‹ Traité pratique des maladies des nouveau-nésChapitre 167 sur 472 · BOI'CIIUT. — NOUV.-NÉS. — T ÉDIT · texte numérisé non relu

BOI'CIIUT. — NOUV.-NÉS. — T ÉDIT

;J,)l PATHOLOGIE SPECIALE DE LA PREMIERE ENFANCE.

Si la maladie se prolonge, on peut, dans quelques cas, lorsque 1 état du tube digestif ne s'y oppose point, conseiller l'usage de deux purgatifs, tels que l'huile d'amandes douces à 20 ou 30 grammes ; le calomel à 5 ou 10 centigrammes; la manne dissoute dans du lait à la dose de 8 à 10 grammes; le sirop de chicorée composé à la dose de 20 à 30 grammes par jour, ou la poudre des enfants de Hnfeland :

Magnésie 30 gramm ss.

Racine de rhubarbe 8 —

— de valériane "2 —

Oléo-saccharate de fenouil 15 —

Pour faire une poudre, et faire prendre une nu deux fois par jour sur la pointe d'un couteau.

Ces moyens peuvent être avantageusement aidés par l'emploi des lavements mucilagineux ordinaires, ou de lavements dans lesquels on ajoute une demi-cuillerée d'huile d'amandes douces.

Traitement de la bronchite généralisée. — La bronchite généralisée est beaucoup plus grave et réclame un traitement plus énergique que la bronchite partielle. Elle passe si souvent à l'état de pneumonie lobulaire, qu'il faut essayer de l'arrêter dans sa marche, afin d'empêcher cette terminaison fâcheuse. On y parvient à l'aide des moyens déjà indiqués, réunis à ceux dont voici rémunération.

Chez les nouveau-nés, il faut, à l'observation des mesures hygiéniques dont nous avons parlé, joindre les résultats des boissons pectorales tièdes et l'effet d'une diète lactée sévère. Toute bouillie, tout potage doivent être supprimés, et le sein de la nourrice doit suffire. On peut avec avantage donner 25 centigrammes de poudre d'ipécacuanha dans de l'eau sucrée; pour calmer la violence de la toux, il faut conseiller l'usage des potions gommeuses, de lait chaud sucré coupé avec une petite quantité de bouillon, mais sans mixture avec les substances narcotiques. Si la toux était trop opiniâtre et trop fatigante, on pourrait se départir de cette règle et mettre dans une potion gommeuse 10 grammes de sirop diacode, 1 demicentigramme au plus d'extrait d'opium , d'extrait de belladone ou de datura stramonium.

Chez les enfants plus âgés, le sirop de morphine 15 à 20 grammes, le sirop diacode 26 à 30 grammes, le sirop de pavot blanc 20 grammes, l'eau de lauriercerise, le sirop de karabé 20 grammes, l'opium 1 centigramme, etc., peuvent être donnés avec avantage, en nature ou en potion. Il est quelquefois très-utile de donner en même temps 10 ou 15 grammes d'alcool ou de vieux cognac.

Les cataplasmes émollients, appliqués sur la poitrine et maintenus chauds h l'aide de taiïetas gommé, sont assez utiles, mais il vaut mieux employer les applications sèches de compresses de flanelle chaude bien maintenues et souvent renouvelées. 11 est bon- de faire prendre une ou deux fois par jour des bains de pieds irritants, composés avec de l'eau chaude saturée de sel commun, de sel de potasse, de savon ordinaire et dans laquelle on a mis une petite quantité de cendres de bois neuf.

La bronchite généralisée est rarement accompagnée par une lièvre continue assez vive pour réclamer l'emploi des émissions sanguines. D'ailleurs on sait combien est variable la réaction fébrile dans les affections aiguës des enfants à la mamelle, combien elle offre d'intermittence sur le même individu, et combien elle est différente pour la même maladie chez des sujets différents. Or, comme c'est moins en conséquence d'une idée préconçue sur la nature d'une maladie que d'après les indications présentées par elle, que le médecin dirige sa thérapeutique, il a néces-

sairement peu d'occasions de pratiquer la saignée dans la maladie qui nous occupe. Les ('missions sanguines resteront dans la défaveur auprès de ceux qui veulent

suivre les indications fournies par l'organisme, mais dans certains cas elles peuvent sauver un enfant qui étouffe. Elles sont moins favorables aux enfants du premier âge, les émissions sanguines locales surtout, et elles ne conviennent qu'a une époque plus avancée de la Aie.

