-cœcale, que Ton rencontre trois ulcérations sur des plaques hypertrophiées et ramollies. Enfin, à la partie inférieure de l'intestin grêle, les follicules muqueux sont saillants et tuméfiés. Ils offrent un petit point noirâtre à leur orifice central.

Les follicules isolés ont le même aspect dans le gros intestin, et ces petits points noirs y sont extrêmement nombreux. Le crecum est fortement coloré (rouge livide), sa muqueuse est ramollie.

Le côlon offre bien quelques stries rougeàtres çà et là, mais il n'y a réellement à noter que le nombre de ses follicules hypertrophiés. Rien aux reins ; la vessie est très-distendue par une grande quantité d'urine. Le foie, la rate et le cœur sont dans l'état normal.

Le poumon droit présente à son sommet en arrière une masse de coloration foncée livide ; toute cette partie est saillante à l'œil et dure au toucher. L'incision révèle une véritable hépatisation : la coupe est uniforme, sans qu'on puisse distinguer la séparation des lobules enflammés : il existe une ligne de démarcation très-tranchée entre la masse enflammée et la partie saine. Enfin, un peu plus profondément, il y a un peu de suppuration, et quelques petits lobules sont déjà suppures. Toute cette partie malade va au fond de l'eau; le reste surnage. Le poumon gauche offre des altérations analogues dans son bord inférieur; seulement, au lieu de n'offrir qu'une seule masse enflammée du volume d'une grosse noix, il présente plusieurs petits noyaux, gros comme une petite noisette, également saillants à l'extérieur, même coloration, même consistance, et contenant aussi de petits lobules au troisième degré et sous l'apparence de pneumonie lobulaire.

Les méninges sont injectées dans presque toute leur étendue; à la convexité du cerveau, elles sont fortement infiltrées d'un liquide blanchâtre gélatiniforme ; à la base, la coloration de cette infiltration se rapproche davantage de celle du pus; et au niveau de l'espace sous-arachnoïdien antérieur, on peut faire refluer avec la lame du scalpel un liquide crémeux blanchâtre, purulent, entre l'arachnoïde et la piemère.

\ la convexité du cerveau, à 2 ou 3 centimètres de la grande scissure, vers la moitié anléro-postérieure du lobe gauche dans le sillon des deux circonvolutions latérales, l'arachnoïde est soulevée par une petite vésicule transparente d'un centimètre d'épaisseur, dans laquelle nage un petit flocon blanchâtre; cette petite vésicule est détachée avec soin : elle est parfaitement close, c'est-à-dire que sa cavité ne communique point avec la grande cavité arachnoïdienne ni avec le liquide céphalo-rachidien. L'examen microscopique de cette petite poche et du corps opaque qu'elle contient révèle l'existence d'un cysticerque replié dans son enveloppe.

A côté du cysticerque, il y en a un second dont la poche est aplatie et qui parait en voie de décomposition.

Tous deux appartiennent à l'espèce Cysticercus cellulosœ de Rudolphi. La pulpe cérébrale n'est nullement altérée; sa consistance et sa coloration sont normales.

Les muscles ne renferment rien de particulier.

Chez cette enfant Agée de six ans, les symptômes ont été au début ceux de la fièvre typhoïde, tels qu'on les observe généralement à cet âge : céphalalgie, courbature, inappétence, vomissements et forte diarrhée, avec gargouillement dans la fosse iliaque droite ; tension et douleur du ventre, sécherevsse et fuliginosité des lèvres, râle sibilant et sous-crépitant dans la poitrine, fièvre vive et un peu de délire pendant la nuit. Ces symptômes ont duré quinze jours , et l'état général semblait s'améliorer, lorsque des vomissements persistants de matières vertes, porracées, vinrent

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aggraver la situation. Il \ a tant d'exemples de vomissements incoercibles à la fin des fièvres typhoïdes et dans leur convalescence , que le fait semblait se rapporter aux exceptions malheureuses déjà connues. Pendant huit jours encore ces phénomènes se sont manifestés, de sorte qu'à partir du début jusqu'au jour de la mort, il s'est écoulé un mois, durant lequel se sont succédé les principaux phénomènes qui viennent d'être indiqués. Pendant tout ce temps le pouls a varié de 120, lors du début, à 108 et à 100 pulsations régulières, variables seulement pour la force et la résistance sous le doigt. Il devint presque insensible pendant les derniers jours de la vie. Le délire nocturne des premiers jours disparut à mesure que la maladie s'avançait vers son terme fatal, et à la dernière heure, nul trouble intellectuel, sensitif et musculaire, ne dut faire pressentir une altération quelconque du cerveau. En effet, l'enfant, assise sur son lit, causait avec ceux qui la venaient voir , tendait les mains pour être levée. Elle se remuait en tous sens et elle mourut sans présenter de délire, de paralysie, ni de mouvements convulsifs.

La persistance des vomissements, depuis le début jusqu'à la fin des accidents, est le seul phénomène cérébral qui ait une valeur rétrospective séméiotique , et c'esl le seul qu'après nécropsie on puisse faire concorder avec la lésion trouvée dans le cerveau. Le délire continu , la paralysie musculaire , l'affaiblissement et l'abolition de l'exercice des sens, les convulsions internes, ou externes, toniques ou cloniques, qui auraient dû se montrer, n'ont pas existé un seul moment, même aux approches de la mort.

Vis-à-vis d'une pareille malade et en présence de symptômes de ce genre, j'ai cru à une fièvre typhoïde abdominable : la nécropsie m'a donné raison sous un certain rapport, puisque avec les traces d'une phlegmasie non douteuse de la muqueuse iléo-caecale, des follicules et des plaques hypertrophiées, d'autres ramollies et ulcérées, justifièrent l'exactitude du diagnostic , et cependant ces lésions étaient si peu développées, que, pièces en main et par elles, on ne se rendait que difficilement compte de la mort.

