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CHAPITRE XLIX

La paralysie agitante est très-rare chez les enfants et à ce titre l'observation publiée par Huchard est très- intéressante.

La paralysie agitante est le résultat crime sclérose de la moelle.

Elle < st caractérisée par le tremblement permanent des membres on de la tète, tremblement qui n'est pas celui de la sclérose en plaques puisque la il n'existe que dans les mouvements intentionnels, lorsque le sujet veut mouvoir ses membres.

Elle s'observe chez l'adulte et chez le vieillard, mais il y en a peu d'exemples dans le premier âge. — Les plus jeunes des cas observés sont celui de Ch.Fernet(l), relatif à un sujet de seize ans et celui du Journal de médecine pratique, 1872, relatif à une fille de quatorze ans.

La maladie résulte soit d'une frayeur, soit d'un refroidissement prolongé, soit d'une action réflexe due a de l'irritation des nerfs périphériques telles que contusion, blessure, etc. (Saunders).

Dans le cas que je rapporte la cause est inconnue.

Observation. Paralysie agitante datant de Vàfje de trois ans. — Au n° 30 de la salle Sainte-Claire, à l'hôpital Beaujon, dans le même service, se trouve une jeune fille âgée de dix-huit ans. Elle est entrée à l'hôpital pour un tremblement dont elle est affectée depuis la première enfance, depuis Vàge de trois ans, et qui est survenu sans cause connue. Personne, dans sa famille, n'est atteint de tremblement. Elle-même n'a jamais été malade ; réglée pour la première fois à quinze ans, la fonction cataméniale s'est toujours accomplie avec régularité et sans accident. Le tremblement est limité au bras gauche, qui est agité de secousses rapides, petites, régulières, portant la main dans un mouvement alternatif et incessant de droite à gauche et de gauche à droite. Lorsqu'on place sa main dans celle de la malade, on sent parfaitement une série d'oscillations successives et fréquentes. Ce tremblement existe à l'état de repos, augmentant sous l'influence de la moindre émotion, et disparaissant complètement pendant le sommeil. Dans le décubitus dorsal, les membres inférieurs sont immobiles ; lorsqu'ils sont soulevés, ils présentent des deux côtés, mais surtout à gauche, des oscillations très-légères, à peine perceptibles. Le tremblement de la jambe gauche était beaucoup plus accusé, lorsque la malade est entrée à l'hôpital le T septembre 1871, et assure même que, sous son influence, elle ne marchait qu'en sautillant et avec une certaine difficulté. La main droite, présente aussi un léger tremblement qui aurait été beaucoup plus accentué il y a quelques années. La tète, le cou sont immobiles et ne sont affectés en aucune façon d'un tremblement, même le plus léger; il n'y a pas de nystagmus; le regard est fixe, et les traits présentent parfaitement cette immobilité, ce masque indifférent qui ont été notés par tous les auteurs. La langue tiré ■ la boucle- est affectée «l'une légère trémulation qui ne s'étend

pas aux lèvres; la parole n'offre aucun caractère particulier, les réponses sont seulement un peu lentes : les mouvements s'accomplissent même avec une certaine lenteur, de sorte qu'un peut dire avec If. Charcot, qu'entre la penser et l'acte il s'écoule \\\\ temps assez considérable. La malade ne peul écrire qu'avec nne grande difficulté; les lettres qu'elle trace sont icrégulières et tremblées. La main cependant, m l'ancienneté de la maladie, n'a subi aucune des déformations qui ont été depuis si longtemps signalées. Lorsqu'on ordonne à la malade de marcher, elle parait hésiter un instant, puis elle s'avance régulièrement, le corps très-légèremenl porté en avant, mais elle n'a pas perdu la faculté de garder l'équilibre pendant la progression. Parfois elle éprouve des sensations douloureuses, névralgiformes, des crampes dans les membres et surtout dans le bras gauche; la sensibilité est intacte, et la malade

l Ch. Fernet, Défi tremblement*. Thèse d'agrégation, 1*7-2.

assure n'avoir jamais éprouvé dans diverses parties du corps cette sensation de chaleur excessive sur laquelle on a appelé l'attention.

La malade est peu intelligente, elle a peu de mémoire, elle est très-émotive; elle pleure très-fréquemment, sans motif, et aurait quelquefois éprouvé la sensation de la boule hystérique.

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