‹ Traité pratique des maladies des nouveau-nésChapitre 136 sur 472 · CONTUSION ET COMMOTION DU CERVEAU · texte numérisé non relu

CONTUSION ET COMMOTION DU CERVEAU

Sous l'influence d'une chute ou d'un coup sur la tète des enfants, il peut y avoir commotion ou contusion du cerveau. Alors, il y a des symptômes de coma, de somnolence, de subdélirium et de convulsions dont la nature est difficile à déterminer. Est-ce une commotion? Est-ce une contusion ou bien une fracture du crâne avec épanchement? La cérébroscopie seule permet de le dire, et en 1875 M. Panas a reproduit toutes mes affirmations se vantant d'avoir mieux vu que moi. Les médecins apprécieront. Quoi qu'il en soit, c'est en examinant l'œil à l'oplithalmoscope qu'on peut arriver à un diagnostic exact. — Outre les faits que j'ai publiés en 186G, en voici d'autres qui sont aussi importants.

Observation 1. — J'ai vu, avec l'un de nos plus célèbres chirurgiens, un enfant qui, souffrant de la tète depuis très-longtemps, un jour montait à cheval sur un très-petit poney. L'animal allait au pas et sur de la terre non foulée. Cependant l'enfant tomba et sa tète porta sur le sol. Il se releva étourdi, mais ne put se tenir et retomba en frappant de la tète sur un mur voisin. Cette fois, il resta sans connaissance pendant vingt minutes. Après être revenu à lui-même, il se mit à marcher, rentra chez lui et ne parut pas très-malade. Il se plaignait toujours de la tête, conservait de la faiblesse dans les membres inférieurs, voyait bien clair et travaillait à ses études classiques. Il mangeait avec appétit, digérait convenablement et ne semblait pas très-malade.

Un médecin très-connu à Paris et deux professeurs de la Faculté le virent et pensèrent qu'il n'y avait là qu'une névralgie de la tête, sans lésion organique.

C'est alors que je fus appelé. Comme mes confrères, je le trouvai peu malade en apparence. Mais, en examinant les yeux à l'oplithalmoscope, je trouvai dételles lésions du nerf optique et de la rétine que je n'hésitai pas à affirmer l'existence d'une maladie organique du cerveau. J'avais trouvé ce qu'on appelle la névrite étranglée.

En effet, le nerf optique avait entièrement disparu. Il était gonflé, rougeàtre, caché par une infiltration séro-sanguine générale qui s'étendait sur la rétine. La pupille avait entièrement disparu, et l'on ne découvrait sa place que par la radiation étoilée des veines. L'artère était invisible; en revanche, les veines étaient énormément dilatées, tortueuses, et semblaient interrompues dans leurs parcours, ce qui résultait de .leurs inflexions sinueuses dans l'exsudat papillaire.

Les douleurs aiguës du crâne continuaient, et, au bout de quelques jours, la vision se troubla, les membres inférieurs s'affaiblirent de plus en plus. Au bout de deux mois, l'enfant succombait entièrement aveugle et à peu près paralysé, ne pouvant à peine plus parler, mais conservant son intelligence.

Sous l'influence de la chute, il s'était fait une contusion du cerveau, suivie d'encéphalite et d'épanchement avec compression lente graduelle de l'encéphale, d'où la névro-rétinite révélatrice, et ensuite les accidents qui ont entraîné la mort.

Observation IL — Un jeune garçon avait fait une chute sur la tête, on avait constaté une fracture du rocher avec écoulement séreux sanguinolent immédiat de l'oreille et paralysie de la face, mon collègue de Saint-Germain me pria d'examiner les yeux à l'oplithalmoscope. Je trouvai une névro-rétinite légère, caractérisée par l'infiltration séreuse de la papille voilant sa circonférence et une énorme dilatation des veines. Ici la lésion de l'œil était en rapport avec la lésion osseuse du crâne et es phénomènes aigus d'encéphalite observés chez l'enfant. Ce malade a guéri sous

Page 1