BOUCHUT. — NUL' V. -NES. — 7« LUIT
ros intestin; F; côlon ascendant; 11, intestin prèle.
culée (fig. 80), et le contenu ne saurait en être repoussé dans le ventre à cause de l'étroitesse de l'ouverture ombilicale.
La portion de l'intestin normalement contenue dans la base du cordon parcourt
toutes les phases de son développement dans l'ampoule ombilicale; aussi, lorsqu'arrive l'époque de la naissance, les parties herniées ne peuvent être réduites dans la cavité de l'abdomen. Le rudiment d'intestin contenu dans la base du cordon, continuant à se développer dans la cavité de la tumeur, finit par acquérir une masse assez considérable pour qu'il ne lui soit plus possible de rentrer dans la cavité abdominale. Ces sortes de hernies renferment seulement des anses intestinales; celles-ci appartiennent au côlon et à la fin de l'intestin grêle, portion du tube digestif contenue primitivement dans la base du cordon.
21 Tumeur logeant le foie tout entier. — Sous l'influence d'une attitude vicieuse de l'embryon, le foie tout entier a pénétré dans la cavité du cordon (fig. 87). Dans ces cas, la tumeur est également pédiculée. Mais ces faits ne sauraient intéresser que le tératologiste car il n"est pas d'exemple de fœtus affecté de ce vice de conformation qui ait pu atteindre son complet développement; toujours ils sont expulsés avant le septième mois de la grossesse.
3° Tumeur logeant une partie du foie. — Dans un casobservé par 31 . Stoltz ( 1 ), à l'autopsie, on a enlevé d'abord tout le plastron qui forme la paroi antérieure du tronc, et, en le repliant de haut en bas et de bas en haut (fig. SS), on reconnut qu'un lobe supplémentaire du foie était
Fig. 87. — Hernie ombilicale congénitale (*)
Fig. 88.
Hernie ombilicale congénitale (bépatocèle) (**)
engagé dans l anneau ombilical et formait
Cli Stoltz, in Debout, Considérations pratiques sur les hernies ombilicales congénitales (Bull, de thérapeutique, 1861, t. LXI, p. 453).
(*) A, le foie; B, l'estomac; C, les intestins; D, le cordon ombilical. (**) A, veine ombilicale; B, lobule hépatique; C, vésicule du fiel.
[ERNIE OMBILICALE,
la hernie. La veine ombilicale \ se trouva à la face inférieure de ce lobe, engagée dans la scissure verticale. Ce lobule B, placé au milieu du bord tranchant du foie, à gauche de la vésicule du fiel C, paraissait être formé aux dépens d'une partie de L'organe entier, d'une portion surtout du bord tranchant de cet organe, primitivement engagée dans l'ouverture abdominale et étranglée plus tard par l'anneau.
Dans la cavité péritonéale, on ne trouva qu'un liquide filant jaunâtre, en quantité moyenne (une cuillerée), mais point de fausses membranes et autres produits de l'inflammation. Péritoine pariétal et viscéral congestionné.
L'enfant était mort de sclérème, et les parties qui avaient été le siège du sclérème étaient marbrées, violettes, moins gonflées que pendant la vie ; on put en exprimer une sérosité citrine; poumons d'un beau rose.
4° Tumeur contenant à la fois une portion du foie et de la masse intestinale. — La tumeur située à la base du cordon est si volumineuse, qu'il n'y a pas a songer a en faire la ligature, car elle comprend une partie de la paroi antérieure de l'abdomen. Elle est transparente et laisse voir les intestins qu'elle recouvre (fig. 89) ; semblable à un globe de verre surajouté au ventre, sa chute fait prévoir \\\\a épouvantable solution de continuité du ventre, et les enfants sont voués à une mort presque certaine.
Il n'en est pas toujours ainsi, car Requin (1) et Margariteau (2) ont chacun vu guérir un enfant né avec une exomphale du volume du poing.
Observation I. — Enfant observé par Requin. La tumeur était réductible et formée par les enveloppes transparentes de la base du cordon. Après la rentrée des intestins, on pouvait affronter les bords opposés de l'ouverture ombilicale, et l'enfant cessait de souffrir et de crier.
11 ne prit qu'une faible alimentation dans les premiers jours qui suivirent la naissance, puis il eut quelques évacuations de méconium.
La tumeur, qu'on avait couverte d'un taffetas ciré arrosé d'huile d'amandes douces, augmenta de volume, devint irréductible, et ses parois offraient tous les phénomènes d'une péritonite au moins locale. Cette phlegmasie lit îles progrès ; l'enfant dépérissait, et fut pris d'une diarrhée abondante qui l'exténuait de plus en plus. Au onzième jour, le dévoiement s'arrête, l'enfanl est [dus calme, la tumeur s'affaisse, une portion est gangrenée, l'autre suppure; enfin, au vingt et unième jour, il n'y a plus de tumeur qui dépasse l'ombilic; l'enfanl a repris des forces rt de L'embonpoint, ci, après cinquante jours, la plaie ombilicale, de circulaire, esl devenue oblongue, n'a plus qu'un pouce de long sur 6 lignes de large, et toutes les fonctions de l'enfanl s'accomplissent d'une manière satisfaisante.