La nécropsie m'a permis de vérifier l'existence d'une pneumonie lobulaire discrète au second et au troisième degré, dont les râles sibilant et sous-crépitanl avaient bien fait soupçonner l'existence.

Enfin, ce que les symptômes n'ont pu faire pressentir et ce dont la nécropsie est venue établir l'existence, ce sont : les cystieerques des circonvolutions cérébrales, et la méningite avec suppuration de la périphérie du cerveau. Quel s cystieerques du cerveau ne produisent chez l'homme aucune réaction morbide spéciale caractéristique, c'est un fait difficile à comprendre et que les observations antérieures de Bréra, Jecler, Andral, Calmeil, llostan, ont bien établi ; mais qu'une méningite puisse arriver à suppuration sans donner lieu à aucun phénomène particulier, c'esl un fait plus rare, et c'est un mécompte dont l'anatomie pathologique, comme doctrine, devient justiciable.

t ne exception de ce genre est une chose très-grave, qui pèse beaucoup dans la

balance de l'interprétation que l'on doit faire du rapport des lésions aux symptô s.

Toutes les tumeurs du cerveau, quelle que soil leur nature, sont comme les c\sticerques et n'ont pas de symptômes caractéristiques. Il n'y a , en présomption de leur existence, que des probabilités plus ou moins grandes. La méningite et l'hémorrhagie du cerveau sont les seules affections de ci- fîscère dont le diagnostic échappe à l'incertitude du diagnostic des maladies précédentes. Cependant il faut maintenant faire une réserve pour la méningite qui peut existera l'étal latent, et c'est la première l'ois que j'ai observé du pus dans les méninges, sans que, pendant la vie, les troubles de l'intelligence, des ^ens et de la inutilité, aient averti

le médecin des désordres matériels eu train de s'accomplir dans l'organe de la pensée.

L'autre enfant sur laquelle j'ai rencontré des cysticerques dans le cerveau est également une fille. Chez elle, les symptômes observés pendant la vie, pour être différents, n'en ont pas été moins intéressants a étudier.

Elle est entrée à l'hôpital pour une hérniehorée à droite , accompagnée d'une hémi-analgésie à gauche. Au bout de quelques jours, elle a été prise dans la salle d'une scarlatine avec angine, et suivie d'albuminurie. Elle paraissait en voie de guérison, lorsque, subitement et en quelques minutes , sans œdème ni anasarque, un accès de suffocation a occasionné la mort , et j'ai trouvé a la partie postérieure de l'hémisphère droit un petit kyste avec deux cysticerques.

Ils étaient placés dans la substance corticale, et n'étaient pas apparents à l'extérieur. Ils étaient au nombre de deux dans un kyste, ce qui n'est pas ordinaire, car chaque parasite a presque toujours son kyste particulier. L'on d'eux, très-àgé, était en voie de décomposition et réduit à l'état de putrilage dans une enveloppe altérée. L'autre était blanc, résistant, intact ; sa tète était rentrée dans le corps, et

FlG. 31. — Disposition et mode d'invagination d'un cysticerque (G. ladriquei, d'après les dessins

de M. Ch. Robin » .

après l'avoir fait sortir, j'ai pu, avec Da vaine , l'examiner à loisir sous le foyer du microscope (1).

D'après Davaine (2), le cysticerque (fig. 31) est un cestoïde solitaire, muni d'une vésicule caudale plus ou moins volumineuse, d'une tête pourvue d'une double

1 Voyez Bouchut, Maladies des Nouveau-nés, 5e édition.

• Davaine. Traité des entozoaires et des maladies vermineuses. -2' édition. Paris, 1877.

• 1, kyste adventif (grandeur naturelle!, nu lambeau enlevé laisse roir le cysticerque (pertuis de la vésicule

on peu trop marqué); 2, corps du cysticerque (grossi) sorti de sa vésicule par pression : le pertuis a été un peu déchire par le passage du corps; dans cette situation la vésicule constitue un appendice caudal; ce qui, selon M. Ch. Robin, n'est pas un état naturel; 3. cysticerque invaginé dans sa vésicule. Celle-ci n'est représentée que par un segment correspondant au pertuis : du pourtour du pertuis, naît une vésicule, qui est contenue dans la précédente; du fond de la seconde vésicule, à l'opposé du pertuis, naît le corps du cysticerque. Deux segments ont été enlevés du corps pour montrer l'invagination de la tète, du col et du corps en lui-même; i. vé>icule extérieure ouverte pour montrer la vésicule intérieure pisifonne renfermant le corps du cysticerque; 5, même disposition : par une incision pratiquée- a la vésicule intérieure le corps du cysticerque a été renverse en dehors, la tète est invaginée; 6, figure grossie: même disposition que la précédente, avec cette différence que la tète n'est pas invaginée dans le corps. (Davaine. |

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couronne de crochets eJ de quatre ventouses, d'un col, d'un corps plus ou moins développé, subcylindrique ou aplati, ridé transversalement.

Le corps du cysticerque offre des rides profondes, mais non des segments nettement séparés connue ceux du ténia ; il renferme un grand nombre de corpuscules calcaires ; la vésicule caudale n'en renferme généralement pas ; celle-ci est douée d'une contractilité très-évidente, qu'elle perd probablement en vieillissant. Chez la plupart des cysticerques la tête et le corps rentrent par invagination dans la vésicule, qui est alors généralement dépourvue de tout appendice extérieur, et qui offre en un point de sa surface un pertuis peu apparent.

L'âge fait subir au cysticerque des modifications profondes : un pigment noir envahit les ventouses, et surtout le rostre qui acquiert de la consistance ; les cro-

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