MOYENS DEXPRESSION. — GESTE ET ATTITUDES
étreinte convulsive, s'y appuient, se lèvent rapidement debout sur leur lit, en élevant la tète pour saisir l'air qui semble* leur échapper.
Chez quelques enfants, ce n'est plus seulement l'attitude qu'il faut considérer, ce sont les gestes qui sont alors très-significatifs. Que de fois, dans ces circonstances, n'a-t-on pas vu leurs mains se porter au cou, et presser latéralement sur le larynx, comme pour enlever l'obstacle à l'introduction de l'air dans la poitrine! Il n'est pas d'enfant trachéotomisé cbez lequel on n'observe de mouvements semblables, ils ne sont pas le résultat de la douleur causée par la présence de la canule, car ils ne sont pas continuels. Ils n'existent que dans les moments pénibles où l'obstruction de la canule va déterminer l'asphyxie.
Attitude dans la pneumonie. — Dans la pneumonie, l'attitude des enfants ne présente rien qui mérite d'être indiqué d'une manière spéciale. Cbez les petits enfants, l'accélération des mouvements respiratoires et la respiration expiratrice, au contraire, sont plus significatifs. Je les ai indiqués en parlant des altérations de la physionomie, et ils doivent m'occuper plus loin lorsque je parlerai des phénomènes extérieurs de la respiration. Je crois inutile d'en parler en ce moment.
Altitude des coliques. — C'est encore par des mouvements particuliers que l'enfant exprime, sans le secours de la parole, la souffrance qu'il éprouve dans l'intérieur de l'abdomen sous l'influence des vents ou de l'entérite aiguë. Ces mouvements sont fugitifs; on les rapporte avec raison à la douleur produite par la colique.
En effet, dans le cours d'une légère irritation d'entrailles, la face, ordinairement calme, se contracte quelquefois subitement; l'enfant pousse des cris, fléchit les cuisses sur le ventre qu'il tend avec effort ; il se tortille un moment, et tous ces accidents se dissipent au bout de quelques secondes, en même temps que réparait la sérénité habituelle du visage.
Attitude des gestes de la chorée. — L'observation du visage, de l'attitude et des gestes d'un enfant atteint de chorée révèle aussitôt la nature de son mal. Il est impossible de voir les grimaces involontaires et les mouvements désordonnés de la tête et du cou, des membres supérieurs et inférieurs sans reconnaître aussitôt l'affection connue sous le nom de danse de Saint-Guy ou Chorée.
Attitude des rachitiques. — L'attitude molle, pour ainsi dire, de certains enfants, déjà âgés de quinze à vingt mois, l'impossibilité dans laquelle ils se trouvent de se tenir debout, même quand on leur offre la main pour appui ; L'incurvation de la colonne vertébrale, des jambes et des cuisses; la difficulté de la marche; la déformation de la poitrine, sont les meilleurs caractères d'une maladie assez commune dans la première enfance, lis signalent le rachitisme. Il est donc important de les connaître.
Je mentionnerai enfin les diverses attitudes de certaines pallies du corps à la suite des paralysies essentielles de l'enfance ou à la suite des rétractions musculaires, dont la nature est peu connue jusqu'à ce jour. Ainsi la faiblesse des membres inférieurs, la paralysie incomplète, les pieds Lots consécutifs, la déviation de la tête, de la taille, etc., par suite de paralysie essentielle on par suite de la rétraction des muscles slerno-mastoïdien et spinaux, sont des maladies que L'inspection seule fait reconnaître. Il est inutile d'y insister davantage.