X. Magnésie décarbonatée
Yeux d'écreviss»- t
Corne de cerf râpée aa parties égales.
Gui \
Racine de valériane
Pour fairo une poudre, et donner une ou d :ux fois par jour à prendre sur la pointe d'un tu.
J'ai ordinairement recours el avec succès a la potion suivante :
x. Eau de laitue 100 grammes.
Eau de Heur d'oranger 5 —
Sirop diacode ... -lu —
- is-nitrate de bismuth "» à 10 grammes.
A prendre dan- les vingt quatre heures, par euillcrée à '-aie.
De ces préparations l'eau de chaux et le sous-nitrate de bismuth sont les plus utiles el correspondent a des indications prèN is s. Si le> matières sont vertes, l'eau de chaux neutralise l'acidité des sucs de Pintes-
tin, et si elles sont jaunes, c'est le sous-nitrate de bismuth qu'il faut employer. — Dans quelques cas on emploie simultanément les deux substances.
Le sous-nitrate de bismuth a également été donné par le rectum, en lavement, et Lasègue l'a employé sous cette forme avec succès :
Mucilage de gomme adragant 00 grammes.
Sous-nitrate de bismuth 15 —
Pour un lavement.
Dans quelques circonstances, et surtout lorsque l'haleine est acide, que les selles sont très-vertes et que les moyens précédents sont demeurés sans efficacité, on peut employer une médication plus active et légèrement perturbatrice. Il faut donner 30 grammes de sirop d'ipécacuanha, à jeun, ou mieux la poudre d'ipécacuanha, à la dose de 25 ou 50 centigrammes, mêlée à 30 grammes de sirop simple. Cela réussit souvent, mais chez quelques sujets il en résulte une aggravation fâcheuse qui doit faire hésiter dans l'emploi du remède.
En cas de lientérie, le chlorure de sodium, à la dose de 5 à 10 grammes, est dit-on, très-utile (N. Guillot), mais le sous-nitrate de bismuth, à la dose indiquée plus haut, réussit très-bien. Mais c'est alors qu'on peut employer la pepsine neutre de L. Corvisart, pour opérer la digestion artificielle des aliments mis dans l'intestin et sur lesquels le suc gastrique n'a qu'une action incomplète, puisqu'ils sont rendus tels qu'ils ont été ingérés. Ce médicament ne réussit pas toujours; mais chez quelques-uns de mes malades, il m'a donné d'excellents résultats. Aussi, après avoir employé les remèdes ordinaires et bien connus dont je viens de parler, si la lientérie persiste, il faudra recourir à la pepsine neutre.
On a aussi donné, dans ce cas, la conserve de viande crue, c'est-à-dire de la viande crue bien dégraissée et raclée en bouillie fine, à la dose de deux cuillerées par jour avec ou sans sucre, sur une tartine de pain beurrée ou ajoutée à de la soupe préparée avec des féculents torréfiés. Cela réussit quelquefois dans les diarrhées rebelles de la première enfance avec état cachectique.
Voici comment procède AVeiss (de Saint-Pétersbourg), auquel on doit cette méthode.
« Préparation. — On peut employer le maigre de bœuf, de mouton, de volaille; mais le premier est de beaucoup préférable. Après avoir coupé la chair en trèspetits morceaux, on la pile, et on la réduit en une pulpe épaisse. Celle-ci, placée sur un de ces tamis de fer blanc à trous très-étroits dont on se sert pour faire des purées de volailles, de légumes, etc., est remuée et pressée avec un pilon jusqu'à ce que la portion rouge et charnue ait complètement traversé les trous tandis que le tissu cellulaire et les vaisseaux restent sur le tamis. Alors on ramasse cette bouillie rouge et on la mélange à divers ingrédients.
» Il est des personnes qui n'ont pas la patience de préparer la viande avec tout ce soin ; et lorsque le malade va déjà un peu mieux, il peut suffire de la hacher en morceaux très-menus. Mais si la vie de l'enfant est en danger, il ne faut pas hésiter à faire passer la pulpe au tamis.
» Ce régime répugne souvent aux mères de familles, aux nourrices ; mais il faut insister, et à l'aide de petits artifices on finit par le faire accepter.
On mélange la pulpe à des confitures de groseilles, à du sucre et l'on en fait de petites boulettes qu'on leur donne à avaler. Ainsi préparé, cet aliment n'a plus le goût de la chair crue, et il est impossible d'en reconnaître la nature. Lorsque la maladie a cédé, on peut confectionner de petites quenelles salées, à forme allongée qu'on administre dans un potage.
DIARRHEE. 571
» Si les enfants refusent encore, malgré ces précautions on mélange la pulpe à du chocolat à l'eau et l'on obtient un nouveau mets, dont le goût sera peut-être
plus facilement supporté.
