‹ Traité pratique des maladies des nouveau-nésChapitre 168 sur 472 · CONGESTION DES POUMONS. — SCLÉROSE PULMONAIRE · texte numérisé non relu

CONGESTION DES POUMONS. — SCLÉROSE PULMONAIRE

L'enfant, un peu moins fréquemment que l'adulte, présente dans les poumons des congestions et des hypérhémies plus ou moins considérables, aiguës ou chroniques, partielles ou générales, pouvant donner lieu à des accidents graves.

La congestion aiguë conduit à la pneumonie lobaire ou tabulaire, comme la congestion chronique, si elle ne se termine pas par résolution, mène à la formation des tubercules. A cet égard, c'est une maladie importante à connaître.

La congestion aiguë est la suite de la bronchite des petites bronches, de la rougeole, de la fièvre typhoïde, et surtout de l'affection herpétique portée sur les bronches.

La congestion chronique résulte des mêmes influences et succède à la congestion aiguë. C'est la plus grave de ces deux formes de congestion pulmonaire, car on la prend souvent pour un commencement d'infiltration tuberculeuse, et, chez les sujets prédisposés, elle y conduit invariablement.

La congestion chronique des poumons est généralement peu connue.

Et d'abord, qu est-ce que la congestion chronique des poumons? Cela existet-il comme maladie? Si cela existe, quelles en sont les preuves? comment la distinguer de l'infiltration tuberculeuse, qui forme le premier degré de la phthisie pulmonaire, et enfin quel traitement mettre en usage ?

Montrons d'abord parmi exemple ce que c'est que cette maladie.

OBSERVATION I. — Une fille âgée de tx-eize ans, née d'un père épileptique et d'une mère un peu valétudinaire, sujette aux rhumes et à la diarrhée, sans aucun antécédent de tubercules dans sa famille, entre à l'hôpital des Enfants malades, salle Sainte- Catherine, n° 14. Maigre, pâle et débile, elle n'a jamais été sérieusement malade. Son plus grand chagrin est aujourd'hui d'avoir une hypertrophie du ganglion sousmentonnier qu'elle porte depuis deux ans, et qui est la conséquence d'une carie dentaire.

Elle est malade depuis deux mois. Depuis lors elle tousse, a craché une fois du sang et en petite quantité. Sa toux est petite, sèche et sans douleur.

La résonnance sous-claviculaire est bonne des deux côtés ; en arrière, dans la fosse sus-épineuse droite, il y a une faible diminution du son.

A l'auscultation, en avant, sous la clavicule gauche, le murmure vésiculaire est très-faible, sans expiration prolongée, sans râles et sans retentissement de la voix. Dans le point correspondant, à droite, la respiration est plus forte, sans râles et sans retentissement de la voix. En arrière, à droite, dans la fosse sus-épineuse, il y a un peu de diminution du son relativement au côté gauche, de l'expiration prolongée et du retentissement de la voix sans râles d'aucune espèce. Ces phénomènes sont permanents et n'ont pas varié depuis huit jours déjà que l'enfant est à l'hôpital. Chaque matin nous les retrouvons semblables à ce qu'ils étaient la veille.

L'enfant a peu d'appétit, de la gastralgie, de la constipation, de fréquentes névralgies temporales, et elle se plaint de n'avoir pas de forces. Le mouvement lui donne des palpitations, mais il n'y a pas d'hypertrophie du cœur ni de souffle dans les gros vaisseaux, pas plus que dans les carotides.

Le pouls est peu fréquent ; mais de temps à autre, le soir, il y a de la fièvre.

En résumé, faiblesse du murmure vésiculaire sous la clavicule gauche, expiration prolongée et retentissement de la voix avec matité faible dans la fosse sus-épineuse droite, toux sèche et un crachement de sang, tels sont les symptômes présentés par noire malade. C'est d'après cette exploration qu'ayant à choisir entre ces deux diagnostics : 1° phthisie tuberculeuse au premier degré ou infiltration tuberculeuse du sommet des poumons, et 2" congestion pulmonaire chronique, je me suis arrêté à l'idée de cette dernière maladie.

La congestion pulmonaire chronique est une maladie encore peu étudiée, bien qu'elle ait été signalée par Andral (1), Fournet (2), Darralde, etc. Elle est généralement confondue avec le premier degré de la phthisie pulmonaire, et quelques médecins la considèrent souvent comme le point de départ de la production des tubercules du poumon. Cela est motivé par le grand nombre de laits dans lesquels on a vu l'évolution tuberculeuse succéder à un état congestif des poumons. Mais, de ce que la tuberculose succède à la congestion et à la phlegmasie du parenchyme pulmonaire, il ne s'ensuit pas qu'il en doive être toujours ainsi, et que la congestion pulmonaire chronique ne puisse exister seule comme unité morbide, et sans qu'il doive en résulter une phthisie pulmonaire.

Il existe donc une maladie des poumons qu'on peut appeler congestion /iKhllOnaire chronique, différente de la congestion aiguë des fièvres, du catarrhe bronchique cl (les pneumonies tabulaires. C'est une sorte ildlr/iuhtsie chl'OiUt/iic. dans laquelle le poumon, à demi-affaissé sur lui-même, hypérémié d'une façon partielle, reçoit une moindre quantité d'air que de coutume, et cette hypérémié est le point de départ d'un état subinllammaloire, d'endurcissement, d'induration ou de sclérose, qui gène l'hématose et compromet la simlé.