Lorsque la bronchite se présente avec ses symptômes ordinaires de lièvre modérée, avec exacerbations quotidiennes, et que la toux est fréquente et grasse, on peut avec succès administrer les vomitifs. Les médicaments de cette classe remplissent un double but. Ils sont antiphlogistiques à leur manière, ils dépriment les forces vitales comme la saignée, et ils diminuent la réaction fébrile. Ils ont en outre l'immense avantage de faciliter l'expectoration des enfants en les obligeant à de tels efforts respiratoires, que les mucosités bronchiques sont chassées au dehors en même temps que les substances contenues dans l'estomac. Il faut les employer toutes les fois que l'on entend a distance le bruit trachéal des liquides contenus dans l'arbre aérien.

Si les symptômes locaux s'aggravent et si les phénomènes généraux se modifient au point d'amener une oppression vive, caractérisée par les troubles respiratoires extérieurs dont nous avons parlé, il y a tout à craindre pour le passage de la bronchite ii la pneumonie lobulaire. Il y a aussi tout a perdre. Il ne faut pas hésiter. Lin' médication perturbatrice révulsive peut encore arrêter la marche des accidents. Il faut appliquer dans le dos, et mieux sur le devant de la poitrine, un emplâtre de lhapsia de 12 centimètres pendant vingt-quatre heures, ou mieux }\\\ vésicatoire volant de la largeur de (S centimètres pendant huit heures. Ce dernier moyen m'a très-souvent réussi: on peut l'employer sans inconvénient; c'est à peine s'il donne lieu à une légère accélération du mouvement fébrile. Le seul accident qui en puisse résulter, et qu'il faille prendre en considération, est relatif aux fonctions de la vessie. Mais la rétention d'urine est infiniment plus rare chez l'enfant à la mamelle que chez l'adulte et n'a point d'autres conséquences. Elle se dissipe naturellement au bout de quelques jours. On pourrait prévenir cet accident en remplaçant le vésicatoire canlharidé par un vésicatoire fait avec un morceau de drap ou de linge imbibé d'ammoniaque liquide, ou en employant la pommade suivante :

Huile de croton 00 centigrammes.

Axonge 15 grammes.

Lorsque la maladie perd de sa gravité et marche vers la résolution, il faut veiller attentivement sur elle pour ne pas être surpris par une recrudescence. Les mêmes précautions hygiéniques doivent être prises à son égard. On remplace les premières boissons par les infusions d'hysope, de sauge, de polygala, de lichen, et [à potion alcoolique, si elle n'a pas été employée, etc. Sicile reste stalionnaire, il faut alors appliquer sur la poitrine de doux révulsifs, un emplâtre de poix de Bourgogne ou un large morceau de toile enduit de diachyloo gommé.

Les complications qui surviennent dans le cours de la bronchite peuvenl considérablement modifier le traitement de cette maladie.

Lorsque l'inflammation des bronches se développe dans le cours d'une autre maladie, a litre d'all'eelion intercurrente, ou lorsqu'elle se trouve elle-même compliquée par une maladie nouvelle, sou traitement doit être nécessairement modifié. Viusi la bronchite qui passe si rapidement a l'état de pneumonie, celle qui est compliquée par la coqueluche, réclament des moyens différents spécifiques de la nature

de ces maladies. Celle qui se développe dans le cours de la rougeole et celle qui paraît dans le cours d'une entérite chronique ne peuvent être soumises à une thérapeutique semblable. Dans un cas, il convient d'observer la marche des symptômes sans intervenir avec trop d'activité, car les accidents disparaissent avec l'éruption morbilleuse. Dans l'autre, l'expectation est plus dangereuse, et, lorsqu'on agit, on ne peut insister trop longtemps sur l'emploi de certains moyens, les vomitifs par exemple, qui pourraient aggraver l'affection de l'intestin. D'autres circonstances peuvent encore apporter quelques changements dans la thérapeutique de la bronchite; elles sont relatives à l'état ordinaire de la santé chez l'enfant, à sa constitution et à la susceptibilité de ses entrailles. Il faut savoir apprécier ces conditions particulières, afin de mettre dans la médication à suivre toute la prudence et la réserve convenables.

Aphorismes.

130. Une fièvre modérée, jointe à une toux ordinaire, annonce une bronchite aiguë.

131* Un fièvre aiguë, compliquée de toux et d'anhélation, indique une bronchite aiguë fort grave, prête à se transformer en pneumonie tabulaire.

132. La toux chronique des enfants amène la phthisie granuleuse ou tuberculeuse.

133. Le râle sibilant et ronflant qui accompagne la toux des nouveau-nés n'a pas de gravité.

134-. Le râle muqueux des jeunes enfants est généralement peu grave.

135. Le râle sous-crépitant généralisé dans la poitrine des nouveau-nés et des enfants à la mamelle indique toujours un état local très-grave.

136. Les râles muqueux et sous-crépitants sont, chez le jeune enfant, la meilleure indication de l'emploi des vomitifs.

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