MOYENS D'EXPRESSION. — DE LA PHYSIONOMIE. I I
Je ne sais s'il en est ainsi dans les contrées où l'affection vermineuse es! commune;
mais à Paris, où elle est assez raie, on n'observe rien de semblable. Les enfants qui ont des vers n'offrent pas soin eut l'état perlé des conjonctives et la dilatation des pupilles; ils ne se plaignent p;is de démangeaisons an nez, et ils ne portent pas pins (|iie les antres la main sur cette partie dn visage pour témoigner de leurs sensations, alors que la parole est insuffisante pour les exprimer. D'une antre part, la dilatation des pupilles, la teinte bleue des conjonctives, les démangeaisons an nez, existent chez des enfants qui n'ont pas de vers, on qui. du moins, \\en ont pas rendu dans leurs gardes-robes.
Finies morbilleux. — Des papules et des taches ronges irrégulières sur le visage d'un enfant, dont les veux sont ronges et larmoyants, dont le nez coule et éternue en même temps que les narines s'agitent violemment, indiquent une rougeole compliquée de pneumonie.
Fades scu ri ut in eux. — Des papules continentes formant une teinte rosée presque uniforme du visage, avec tuméfaction sous-maxillaire et bouche béante, indiquent une scarlatine compliquée d'angine tonsillaire.
Furies syphilitique. — chez un enfant à la mamelle, le visage amaigri, terne. pâle, ridé, rouge cuivrique autour des narines et des lèvres qui sont fendillées, tacheté sous le menton de pustules plates brunâtres et rouge foncé, annonce la syphilis.
Faciès SCrofuleux. — Vu Aisage assez gras, frais ou blafard, avec un gros nez et de grosses lèvres, des croûtes au bord des cils ou de la bouche, des glandes ou des cicatrices sous le cou, révèlent la scrofule.
Faciès herpétique. — Quand le visage est souvent moucheté de plaques couvertes de poussière épidermique, de taches rougeàtres fendillées, prurigineuses, d'impétigo ou d'eczéma impétigineux avec suintement derrière les oreilles, on peut être sur que l'enfant a une diathèse herpétique compliquée de scrofule.
Faciès scorbutique. — La pâleur et la bouffissure du visage, qui est marqué d'ecchymoses ou pétéchies, indiquent le scorbut et le purpura hœmorrhagica.
De l'expression des yen. — Les veux de l'enfant s'ouvrent au moment de la naissance, mais ils paraissent insensibles à l'action de la lumière. Ils sont ternes, sans éclat et sans regard: la vie ne les anime pas encore; ils se meuvent en tous sens, mais sans but déterminé. Au bout de deux septaines, ils suivent le jour, s'accoutument insensiblement aux objets extérieurs qu'ils finissent par reconnaître à l'âge de six semaines ou de deux mois.
C'est par l'œil que l'on peut apprécier ce qui se passe dans le cerveau et dans la moelle, car cet organe est en rapport direct avec le système cérébro-spinal, sa circulation veineuse rentre dans les sinus du crâne et tout obstacle mécanique ou phlegmasique à la circulation des veines de l'encéphale a un effet semblable au fond de l'œil. D'autre part, sa circulation se trouble sous L'influence de L'irritation spinale transmise par le nerf sympathique. — De là l'idée (pie j'ai eue de faire de l'examen de L'œil dans les maladies nerveuses une sorte de moyen cérébroscopique, dont l'expérience démontre toute l'utilité ( I ).
Etat île la pupille il ii us le sommeil , dans I" syncope et après lu mort. — Le premier et l'un des plus intéressants caractères de physionomie pathologique fourni
(1) E. Boachut, Du diagnostic de Ut méningite par Vopkthalmoscopie Gai. des hôp., mars 1862, p. 48); Du diagnostic tirs maladies du système nerveux pour Vophthalmoscopie. Paris, 1866, un vol. in-8 avec atlas de 22 pi. : Atlas tTophtlialmoscopie médicale et de cétébroscopie. Paris, 1876, in-8, avec 1 1 pi. comprenant 137 fig.