» Chez les adultes et surtout chez les femmes du monde, le médecin qui prescrit ce régime est exposé à rencontrer des résistances qu'il doit vaincre en dissimulant le coté répugnant de la médication; il peut alors donner une apparence de cuisson à la viande qu'il administre. Il suffit de présenter une tranche de bœuf un peu épaisse a un feu très-vif, et de la soumettre à l'action de ce feu pendant un quart d'heure. On en fait ainsi griller les surfaces; mais le centre reste cru, et peut être traité comme il a été dit plus haut. »
Quand on veut tromper les enfants, il suffit de faire préparer une pulpe de viande que le pharmacien combine avec un peu de conserve de roses et deux ou trois gouttes d'acide chlorhydrique. Sous cette forme, elle est prise sans défiance et même avec plaisir sous le nom de conserve de Damas (1).
La quantité de viande crue ainsi donnée aux enfants ne doit pas être considérable dès le début, parce qu'ils peuvent s'en dégoûter ou bien avoir des indigestions. La dose donnée le premier jour est de 10 grammes en quatre fois, le lendemain de 20 grammes, le surlendemain de 80 grammes, et ainsi de suite ; on peut aller jusqu'à 100 grammes. A l'aide de cette médication, les enfants reprennent bien vite, et quand la diarrhée a disparu, on diminue progressivement la quantité de cet aliment, pour commencer l'usage des petits potages, des œufs à la coque à peine cuits, de manière à réduire la ration a H0 et 100 grammes.
Quand, malgré toutes les précautions, les enfants ne veulent ni de viande crue en nature, ni de viande crue mélangée au sucre, a la gelée de groseilles, à la conserve de roses, etc., on peut la donner délayée dans de l'eau sucrée, dans de l'eau vineuse ou dans du bouillon de poulet,
Régime accessoire. — H importe, dès le début, de supprimer, comme dans le régime lacté, toute alimentation accessoire et de se contenter de donner des boissons nutritives, de l'eau avec des blancs d'œuf, édulcorée avec du sucre ordinaire ou le sirop de gomme. Cette eau, outre qu'elle est prise sans déplaisir, parce qu'elle n'a pas de goût, est curative lorsqu'il \ a irritation de la muqueuse.
Résultats. — Si l'on regarde les garde-robes le premier jour, il est ordinaire de retrouver la viande telle qu'elle a été ingérée, et les matières fécales se composent de fibrine décolorée, d'un peu de tissu cellulaire (résidu de la pulpe) et de mucus.
Il faut continuer malgré cela, et bientôt on remarque une légère augmentation des forces; l'enfant reprend sa gaieté, il joue avec plaisir et revient tout à fait à la sauté ci).
Chez un grand nombre de malades guéris par la viande crue on a observé le ténia, très-rare d'ailleurs à Saint-Pétersbourg, .l'ai vu le fait chez plusieurs de mes malades. Le docteur Braun, plus tard, le professeur von Siebold, de Munich ut), oui dit l,i même chose. Voici ce qu'affirme Siebold : • Nous ne devons plus être surpris du fait, et nous devons ajouter toute confiance aux médecins qui viennent déclarer que l'on a trouvé, chez beaucoup de sujets soumis à la diète delà viande crue, des ténias. — Il l'ait remarquer que, dans tous les cas, on a trouvé l<' Tœtlta SOlium, et il croit que, selon toute probabilité, ce ver, qui n'est
(li Réveil, Formulaire des médicaments nouveaux, 2 édition. Pari», 1865, p. 69. (-2) Avec remploi de la viande crue, les -«'lies deviennent d'une fétidité horrible pour les mères et les nourrices; mais quel mince inconvénient lorsqu'il s'agit ilo la vie d'un enfant! (:{) Siebold, Ueb'er die Band- und Blasenwurmer. Leipzig, 1851.
pas indigène de Saint-Pétersbourg, a dû être apporté par les bestiaux qui sont amenés du pays des Tecberkesses ou de la Podolie.
Weissc raconte avoir une fois reçu un ténia de plus de quatre pieds de long, qui lui fut envoyé par un confrère à qui il avait recommandé la viande dans un cas de diarrhée chez un enfant de dix-huit mois. — Le ténia fut expulsé après l'emploi de rimile éthérée de fougère maie. Malgré ce reproche adressé au traitement par la viande crue, la médication ne doit pas moins être conseillée dans les cas graves — seulement, il faut choisir de la viande de bœuf sain.
