NÉVROSES CONGESTIVES DE [/ENCÉPHALE. 2G
mouvements du membre paralysé. J'ai vu ce phénomène chez des animaux auxquels je n'avais fait qu'une légère embolie cérébrale par une seule graine de tabac avant pénétré dans le cerveau. Je l'ai également observé chez l'homme lorsque après une embolie assez forte ayant produit une hémiplégie absolue de plusieurs mois, la réparation du foyer ramolli a pu se faire, et alors des malades ont pu sortir et faire de longues promenades en traînant la jambe et en soutenant leur bras.
L'embolie cérébrale peut donc guérir, soit parce que l'embolus très-petit se désagrège, se rapetisse et laisse le sang courir dans le vaisseau rétréci, soit parce que la circulation collatérale peut se rétablir et amener un certain degré de réparation du tissu nerveux, (le dernier cas est le plus commun et le plus compréhensible.
Si l'embolie cérébrale peut guérir, est-ce à la nature ou à la thérapeutique qu'il faut en attribuer le mérite et l'honneur? Evidemment il n'y a ici qu'un succès de nature à joindre à ceux que l'on connaît, et il n'y a qu'un traitement palliatif à faire. En supposant que le ramollissement nécrosique du cerveau produit par l'embolie ne soit pas assez considérable pour occasionner la mort, la réparation des désordres matériels et le rétablissement des fonctions supprimées dépendent du retour de la circulation collatérale. Ce sont choses qui sont l'œuvre de la nature plutôt qu'un résultat de la science. Le médecin peut favoriser ce travail par l'emploi de moyens hygiéniques généraux, mais en fait de médicaments vraiment utiles, je n'en connais guère. Legroux, Bail, Schutzenberger, ont conseillé l'usage des boissons alcalines pour dissoudre les caillots, mais c'est là une vue théorique plutôt que pratique, et dont l'utilité reste à établir.
Que peuvent ces remèdes contre des lésions semblables à celles dont je viens de parler? Évidemment rien. Quant à présent, la science ne peut que certifier l'existence des embolies et donner le moyen de les reconnaître. C'est déjà beaucoup, car c'est un progrès sur la médecine des temps passés, encore bien peu éloignés de nous.
Les embolies artérielles peuvent se produire chez les enfants comme chez l'adulte ;
Que ces embolies peuvent occuper des artères volumineuses ou capillaires;
Qu'elles peuvent occuper les artères et artérioles des membres, des reins, de la rate, de L'intestin, du poumon, du cerveau et de ses membranes.
Qu'elles forment des obstructions vasculaires en entraînant autour d'elles des infarctus ou des ramollissements;
Que, dans le cerveau, l'embolie donne lieu à un ramollissement plus ou moins étendu, analogue à la gangrène, et que, si la mortification du tissu n'a pas d'odeur, c'est que le cerveau est à l'abri de l'air sous la calotte du crâne;
Que l'embolie cérébrale donne lieu à une douleur vive dans le côté correspondant de la tète, avec hémiplégie dans le côté opposé ;
Enfin, que la cérébroscopie permet de distinguer ce ramollissement d'une hémorrhagie cérébrale, parce que, dans le premier cas, il n'\ a qu'oedème papillaire, tandis que, dans le second, il y a forte h\perhémie de la papille et de la choroïde avec phlébectasie rétinienne.