J'apporte à l'appui de celle opinion deux sortes de prou\ es, les unes (Uialtn/itjii es

ci les autres directes.

il) Andral, Clinique médicale, fc* édit. Paris, 1840 (sect. lit. n« 10).

(2) Fournet, Recherches cliniques sur V auscultation îles organes respiratoires, l'an-, [839.

C'est par analogie qu'on peut admettre la congestion pulmonaire chronique, car nous admettons une congestion cérébrale chronique, qui n'est pas L'inflammation ni la dégénérescence du cerveau. Nous admettons une congestion chronique du foie, qui n'est pas plus de l'hépatite que de la cirrhose ou du cancer ; une congestion chronique des reins, qui n'est pas la néphrite alburoineuse, et qui cependant occasionne l'albuminurie ; une congestion utérine chronique, qui n'est pas la métrite, tout en s'en rapprochant beaucoup; des congestions et tuméfactions glandulaires chroniques du cou, qui ne sont pas la tuberculose de ces ganglions; uw congestion chronique de la rate, une congestion chronique de la peau des mains durant l'hiver chez les scrofuleux; une congestion chronique du nez, des oreilles, des lèvres, des conjonctives, etc., car tous les organes extérieurs et intérieurs sont l'objet de ces hypérémies chroniques. Ce sont là des faits incontestables et connus de tous ceux qui sont au courant de la science.

Les preuves directes sont tirées de la clinique, soit de celle de l'hôpital, soit de celle des eaux minérales où se rendent les malades de la poitrine, soit enfin de mes observations personnelles. Sans mettre ici personne en cause, et pour ne froisser aucun intérêt privé, je puis dire avoir vu des malades sortis d'Enghien, de Saint- Honoré, d'Ems, de Luchon, des Eaux-Bonnes, de Cairterets, etc., et regardés comme ayant été guéris de phthisie tuberculeuse. Sans doute, parmi ces succès il y en a d'authentiques, mais ils sont trop nombreux aujourd'hui pour ne pas les croire mêlés à quelques erreurs de diagnostic. C'est par centaines que Ton compte maintenant les observations de phthisie guérie dans les différentes stations minérales en vogue contre cette maladie.

Il est certain que parmi ces malades, il y en a qui offraient tous les signes physiques du premier degré de la phthisie tuberculeuse, et qui n'étaient cependant que des scléroses pulmonaires, c'est-à-dire des congestions chroniques du poumon. Ce qui m'en est un sûr garant, c'est, d'une part, que les eaux qui ont guéri ces congestions chroniques ne guérissent jamais le ramollissement tuberculeux pulmonaire, c'est-à-dire le second degré de la phthisie, et de l'autre, ce sont les faits personnels que je vais produire.

J'ai vu souvent en ville des enfants qui, à la suite d'une rougeole, d'une coqueluche, d'une pneumonie ou d'un simple rhume, restaient valétudinaires, lébricitants et considérés comme atteints de tuberculose pulmonaire au premier degré. Ils avaient sur un point du poumon de l'affaiblissement du murmure vésiculaire, de l'expiration prolongée, du retentissement de la voix, quelquefois même un peu de matité, et l'on disait aux parents que la maladie était sérieuse, qu'il y avait lieu de craindre une phthisie.

L'un de ces faits est encore présent à ma mémoire.

Oi'.SERVAïlON II. — Une petite fille de cinq ans, récemment guérie de la coqueluche, avait à chaque instant la fièvre sans motif appréciable. Gomme elle toussait toujours un peu, et qu'elle était très-maigre et sans appétit, je fus prié par ses parents de lui donner une consultation. La percussion m'apprit qu'il y avait de la matité dans la fosse sus-épineuse droite, et en même temps que la respiration faible était suivie du bruit d'expiration prolongée et accompagnée de retentissement de la voix. Plusieurs examens donnèrent le même résultat. Au bout de six mois, les choses n'avaient pas changé; je l'envoyai aux eaux de Saint-llonoré (Nièvre), ce qui produisit le plus grand bien sans enlever tout à fait le mal. Il fallut une seconde saison d'eau l'année suivante, et l'enfant a guéri.

De pareils exemples ne sont pas rares, et quand ils se présentent à moi, j'agis toujours comme dans le fait que je viens de rapporter : voyages , bains de mer,

CONGESTION DBS POUMONS.

eaux minérales eu vogue, huile de foie de morue, révulsifs cutanés, etc., je ne néglige rien, et j'ai ainsi vu guérir beaucoup de ces malades qu'on aurait pu croire atteints de phthisie au premier deg

La phthisie pulmonaire au premii d< grc que l'on guérit n'est pas de la phthisie tuberculeuse, mais un état morbide qui lui ressemble par certains signes physiques. Ce ne sont pas des tubercules crus, ni de l'infiltration tuberculeuse véritable qu'on guérit par un voyage. La triste expérience que l'on a faite de la marche des tubercules établit que ce produit morbide ne se résorbe jamais, que là où il existe il se ramollit presque constamment, et qu'il n'\ a que de rares exceptions où on fe voit se transformer en cholestérine et en stéarate de chaux. Si le tubercule ne se résorbe pas, les cas de phthisie au premier degré, c'est-à-dire de tubercules crus cités comme ayant guéri par n'importe quel moyen, n'étaient pas des cas de phthisie tuberculeuse, et auraient dû être attribués à un autre état morbide. Cet état morbide, c'est la congestion pulmonaire chronique, et il n'i a évidemment qu'un état congestifou subinflammatoire qui puisse ainsi disparaître en quelques semain s en quelques mois de séjour à la campagne.