\-2 PATHOLOGIE GÉNÉRALE ET SÉMÉIOTIQUE DK L'ENFANCE.
par l'examen des yeux se rapporte à l'état de la pupille pendant le sommeil, pcnnant la syncope et après la mort.
Dans le sommeil, où l'œil. est protégé contre la lumière, la pupille est fortement contractée ; c'est un phénomène que la théorie ne saurait prévoir, et que les obser- \ations de Cuvier, de Dugès, de Mayo, de la plupart des physiologistes, démontrent d'une manière positive; et j'ai pu le constater bien des fois. La pupille se dilate, au contraire, et reprend ses dimensions normales au moment du réveil, l'œil se trouvant evposé à tout l'éclat du jour.
La dilatation complète, absolue, définitive s'observe au moment de la mort, et constitue avec la dilatation des autres sphincters l'un des meilleurs signes de cet événement. C'est ce que j'ai bien établi dans mes recherches sur la distinction de la mort réelle et de la mort apparente (1).
Si l'on excepte quelques affections du cerveau accompagnées de la paralysie du nerf optique, dans lesquelles on observe la dilatation de la pupille et l'amaurose, et l'inégale dilatation des deux pupilles, l'examen de l'iris ne fournit pas de signes bien importants au diagnostic des maladies des enfants à la mamelle. Les déformations dont la pupille est le siège chez l'adulte, dans certaines affections de nature syphilitique, ne se retrouvent pas chez les jeunes enfants.
Cérébroscopie. — Les yeux, et quand on parle ainsi il faut entendre à la fois les paupières et le globe de l'œil, les yeux présentent de notables altérations dans plusieurs des maladies nerveuses de la premièreenf ance, depuis la photophobie jusqu'à l'amaurose, jusqu'au strabisme et jusqu'aux lésions de circulation et de nutrition dont le fond de l'œil peut devenir le siège. Cette étude constitue la Cêrébroscopie, et ses résultats sont de la plus haute importance; car lorsque des troubles nerveux sont accompagnés d'une lésion du fond de l'œil, on doit les considérer comme un résultat de lésion organique cérébro-spinal plutôt que comme étant la conséquence d'un trouble fonctionnel idiopathique. Au travers de Vœil, voir ce qui se passe dans le cerveau et dans la moelle, tel est le but de ce nouveau mode d'exploration que j'ai fait connaître en 1862.
L'hydrophthalmie, — la dilatation et la flexuosité des veines de la rétine, — la thrombose de ces veines, — leur rupture et leshémorrhagies rétiniennes, — la congestion péripapillaire partielle ou générale, — l'infiltration séreuse de la rétine et de la papille, caractérisant la névrite et la névro-rétinite; — les tubercules de la choroïde, enfin les exsudations rétiniennes et l'atrophie du nerf optique, sont les lésions qui annoncent l'hyperhémie cérébrale, la méningite aiguë ou tuberculeuse, la phlébite des sinus, l'encéphalite aiguë et chronique, les tumeurs du cerveau, — rhydrocéphalie chronique, les tubercules du cerveau, etc.
Des yeux dans la méningite. — La congestion et la filtralion séreuse papillaire partielle ou générale, la phlébectasic et les thromboses phlébo-rétiniennes, ainsi que les hémorrhagies de la rétine, s'observent dans la méningite aiguë et doivent être ajoutées aux autres symptômes de la maladie. — Il en est de même dans la méningite tuberculeuse, qui offre quelquefois en plus des tubercules de la choroïde.
L'infiltration granuleuse de la papille et les exsudations graisseuses de la rétine, avec atrophie du nerf optique, accompagnent souvent la méningite chronique.
Dans les affections des méninges et du cerveau, l'hydrophthalmie, le strabisme et l'abaissement de la paupière supérieure ont une assez grande importance; mais ces signes n'ont pas de valeur absolue. Il faut, en môme temps, tenir compte de la marche de la maladie et des troubles observés dans les autres parties du système
il) E. Bouchut, Traité des signes de la mort et des moyens tfempêcher les enterrements prématurés. Sédition (couronné par l'Institut de France). Paris. IH7i, în-12.