Il faut savoir enfin que dans l'hôpital des Enfants confiés à ses soins, "YVeisse a souvent essayé, mais sans aucun succès, de la viande crue dans les diarrhées d'enfants plus âgés, qui sont malades sans que la dentition soit pour rien dans leur affection. Le plus souvent cette diarrhée reconnaît pour cause des ulcérations du canal intestinal (1).
On se trouve également bien d'administrer la glycérine bien pure, ou glycérine de Priée, à la dose de 40 à 80 grammes par cuillerée ; le phosphate de chaux à la dose de 1 à 4 grammes dans du sirop ; la magnésie calcinée à la dose de 25 à 50 centigrammes, ou d'employer le mélange suivant, dont la formule se trouve dans Hufeland :
?f Poudre d'yeux d'écrcvisse 50 centigrammes.
Essence de fenouil 30 grammes.
Sirop de rhubarbe 30 —
Remuez et donnez une cuillerée à café toutes les heures.
Dans quelques cas, lorsque la diarrhée succède à la constipation, il faut employer de légers purgatifs, tels que :
Sirop de violettes 30 grammes.
Huile d'amandes douces 20 à 30 grammes.
Ou bien, le sirop de chicorée composé, qui se donne à la dose de 30 ou 40 grammes ; le calomel à celle de 5 centigrammes, etc.
Il est rare que l'on ait occasion d'épuiser tous ces moyens, ni qu'on soit obligé de recourir à l'emploi du guarana, 2 à 4 grammes dans de l'eau sucrée, de la ratanhia, 1 à 2 grammes d'extrait, de la monésia, du tannin et des autres astringents, dont je parlerai à propos de la diarrhée inflammatoire. Le simple changement de régime suffit pour calmer la plupart des diarrhées spasmodiques et catarrhales. Elles ne résistent que lorsqu'un élément nouveau est venu compliquer l'irritation d entrailles et que la maladie s'est changée en une véritable entéro-colite. Cette affection se présente alors avec des symptômes tout différents et réclame l'emploi de moyens nouveaux, dont l'exposé prendra naturellement place à la fin du chapitre suivant et qui a pour sujet la diarrhée inflammatoire.
Aphorismes.
289. La diarrhée des enfants à la mamelle est quelquefois indépendante des inflammations et autres lésions matérielles de l'intestin.
290. Chez l'enfant, la diarrhée est souvent un flux qui résulte du froid, des impressions morales, de la mauvaise hygiène, de l'entassement, de la malpropreté et des impressions morales de la nourrice.
(1) Weisse, Journal fur KinderhranhheUen, janvier et février 1858, et Bulletin de thérapeutique, février 1859, t. LVI, p. 202.
DE L'ÊNTÉRO-COLfTE. 573
291. La diarrhée est souvent un phénomène sympathique de l'irritation buccale causée par l'évolution dentaire.
292. La diarrhée est très-fréquente chez les enfants nourris au biberon.
293. Un lait trop abondant on donné sans aucune mesure produit toujours la diarrhée.
294. La diarrhée apyrétique jaunâtre homogène a généralement peut d'importance.
295. La diarrhée jaunâtre verdissant à l'air sous l'influence de la réaction des urines n*a rien de grave.
296. La diarrhée jaune verdàtre, ou panachée de grumeaux de caséum, indique une irritation considérable de L'intestin.
297. La diarrhée séreuse abondante est toujours un phénomène grave.
298. Chez les enfants, la diarrhée sanguinolente et l'hémorrhagie intestinale sont fort graves.
299. Quand la diarrhée est fébrile et se prolonge, elle annonce l'entéro-colite.
300. La diarrhée cholériforme indique l'existence d'une entéro-colite aiguë excessivement grave.
301. *La diarrhée catarrhale, spasmodique, guérit ordinairement très- vite.
302. Chez les enfants, la diarrhée chronique amène le gros ventre par suite de la tympanite et de la tuméfaction des ganglions du mésentère.
303. Une diarrhée catarrhale qui se prolonge engendre toujours l'inflammation des intestins.
304. C'est un préjugé que celui qui consiste à entretenir la diarrhée de la dentition.
305. Toute diarrhée un peu considérable doit être aussitôt combattue par les médicaments susceptibles de la guérir.
306. Il suffit souvent de changer de nourrice ou de régler les heures de l'allaitement, en les éloignant les unes des autres, pour guérir la diarrhée.
307. On peut changer plusieurs fois de nourrice jusqu'à ce qu'on ait trouvé celle qui convient aux besoins de l'enfant.
308. Les enfants à qui on donne prématurément des aliments solides et qui ont de la diarrhée guérissent aussitôt qu'on les nourrit de lait.
309. La diarrhée catarrhale guérit par les bains, les astringents intérieurs, le sous-nitrate de bismuth et les opiacés.