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PHTHISIE PULMONAIRE

Granulations épidermiques. — Ch. Robin et moi n'avons observé que quatre lois des granulations de ce genre, deux fois chez des enfants de quatre à six ans, <lcn\ fois chez l'adulte. Sur les deux jeunes sujets, des granulations de la grosseur d'une tête d'épingle à un pois se trouvaient disséminées dans toute retendue des poumons. Distantes de 1 à :2 centimètres, elles étaient difficiles h écraser, offraient une consistance considérable et une friabilité particulière. Ces granulations faisaient saillie sur la coupe du poumon ; leur contour net était entouré de tissu pulmonaire vascularisé; elles offraient une coloration gris-perle tirant sur le blanc mat; elles étaient homogènes dans toute leur épaisseur, et leur substance se délayait dans l'eau, comme l'amidon se délaye dans l'alcool.

On y trouvait des éléments d'épithélium pulmonaire, des cellules ayant l'aspect pavimenteux, généralement à quatre ou cinq côtés, de dimensions variables du reste, mais ayant assez de régularité. Ces cellules, à peu près quadrilatères, se rapprochaient de la forme pavimenteusc, et étaient normalement mélangées aux cellules qui, à l'état normal, ont la forme cylindrique caractéristique. Le diamètre de ces cellules varie entre 15 et 18 millièmes de millimètre de diamètre, qui est moitié inoindre de celui des épithéliums pavimenleux muqueux ou cutanés. Des granulations moléculaires n'offrant rien de particulier se trouvaient mélangées à ces éléments d'épithélium.

Dans les deux autres cas observés chez l'adulte, des granulations analogues aux précédentes se trouvaient distribuées dans les deux poumons et plus abondamment

Fi g. 53. — Développement du tubercule provenant du tissu conjonetîf de la plèvre (*).

dans les lobes inférieurs que dans les supérieurs. Quelques-unes étaient continentes, d'autres isolées par un centimètre environ de tissu pulmonaire. 11 en résultait un aspect criblé particulier. Leur volume variait d'une tête d'épingle à un gros pois. Les plus grosses étaient les plus molles, quelques-unes semblaient ramollies, comme on le voit dans les tumeurs épidermiques de la face. Leur couleur était d'un blanc grisâtre. On \ voyait des fragments écrasés facilement, et elles étaient composées de cellules d'épithélium, irrégulières; les granulations moléculaires étaient plus abondantes dans toutes les cellules à no\aux spbéiïques ou un peu OVOÏdes. Ouelques-unes, mais fort peu, a\aienl autour du no\au des grauiil, liions moléculaires jaunâtres, graisseuses.

Souvent autour de ces granulations épidermiques et fibro-plastiques existent les altérations spéciales de la pneumonie lobulaire discrète ou continente, aiguë ou chronique, d'après le genre d'accidents qui a terminé l'existence des enfants.

() On voit touta la série du développement, depuis le* corpuscules simples du tissu conjonetîf; la division des noyaux «'t des cellules, jusqu'à la formation du graiu tuberculoux, donl l- cellules te transforment en détritus a granules graisseuses occupant le centre de la figure. Grossissemenl : 900 diamètres. (Virchow.

Les ganglions bronchiques sont toujours hypertrophiés et souvent ils renferment delà matière tuberculeuse.

La plèvre présente quelquefois à sa surface de petits dépôts minces pseudo -membraneux, ou de rares granulations fibro-plastiques intr a-pleur aies.

Le foie, les reins, le péritoine, offrent quelquefois de semblables altérations.

Ces granulations fibro-plastiques ou épidermiques restent souvent sous cette forme jusqu'à la fin de la vie des enfants, et il y a des sujets qui succombent avec ces productions morbides sans addition de tubercules. Ce sont ces cas qu'il faut comprendre sous le nom de phthisie granuleuse et que M. Empis (1) a décrits sous le nom de granulie. Chez d'autres sujets, les granulations fibro-plastiques demi-transparentes présentent au centre un point jaunâtre, opaque, de matière tuberculeuse à l'état de crudité, et elles sont environnées de granulations entièrement tuberculeuses. Il est évident que dans ces cas la granulation demi-transparente est le point de départ du tubercule, ainsi que l'a établi Laennec, et que ce dernier produit est le résultat d'une métamorphose des noyaux du tissu fibro-plastique qui s'infiltre de graisse, puis se ramollit et forme des cavernules et des cavernes communiquant avec les bronches. Ces lésions constituent la phthisie granuleuse proprement dite et plus tard la phthisie tuberculeuse.

§ II. — Phthisie tuberculeuse.

Dans cette forme, les deux poumons présentent des granulations dures, miliaires, grises, opaques, quelquefois jaunâtres, éparpillées ça et là dans les différents lobes, mais plus ordinairement dans les lobes supérieurs. Ces granulations ont le volume d'un grain de millet, de chènevis, et acquièrent même celui d'un noyau de cerise. Alors il ne peut y avoir de doute sur la nature du produit accidentel. C'est bien là du tubercule avec tous ses autres caractères histologiques.

Ces tubercules acquièrent bien rarement chez les nouveau-nés un volume plus considérable que celui que j'ai indiqué; rarement on les trouve ramollis; rarement les poumons sont troués par des cavernes, ce qui modifie singulièrement les symptômes de la maladie. Sur 36 enfants de 1 à 15 mois, morts avec des tubercules, je n'en ai vu que 3 qui eussent un commencement d'excavation, et c'étaient des cavernules plutôt que des cavernes, ne dépassant pas le volume d'un noyau de cerise. Après deux ans les cavernes se montrent plus souvent.

Dans un cas observé par Cleveland, sur un enfant de sept mois, il y avait dans le lobe inférieur droit une caverne assez grande, ayant l'aspect d'une caverne tuberculeuse ordinaire, et, chose extraordinaire, bien rare à cet âge, cette caverne remplie de liquide purulent communiquait par une ouverture du poumon avec la cavité pleurale remplie à moitié par un liquide semblable et par de l'air, de manière à former un véritable hydro-pneumothorax. Le reste du poumon était parsemé de tubercules crus et ramollis. Cette lésion n'avait été reconnue qu'après la mort et par nécropsie. L'enfant était né d'un père mort de phthisie pulmonaire, tuberculeuse.

Autour des tubercules, comme autour des granulations fibro-plastiques, le tissu du poumon offre de nombreuses altérations, très-variées suivant les sujets, et trèsvariables en effet d'après l'intensité du travail phlegmasique qui entoure chaque corps étranger. Le poumon présente des noyaux plus ou moins nombreux de pneumonie lobulaire, ou au contraire une induration pseudo-lobaire de pneumonie

(1) Empis, De la granulie, ou maladie granuleuse. Paris, 1865.

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