DIVISION CONGÉNITALE DU VOILE DU PALAIS ET DE LA VOUTE DU PALAIS
La voûte palatine et le voile du palais offrent différents vices de conformation que la chirurgie peut faire disparaître.
On observe : 1° la division de la luette seule; 2° la division du voile du palais tout entier; 3° la division du voile du palais et de la voûte.
§ I. — Division de la luette et du voile du palais.
La division de la luette seule est chose fort rare; la division du voile est, au contraire, une lésion assez fréquente. Elle est toujours médiane et complète; ses bords s'écartent à chaque mouvement du pharynx ; ils se terminent en bas par la moitié correspondante de la luette.
§ II. — Division du voile et de la voûte du palais.
La division existe enfin sur ce voile et sur la voûte du palais. Elle est plus ou moins large, unique ou double, n'intéressant que la voûte et s'arrêtent à l'arcade dentaire, ou comprenant l'arcade dentaire elle-même. Elle est souvent, enfin, liée à la division congénitale des lèvres, en deux mots, au bec-de-lièvre.
L'allaitement est considérablement gêné par cette lésion ; la succion, l'aspiration des liquides, la déglutition, le cri, la phonation, etc., sont choses fort difficiles. Quelquefois les nouveau-nés ne peuvent teter, et il faut les tenir verticalement en leur pressant le sein dans la bouche. Si le moyen ne réussit pas, il faut employer le biberon ou le lait à la cuiller. Des enfants qui n'avaient encore rien pu avaler et qui étaient mourants ont pu être rappelés à la vie de cette façon.
Cette difformité n'a donc rien de grave pour les enfants, si l'on emploie les précautions nécessaires pour leur faire prendre la nourriture. Néanmoins, comme elle entraîne des inconvénients considérables, la chirurgie a songé aux moyens de la guérir. Elle a trouvé les moyens protliétiques ou appareils destinés à être mis dans la bouche pour fermer des ouvertures que nid autre moyen ne saurait clore, la staphylorrhaphie, que Ph. J. Roux a le premier fait connaître (1).
Cette opération difficile, délicate, ne peut être pratiquée chez le nouveau-né, ni même dans la seconde enfance. Elle ne doit être entreprise que dans l'âge adulte,
(lj Roux, Quarante années de pratique chirurgicale. Paris, 1854, t. I, p. 228 et suiv.
vers dix-huit ou vingt ans, afin que la docilité des sujets puisse aider le chirurgien dans ses manœuvres et dans les soins consécutifs à l'opération. En conséquence, je ne m'arrêterai pas davantage sur ce point qui rentre dans la chirurgie des adultes.