Pour quelques personnes le fait est de la dernière évidence, et je tiens de Champouillon qu'il a soigné au Val-de-Crâce des centaines de soldats ayant tous les signes de la tuberculose pulmonaire au premier degré, qu'on aurait pu croire voués à la mort et qui n'avaient qu'uni- congestion chronique des poumons, cai un congé de convalescence de six mois suffisait pour les guérir.

L'anatomie pathologique vient ajouter ses preuves à celles de la clinique. En efl i. j'ai vu des maladies intercurrentes aiguës emporter des enfants qui n'étaient venus a l'hôpital que pour une bronchite suspect soupçon de tubercul

il m'a été possible de constater sur le cadavre la congestion pulm chronique

el V induration pulm maire qui étaient cause de la maladie. Dans quelques cas, il \ a une véritable pneumonù chronique, tant est forte la sclérose du poumon. Le | $1 partiellement dur, résistant el sans crépitation. C'est au sommet,

en avant ou en arrière, ((n'existe ordinairement la lésion; mais on l'observe également dans le lobe inférieur. Le tis>u est ion-»' vineux, violacé, peu foncé en coupleur. La coupe est lisse, poreuse, quelquefois grisâtre. Il s'en écoule par la pression une faible quantité de bouillie rougeâtre. Des fragments mis dans l'eau surnagent faiblement et quelquefois finissent par gagner le tond du vase. On dirait de la splénisation chronique, tant le tissu ressemble à celui de la rate.

Cependant, dira-t-on, dans ces cas de phthisie au premier degré cités comme guéris, La percussion et L'auscultation avaient donné des signes physiques certains de l.i présence d'un corps étranger; on avait trouvé de la matité, de la faibli s du murmure vésiculaire, de l'expiration prolongée, etc.; et ce sont là les signes classiques <!«■ la tuberculose pulmonaire a l'état de crudité. L'objection est fondée, mais 0:1 peut 5 répondre en disant que l'auscultation n ! saurai! avoir la prétention de révéler la nature d.-s maladies un poumon. Elle ne donne que d<i> sign s physiques : à chacun de les interpréter sagement. I n son mat annonce que le poumon est plus dense que de coutume, s.ms faire connaître si ce surcroît de densité dépend d'un cancer, d'une tuberculose, d'une congestion ou d'une pneumonie, il en est 'I' mm m de la faiblesse du murmure vésiculaire el du retentissement de la voix. Sauf quelques raies circonstances «>ù r\ist<- un bruit d'auscultation spécial à une seule maladie, dans la plupart des cas, les phénomènes physiques tournis pu l'auscultation n'acquièrent de valeur que par leur réunion avec d'autres phénomènes morbides. Ici, en particulier, les signes de la tuberculose au premier degré mrésultenl que d'un surcroît de densité du parenchyme pulmonaire, <'t. ." ce titre.

ils existent dans tout état chronique capable de produire le même effet dans le tissu des poumons.

Cette circonstance explique pourquoi on les observe dans la congestion pulmonaire chronique, et c'est ce qui rend si difficile le diagnostic des deux maladies dont je parle.

Ayant le même siège, elles offrent toutes les deux une diminution de densité du parenchyme pulmonaire, et toutes les deux ont pour signes physiques : 1° Matité relative;

2° Faiblesse du murmure vésiculaire ; 3° Expiration prolongée ; 4° Retentissement de la voix.

Maintenant que j'ai démontré, par l'anatomie pathologique, par les exemples personnels, et à l'aide d'une solide analogie, l'existence de la congestion pulmonaire chronique simulant la tuberculose des poumons à son premier degré, je vais en indiquer les causes, et j'achèverai par quelques considérations de diagnostic, de prognose et de thérapeutique.

Causes. — Chez quelques enfants, c'est une bronchite qui est le point de départ des accidents, et il en a été ainsi dans la plupart des cas assez nombreux que j'ai observés. La rougeole plus qu'aucune autre maladie, par le catarrhe bronchique dont elle s'accompagne, engendre la congestion pulmonaire chronique, et chez les sujets prédisposés, l'infiltration tuberculeuse.

Dans quelques cas, c'est à la suite d'une pneumonie loba ire ou lobulaire que s'établit l'hypérémie pulmonaire, assez semblable alors à la pneumonie chronique, mais qu on en distingue par la matité complète et par le souffle bronchique. Enfin, chez quelques enfants, c'est la coqueluche qui précède la congestion chronique des poumons ; mais, dans tous ces cas différents, il y a un fait général qui les domine de façon à faire comprendre le mode de développement de la maladie. Que la rougeole, la coqueluche, la pneumonie, le typhus, soient antérieurs à l'apparition de la congestion pulmonaire, peu importe ; le fait général à connaître, c'est la bronchite qui accompagne ces différents états morbides, et qui, par les mucosités et les épi— théliums dont elle obstrue les petites bronches, y entretient un état fluxionnaire plus ou moins considérable.

