CALCULS SALI V AIRES
§ I. — Calculs salivaires chez les nouveau-nés et dam» la première enfance.
■Les calculs salivaires do aouveau-né et dans la première enfance sont très-rares et je publie 1»' seul exemple qui existe dans la science. On le doit à Bordel. Ce
5i0 PATHOLOGIE SPÉCIALE DE LA PREMIÈRE ENFANCE.
médecin a extrait le calcul du canal de la glande sublinguale et l'a fait présenter à l'Académie par (Hoquet (1).
Observation. — Le 3 mai, une pauvre femme amenait à Burdel un enfant âgé de trois semaines et qui, disait-elle, ne pouvait pas teter ; elle priait ce chirurgien de vouloir bien lui couper le filet, qu'elle regardait comme l'obstacle qu'éprouvait son nourrisson à prendre le sein. La langue n'était retenue par aucun filet; mais sous cet organe, qui était fortement soulevé de la cavité où il est logé, Burdel vit que la glande sublinguale offrait un développement excessif. 11 croyait n'avoir affaire qu'à une grenouillette, lorsqu'on palpant la tumeur avec le petit doigt, il lui sembla reconnaître la présence d'un corps dur. En pressant légèrement, il lit sortir la petite pointe qui termine le calcul, et avec des pinces très-fines, après quelques tentatives, il parvint à en faire l'extraction sans être obligé d'inciser. Après cette extraction, l'enfant put reprendre facilement le se'in de sa mère.
Le petit calcul était allongé, renflé au milieu et terminé par une pointe très-fine à son extrémité : au premier abord, il ressemblait à un grain de blé; sa couleur était jaune ; sa surface granulée, rugueuse, et formée de très-petits mamelons soudés entre eux par leur base.
L'observation de Burdel est digne d'intérêt. Évidemment ce calcul n'a pu se développer pendant les trois semaines qui ont suivi la naissance, et l'on ne connaît pas d'exemple de calculs salivaires chez les nouveau- nés, de calculs qui ont dû se former pendant la vie intra-utérine, époque où la salive doit contenir peu de sels. Fremy, qui a bien voulu se charger de l'analyse de la concrétion, a constaté qu'elle était formée presque exclusivement par du phosphate de chaux tribasique mélangé avec quelques centièmes de substance organique azotée qui devait être du mucus des canaux salivaires.
§ II. — Calculs salivaires dans la seconde enfance et chez les adultes.
Dans la seconde enfance, les calculs salivaires ne sont pas très-communs, cependant on en connaît quelques exemples, et ils se présentent comme toujours avec l'apparence d'une petite tumeur semblable à celle de la grenouillette.
Chez les adultes, les observations de calculs salivaires, sans être très-fréquentes, ne sont cependant pas fort rares; il y en a un assez grand nombre éparses dans les journaux, et Cloquet, dans le cours de sa pratique, n'a eu l'occasion d'extraire que trois de ces calculs : l'un sur un jeune homme d'une vingtaine d'années qui en ressentait des incommodités depuis plus d'un an; les autres sur deux femmes, dont l'une était fort âgée. Chez cette dernière malade, la concrétion avait la forme et le volume d'un noyau d'olive, et l'une de ses extrémités faisait une saillie de quelques millimètres hors de l'orifice du canal de Wharton fortement élargi : l'extraction en fut facile. Ce qu'il y a de remarquable, c'est que dans ces trois cas il n'y avait pas de grenouillette, mais seulement un gonflement plus ou moins prononcé sous la langue; par conséquent il n'y avait pas eu de rétention de la salive qui continuait de couler dans la bouche, nonobstant la présence de ces concrétions dans le canal excréteur.