La bronchite et ses produits sont évidemment la cause de la congestion pulmonaire chronique, et ce fait n'a rien d'incompréhensible, puisque j'ai dit plus haut, ce que beaucoup de médecins savent, que la bronchite aiguë produit la congestion lobulaire aiguë et la pneumonie lobulaire, appelée atélectasie par nos confrères de l'Allemagne.

S'il était permis de poursuivre jusque dans l'état chronique le fait de l'affaissement des vésicules pulmonaires hypérémiées outre mesure, qu'on a désigné sous le nom d" alélectasie, j e dirais que cet état persiste à l'état chronique, et qu'il y a chez quelques sujets une sorte d'atonie des vésicules pulmonaires, consécutive à la congestion des parois, pouvant produire une atélectasie chronique. Mais ce n'est là qu'une comparaison destinée à vous faire comprendre ma pensée ; il serait contraire aux principes d'une saine observation d'aller aussi loin.

J'ai combattu l'idée que la pneumonie lobulaire fût une simple atélectasie pulmonaire, ce n'est pas pour la reprendre à mon profit au sujet de l'affaissement des vésicules pulmonaires causé par la congestion chronique de leur tissu.

En somme, le fait capital à retenir ici, c'est que la bronchite chronique est la cause de la congestion chronique des poumons simulant le premier degré de la phthisie.

- ;estiom des poumons. 361

Diagnostic. — Le diagnostic de Ki congestion pulmonaire chronique est extrêmement difficile, surtout chez les enfants, plus disposés que les adultes à la production des tubercules. On ne peut se prononcer hardiment sans témérité ai sans jouer avec lé hasard qui peut confirmer une affirmation sans motifs. Souvent ce n'est qu'après plusieurs mois de soins attentifs et lorsque la lésion dispanât, qu'on peut en reconnaître la nature congestive. Il en est ici comme dans certains cas de syphilis douteuse, dont le traitement s»ml peut éclairer le diagnostic.

Eh bien, dansb congestion pulmonaire chronique, c'est le traitement parles eaux sulfureuses froides et chaudes, aidé du séjour à la campagne, qui est la pierre de touche. Ce qui guérit par ces moyens n'était, comme le savent très-bien ceux qui ont l'expérience des «'aux. que congestion ou phlegmasie chronique, car l'infiltration tuberculeuse et les tubercules, ^'ils peuvent s'arrêter dans leur évolution, ne se résorbent jamais.

La tuberculose pulmonaire à l'état de granulation entourée d'hypérémie chronique, ou à l'état d'infiltration, la pneumonie chronique, les pleurésies partielles anciennes, peuvent, par leurs signes physiques, être facilement confondue- avec la congestion pulmonaire chronique. Mais la marche des accidents permet d'écarter au-siiôt les ra> où le surcroît de ck-nsité du poumon dépend d'une pleurésie ancienne. Le diagnostic est plus difficile avec la pneumonie chronique : cependant cette maladie succède à un état aigu, la niatité est plus forte. Il y a du souffle et un.- hronchophomi»' tels, qu'on reconnaît par là une induration pulmonaire considérable, dépassant celle qu'on doit attribuera une simple congestion chronique. Suis ce rapport, le diagnostic de l'état morbide que je \oi;s décris avec la pneumonie chronique D'est pas impossible,

Reste donc enfin le diagnostic de c«-tt«* maladie avec la tuberculose au premier degré. ('.'. >t là. je le répète, ce qui offre les plus grandes dillicultés. car les signes physiques de l'un ou l'autre de ces états morbides étant, à peu de chose près, les mêm s. on n». peut se prononcer que d'après la considération de phénomènes généraux h de commémoratife, qui souvent sont plutôt des présomptions que des certitudV s.

Dans la congestion chronique des poumons il y a. comme dans leur tuberculose au premier degré, similitude de signes physiques: diminution de résounance sur un point, afïiihlisstMii.Mit du murmure vésiculaire, quelquefois rudesse de l'inspiration, ailleurs du bruit d'expiration prolongée et du retentissement de b voix. Cela est tout naturel. Lu fait de choses physiques, des causes semblables produisent toujours des pbénomè» s identiques.

La distinction se fait à L'aide des signes fournis par la constitution et les antécédents des in.il.i l«'s.

S'il n'\ a pas d'hérédité scrofuleuse on tuberculeuse, s'il n'existe pas de glan les cervicales suppurées, -il n"\ ,i pas de susceptibilité bronchique catarrhale ou d'hénioptysies antérieures, si la santé était babituellemenl bonne, 0:1 peul croire à l'existence d'une simple congestion chronique des poumons. \u contraire, m les sujets sont maladifs, maigres, I its, atteints de I équentes bronchites, d'hé-

moptysies, de diarrhée, de suppuration des glandes cervicales ou de tumeurs blanches, enfin -ils s, un nés de parents scromleux ou tuberculeux, il est infiniment probable que les accidents observés dans la poitrine dépendent d'une tuberculose au pn nrier degré.

Il 3 - on 1'- difficultés -oui aggravées par l'existence d'une bronchite permanente assez loi te. donnant lieu à une sécrétion abondante de mucosités et en même temps à des ià!< s humidi s de gros volume, tins j'.ii soigné dans une même

o(V2 PATHOLOGIE SPÉCIALE DE LA PREMIÈRE ENFANCE.

famille les deux sœurs, qui, après une bronchite, ont été pendant plusieurs mois affectées d'une congestion chronique du poumon.

L'une et l'autre m'offrirent de l'obscurité du son au sommet de la poitrine, de l'affaiblissement du murmure véskulaire, de l'expiration prolongée,- un peu de retentissement de la voix, et avec cela des râles muqueux qu'on aurait pu prendre pour du gargouillement. L'étal général étant bon, malgré l'état fébrile permanent, je finis par me convaincre qu'il ne s'agissait là que d'une bronchite avec congestion chronique du sommet d'un poumon, et cela après avoir longtemps hésité dans mon diagnostic.

.l'envoyai ces enfants à Cauterets, où l'une d'elles fut prise de pneumonie; mais cet accident disparut sans laisser de traces, et la maladie qui avait motivé le voyage des enfants disparut à son tour, ne laissant après elle qu'une simple bronchite.

En réfléchissant aux difficultés du diagnostic dans ces cas obscurs, on comprend qu'avec peu d'habitude des malades, le médecin, effrayé des résultats de l'auscultation et de la percussion du thorax, arrive à croire à l'existence d'une tuberculose pulmonaire commençante, lorsqu'il n'existe que de la bronchite avec congestion chronique d'un sommet de poumon. Qui voudra se rappeler ses hésitations comprendra non-seulement celles de ses confrères, mais aussi les erreurs qu'ils peuvent commettre à cet égard.

Ce que j'ai vu dans les cas que je viens de mentionner se retrouve assez soin eut dans la clientèle, et il importe de ne pas l'oublier, si l'on veut envisager complètement et sous ses différentes formes la maladie de poitrine dont je parle. La complication de la bronchite avec sécrétion considérable de la muqueuse venant s'ajouter à la congestion pulmonaire chronique, ajoute de nouveaux signes d'auscultation a ceux de la congestion elle-même, et en modifie les caractères habituels.

Si Ton voulait se guider d'après ce caractère, il faudrait admettre une congestion pulmonaire sèche et une congestion pulmonaire humide; l'une sans râles, et l'autre, au contraire, avec les râles muqueux de la bronchite. Mais sans aller jusque-là, il doit suffire de savoir que la complication bronchique peut persister avec la congestion ou la sclérose pulmonaire, et que c'est une difficulté de plus à ajouter aux embarras du diagnostic.

Pronostic. — Les incertitudes si fréquentes du diagnostic de la congestion pulmonaire chronique doivent rendre le médecin très-réservé sur son pronostic. Il importe de ne pas inquiéter les familles sans raison, et c'est ce que l'ait à son grand préjudice celui qui, ne connaissant pas du tout la congestion pulmonaire chronique, attribue invariablement à un commencement de tuberculose pulmonaire les phénomènes d'affaiblissement de l'inspiration, d'expiration prolongée et de retentissement vocal, constatés chez quelques malades. Cette erreur est trèsrépandue, et, il faut le dire, motivée par l'état actuel de la science.

Si prudent qu'on doive être pour la prognose quand le diagnostic de la lésion reste incertain, il faut cependant se prononcer quand on croit avoir affaire à l'état morbide que je viens de vous décrire sous le nom de congestion pulmonaire chronique.

Dans ces cas, que devient la lésion des poumons? Peut-elle disparaître, ou peutelle se transformer? Interrogez les faits, et ils vous répondront affirmativement aux deux questions que je viens de poser.

Chez quelques enfants, la lésion disparait, et une congestion chronique des poumons donnant lieu pendant quelques mois aux signes physiques que je vous ai l'ait connaître, se termine par résolution, c'est-à-dire d'une manière favorable. C'est ce qui explique le grand nombre de guérisons de phthisies au premier degré guéries

par le changement de climat, par les bains de mer, par les voyages, par les eaux d'Ems, de Saint-Honoré, de Cauterets, de Bonnes, de Ludion, de Saint-Sauveur, du Vernet, de Sainte-Amélie, d'Enghien, du mont Dore, etc. Il y a trop de guérisons inscrites dans la science, el j'en ai eu déjà un trop grand nombre dans ma clientèle depuis ?ingt et un ans que j'exerce la médecine, pour ne pas croire que 1rs signes physiques constatés dans ces différents cas, et considérés comme un indice de l'existence de tubercules crus chez les malades, ne dussent au contraire se rapporter à la congestion pulmonaire chronique.

ailleurs, la lésion se transforme, et chez les sujets prédisposés elle engendre la tuberculose, ainsi que le démontrent la marche des accidents et les nécropsies que nous faisons journellement à l'hôpital, ici, en effet, vous verrez très-souvent des inflammations les plus franches, passant à l'état chronique, donner naissance au tubercule. Dans les ganglions du cou, du médiastin et du péritoine, dans les séreuses, dans la pneumonie lobulaire ou lobaire, partout on voit la congestion et la phlegmasie servir de blastème à la tuberculose, et c'est ce qui rend assez grave le pronostic de létal morbide que je vous fais connaître aujourd'hui. S'il se termine par résolu lia h, ce sera très-bien; mais si, au contraire, la lésion se transforme et devient tuberculeuse, vos malades sont perdus. Ce n'est plus qu'une affaire de temps.

Traitement. — En parlant ici de la congestion chronique des poumons, mon but a été non-seulement l'étude de cette forme de maladie chronique assez bien connue de quelques hydrologues, mais encore l'indication du traitement à lui opposer. Sa thérapeutique est en effet chose importante, car tant que la nature du mal ne change pas et qu'il y a lieu d'en espérer la résolution, vous devrez agir d une façon énergique par les moyens que je \ais vous indiquer ; tandis que si le mal n'est autre qu une tuberculose au premier degré ou uiw congestion déjà suivie d'une dégénérescence tuberculeuse, ces mêmes moyens seront inutiles s'ils ne sont pas dangereux.

La congestion pulmonaire chronique n'est en définitive qu'une atonie vasculaire partielle du poumon, un affaiblissement de son parenchyme fluxionné ou moins contractile, une atélectasie chronique, pour employer le langage germanique, une sorte de torpeur du poumon. C'est une maladie asthénique assez souvent liée au serofulisiue ou à l'herpétisme, et de la même nature qu'une foule de congestions chroniques partielles obserxées sur d'autres points du corps. Dans ces conditions. les corroborants, les toniques et les stimulants, la médication sthénique et révulsive, sont ce qu'il y a de mieux à mettre en pratique.

Chez les enfants comme chez les adultes, j'ai également observé la congestion pulmonaire chronique, et le traitement est le même. Il n'offre d'autres différences que celles qui sont relatives à la posologie.

Outre les tisanes pectorales cl 1rs sirops calmants variés à l'infini, sur le compte desquels je ne veux pas m'arrêter, je dirai que ce qui m'a le mieux réussi dans

l'étal morbide semblable à celui de la jeune fille dont Tobsenaliou précède, ('est l'huile de foie de morue, le vin de quinquina, le sirop darséniate de soude, la révulsion cutanée, la bonne nourriture, le bon vin, et, si l'on esl dans la belle saison, les voyages, le séjour à la campagne, el les eau\ minérales salines ou sulfureuses.

I L'huile de fo ie de morue seule ou associée au sirop de quinquina est trèsutile, si elle n'enlève pas l'appétit et si elle ne provoque pas de diarrhée. C'est un médicament de l'hiver et exclusivement de l'hiver. On peut le remplacer par des tartines de graisse d'oie, de graisse de porc frais rôti, de beurre a\ec du sel.

2° Le vin de quinquina doit être donné aux enfants et aux personnes que dérange l'huile de l'oie de morue, ce qui arrive très-souvent; mais il faut en élever rapidement la dose sans aller jusqu'à produire d'irritation intestinale, c'est-à-dire de la constipation ou de la diarrhée. Dans le même but, on donne du vin de Bordeaux, de Lunel, la potion alcoolique avec 10 ou 15 grammes de cognac, d'alcoolat de mélisse, etc. — Souvent je donne le mélange suivant :

Huile de morue 150 grammes.

Sii'op de quinquina 50 —

Vin de Xeres 50

Deux grandes cuillerées par jour.

3° Le sirop iVarséniate de soude, d'après ma formule, est un des meilleurs toniques que je connaisse. À ce titre, il est très-utile dans la congestion pulmonaire chronique et dans la plithisie même assez avancée. Toutefois dans les congestions pulmonaires chroniques, il vaut mieux ne pas s'en servir lorsque les malades ont de la fièvre.

4° La révulsion cutanée est une des plus excellentes médications à employer contre la congestion chronique des poumons, soit qu'on veuille opposer le travail morbide artificiel du dehors à l'état morbide intérieur, soit au contraire qu'on prétende fixer sur la peau une maladie qu'on attribue à de l'herpétisme interne des bronches. Sans développer ici aucune théorie relative à ce fait exceptionel, accepté de quelques médecins, je ne parlerai que du fait de la révulsion en lui-même et des moyens de le produire au plus grand profit des malades.

On peut employer les vésicatoires volants, les frictions réitérées matin et soir avec de l'huile de croton tiglium (10 gouttes chaque fois), la cautérisation pointillée du thorax avec l'acide nitrique, avec l'acide sulfurique ou avec le fer rouge; mais je préfère les applications de teinture d'iode pure au moyen d'un pinceau. Ce moyen est d'un usage commode, on peut en réitérer l'emploi chaque jour, et il agit profondément, fendille l'épidémie et détermine d'assez vives donleurs pour qu'on soit obligé de cesser momentanément. Ce n'est pas l'action spécifique du topique que je recherche ici, non, je ne me préoccupe point de l'absorption; c'est à titre d'irritant cutané, ou, si vous voulez, de révulsif, que je le mets en usage, comme je l'emploie avec tant de succès dans toutes les névralgies. Employez donc la teinture d'iode, et vous n'aurez qu'à vous en applaudir.

5° L'emploi du vaporarium et des bains de vapeur est ici un adjuvant trèsutile qui débarrasse très-bien les bronches et les poumons. Chaque jour une séance d'une heure dans une étuve de vapeur à 30 degrés donne de très-bons résultats, et sous ce rapport les eaux du mont Dore où se trouve un vaporarium sont trèsutiles aux malades.

6° Si l'on est dans la belle saison et si la position sociale des malades le permet, tous ces moyens doivent céder le pas à de plus utiles et de plus énergiques remèdes. Je veux parler de l'action si puissante des voyages, du séjour à la campagne et de quelques eaux minérales. Dans la chronicité des maladies, si l'on se préoccupe outre mesure de la lésion pour la guérir par un moyen pharmaceutique en laissant les malades s'étioler dans les chambres d'une grande ville, on ne fait qu'une trèsmauvaise médecine; mais si, au contraire, on s'occupe du lésé et de ses forces, de la tonicité de ses organes, de l'appauvrissement de son sang, de sa langueur vitale, de son hématose incomplète, de la malaria urbana qui aggrave la position de ceux qui souffrent depuis longtemps, alors on placera son malade au milieu de conditions hygiéniques plus favorables, et l'on ressuscitera des agonisants.

Parmi ces toniques, il faut placer le séjour à la campagne, pendant plusieurs mois, la vie au bord de la mer, les voyages aidés ou non de l'action des eaux minérales, et enfin l'action de ces eaux, sur lesquelles vous devez vous faire une opinion avant d'en prescrire l'usage.

Il y a dans le changement d'air et dans le séjour au bord de la mer, à la campagne ou sur les montagnes, quelque chose de très-puissant comme moyen curatif destiné à favoriser l'ampliation du thorax et l'activité des muscles respiratoires, qui l'ont que la respiration est plus complète, plus profonde et plus utile à l'hématose et au rétablissement des forces. Tout le monde a ressenti cette influence qui se traduit chez l'homme des villes subitement porté à la campagne par une sensation de plénitude incontestable de la poitrine, et c'est cette action qui est très-utile à la.guérison de la congestion pulmonaire chronique.

La course m pas gymnastique modéré, le pas gymnastique sur place, Y équitation et les inspirations forcées concourent au même but en excitant l'activité des mouvements respiratoires et en favorisant l'introduction d'une plus grande quantité d'air dans la poitrine.

Vient enfin l'action variable des différentes espèces d'eaux minérales naturelles.

Ce n'est pas une chose indifférente que le choix des eaux minérales à faire prendre pour guérir la congestion pulmonaire chronique simulant le premier degré de la tuberculose des poumons, et cela est d'autant moins indifférent que si vous vous trompez en envoyant à certaines eaux de véritables phthisiques, vous pouvez leur faire le plus grand mal. Il faut bien choisir, et, pour faire un choix, il faut avoir appris l'action des eaux, particulièrement des eaux sulfureuses, sur les maladies de poitrine.

Le soufre et l'hydrogène sulfuré des eaux sulfureuses froides ou chaudes sont des excitants assez énergiques de la circulation. C'est à ce titre qu'on en ordonne l'emploi dans la scrofule, les maladies aslhéniques, dans l'herpétisme interne, pour modifier les muqueuses affectées par le vice dartreux, et dans les congestions chroniques du poumon, de l'intestin, du foie, du système lymphatique et fibreux. Mais dans la phthisie pulmonaire, d'après une remarque déjà faite bien des fois par les médecins des thermes sulfureux, le soufre a souvent pour effet de faire cracher le sang à ceux qui ont déjà eu des hémoptysies, et quelquefois à ceux qui n'en ont encore jamais expectoré. On prévient cet inconvénient en miligeant la force des eaux, en les coupant d'eau de coquelicot, de petit-lait, de sirop de gomme, et c'est à ce point que souvent on les ordonne à une faible dose, une cuillerée dans un verre de véhicule. De celte façon, c'est de l'eau sulfureuse à dose infinitésimale, et on la laisse prendre ainsi, sûr de ne pas nuire aux pauvres malades, pour ne pas les décourager, en leur disant : les eaux ne vous conviennent pas; \\v\\ binez point; allez-vous-en, ce n'est pas votre place, .le comprends à merveille ces ménagements dus à des personnes \ouées à la mort, et qu'il ne faut pas affliger; mais ici nous ne sommes pas dans ces conditions de sentiment, et en vous parlant de l'indication des eaux sulfureuses dans certaines maladies chroniques des organes respiratoires, je ne vous dois que la vérité. Eh bien! autant sont utiles les eaux sulfureuses dans la congestion chronique des poumons simulant le premier degré le la phthisie pulmonaire, pour faciliter la résolution de L'hypérhémie et pour ein-

•her La dégénérescence tuberculeuse de s'accomplir, autant sont souvent nuisibles ces mêmes eaux dans la phthisie véritable au deuxième et au troisième degré. Ce qui guérit par les eaux sulfureuses, c'est la congestion chronique du poumon, et non pas la tuberculose.

Si l'on a prétendu avoir guéri des tuberculeux par ces eaux, c'est qu'on sYsi (rompe et qu'on a pris pour des tubercules pulmonaires au premier, au deuxième et au troisième degré, de simples congestions pulmonaires, des pneumonies chroniques, des pleurésies chroniques accompagnées de gargouillement, des abcès pulmonaires, ou enfin des dilatations bronchiques dans lesquelles se produisent de gros râles humides semblables à ceux qu'on entend dans les cavernes tuberculeuses. Vinsidonc, méfiez-vous des eaux sulfureuses dans la véritable phthisie; mais ayez toute confiance en elles si vous avez à guérir une congestion pulmonaire chronique, et si vous redoutez l'invasion de la tuberculose.

Parmi ces eaux, qui sont très-nombreuses, je vous citerai Enghien, PierrefuuK Eaux-Bonnes, les Eaux-Chaudes, Saint-Sauveur, Gauterets, Luchon, Sainl-Honoré, en été; Amélie-les-Bains, le Vernet en hiver, et enfin le mont Dore avec son vaporarium, dont les sources, de nature différente, salines et arsenicales, ne sont pas moins efficaces.

Partout il faut boire, en petite quantité d'abord, pour éviter l'irritation des bronches, faire respirer dans les salles d'inhalation, et enfin faire prendre des demibains très-chauds à 40° jusqu'à la ceinture. Ce procédé, usité principalement au mont Dore, est très-utile comme révulsif; il fait l'office d'une grande ventouse par la congestion qu'il produit dans toute la partie inférieure du corps, et il aide singulièrement à la résolution de l'état hypérhémique ou inflammatoire des bronches et des poumons.

Aphorisme.?.

137. Il y a des congestions pulmonaires chroniques qui simulent parfaitement par leurs signes physiques la tuberculose des poumons au premier degré, c'est-à-dire tubercules du poumon à l'état de crudité.

138. Ces congestions, de nature asthénique, guérissent très-bien par les eaux sulfureuses, tandis que la tuberculose véritable s'accommode beaucoup plus mal de cette méthode curathe.

139. La congestion pulmonaire chronique s'observe chez l'enfant comme chez l'adulte, et elle résulte d'une congestion aiguë, dame bronchite, d'une pneumonie simple ou morbilleuse, de la bronchite rhumatismale ou herpétique, de l'apoplexie pulmonaire n'ayant pu arriver à une entière résolution.

140. Une sorte d'apoplexie pulmonaire chronique sous forme d'infiltration, détruisant la souplesse du parenchyme pulmonaire, et ayant augmenté sa densité de manière à produire la sclérose du tissu, constitue la lésion anatomique de la congestion chronique pulmonaire.

141. Si la congestion pulmonaire chronique peut exister seule, sans tubercules, et lient rester dans cet état sans jamais devenir tuberculeuse, en revanche elle n'est assez souvent pas autre chose que la première phase de la phthisie pulmonaire.

I i-2. De même qu'il y a des hypérhémies glandulaires chroniques chez les enfants non suivies de tuberculose, de même on observe des congestions pulmonaires chroniques constituant l'état morbide tout entier.

143. Il faut toujours se méfier des congestions pulmonaires chroniques ou sclérose pulmonaire, car ce peut être là l'origine prochaine d'une phthisie véritable.

144. Quelle que soit la nature d'une induration pulmonaire, qu'elle soit congestive, phlegmasique, apoplectique, tuberculeuse, elle aura pour effet de gêner partiellement l'hématose en rendant moins facile l'accès de l'air dans les vésicules du poumon, et donnera lieu aux mêmes signes phthisiques de percussion et d'auscultation.

i ';.'». La congestion pulmonaire chronique, chez les scrofuleux, aboutit nécessairement à la phthisie; mais chez les pléthoriques, chez les rhumatisants et chez les herpétiques, elle reste à l'état congestifou de sclérose jusqu'à résolution.

I 16. Rien ne ressemble au premier degré de la tuberculisation pulmonaire comme la congestion pulmonaire chronique, car les signes physiques sont semblables et les phénomènes généraux: sont presque les mêmes.

1 (T. Les signes physiques de congestion pulmonaire chronique sont la matité relative du thorax:, l'affaiblissement du murmure vésiculaire, le bruit d'expiration prolongée, quelques bulles de râles muqueux et le retentissement de la voix, c'està-dire les signes qu'on s'accorde généralement à regarder comme caractéristiques des tubercules crus du poumon.

148. La toux avec ou sans expectoration, L'amaigrissement et quelquefois du malaise, de la faiblesse ou des accès de fièvre, sont les symptômes généraux de la congestion pulmonaire chronique.

14-9. La congestion pulmonaire chronique dure de quelques mois à quelques années; mais elle guérit généralement s'il ne survient pas de complications tuberculeuses.

151». La tuberculose pulmonaire ne se guérit que bien rarement, et la plupart des cas de ce genre cités par les médecins doivent être regardés non comme des exemples de tubercules guéris, mais bien comme des faits de congestion pulmonaire chronique.

151. La congestion pulmonaire chronique des rhumatisants et des herpétiques guérit beaucoup plus aisément que si elle se montre chez un scrofuleux.

152. Il faut traiter la congestion pulmonaire chronique par t'huile de foie de morue si c'est pendant l'hiver, par le vin de quinquina et par l'arséniate de soude pendant l'été, parle vaporarium, puis envoyer les malades au bord de la mer, à la campagne ou aux eaux d'Ems, du mont Dore, de Saint-Honoré, de Royat, d'Eaux*- Bonnes, de Cauterets, Saint-Sauveur, Luchon, etc.

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