Observation 11. Enfant observé par Margariteau ; venait de naître. Il était fort et bien conformé dans le reste de sou corps. Le cordon reposait sur une tumeur de la dimension rt de la forme d'un gros (eut de poule, le grand axe dirigé transversalement. Les parois de cette tumeur, constituées par une membrane gélatineuse de même
nature «pu- celle du cordon, remplaçaient la peau et la conclu- QlUSCuleUSe qui ron-
Fig. 89. — Fœtus mâle à ternie affecté de hernie ombilicale. (Musée Dupuytren, lésions du tube digestif, n 149.)
(1) Requin, Histoire de ht guérison d'une éventration congénitale (Gai. méd. de Paris, 1 s :j -J . p 639 .
(2) Margariteau, IJull. de thèrap., t. XLVIII, p. 5ii
(ili PATHOLOGIE SPÉCIALE DE LA PREMIERE ENFANCE.
stitue la région ombilicale; c'était la continuation du cordon, ainsi qu'on l'observe sur les fœtus au quatrième ou au cinquième mois de la vie embryonnaire.
La distance qui séparait les deux bords normalement développés des parois abdominales était si grande, qu'il n'y avait pas à intervenir, et l'on abandonna cette malformation à elle-même, en se contentant de couvrir la tumeur avec un plumasseau de charpie enduit de cérat et en contenant la paroi abdominale avec un bandage. Le cordon et l'ampoule ombilicale tombèrent au vingtième jour ; leur élimination s'était faite lentement, et au pourtour de cette membrane gélatineuse il s'était opéré un travail de cicatrisation qui avait prévenu l'issue de la masse intestinale.
L'enfant a eu huit ans en 1855; il a toujours joui d'une excellente santé. La proéminence ombilicale est beaucoup moins prononcée qu'à la naissance, grâce à ce travail de cicatrisation, qui s'est consolidé de jour en jour. Ses dimensions, aujourd'hui, sont : de droite à gauche, 8 centimètres; de haut en bas, 6; d'avant en arrière (saillie) 3 centimètres et demi. 11 n'y a pas d'ombilic; on voit des cicatrices linéaires qui, du centre de la tumeur, rayonnent à la circonférence.
La première indication doit se tirer de la constitution anatomique des parois de la hernie, ou mieux de l'état de la couche extérieure qui appartient à la gaîne du cordon. Lorsque cette membrane présente sa densité normale, on peut se borner à la recouvrir d'un linge enduit d'un corps gras ou mieux imbibé d'huile. Mais il arrive quelquefois que cette enveloppe offre une grande ténuité et qu'elle n'est pas doublée de gélatine de Wharton. On comprend que dans de telles circonstances la membrane péritonéale, qui forme le sac de la hernie, soit exposée à s'enflammer facilement et que de grandes précautions soient nécessaires pour la mettre à l'abri de l'influence des agents extérieurs. C'est probablement dans un cas de cette espèce qu'il est venu à l'esprit d'un médecin italien, le docteur Paroli, de recouvrir la tumeur avec l'épiploon encore chaud d'un animal. Le succès est venu couronner son essai; mais le pansement était-il renouvelé deux fois dans la journée ou seulement chaque vingt-quatre heures ? a-t-il été continué, même après la chute de l'enveloppe extérieure? Nous regrettons qu'aucun renseignement ne nous ait été donné sur ce mode ingénieux de traitement.
Lorsque la tumeur est volumineuse, on doit chercher à éloigner le plus possible le moment de la chute de la couche extérieure de la hernie, afin de donner le temps à la cavité abdominale de se développer. Le moyen le plus efficace sera de combattre l'inflammation du bourrelet cutané qui cerne la tumeur et de saupoudrer la paroi externe de la hernie avec un mélange de poudres de charbon et de quinquina. Ce mode de pansement sera utile surtout dans les cas où la gélatine de Wharton, qui sépare les deux membranes, est abondante ; on préviendra la formation des ampoules pleines de sérosité B qui se forment alors. Si une apparence de putréfaction du cordon et de cette enveloppe se montrait, on ajouterait à ces poudres partie égale de chlorure de chaux. Dans tous les cas, on doit terminer le pansement en recouvrant la tumeur, et même tout le ventre de l'enfant, avec une couche épaisse de coton cardé.
Dans les cas de guérisons que nous rapportons plus loin, une des indications qui a paru dominer, aux yeux des médecins, est la réduction aussi prompte que possible des viscères hernies; et quand elle peut être effectuée, nous les voyons maintenir les bords de l'ouverture ombilicale, accolés à l'aide d'emplâtres agglutinatifs ou de la ligature des parois de la tumeur et même l'application de points de suture. Tous ces moyens sont inutiles, puisque la réduction des viscères s'opère d'elle-même par la rétraction de la membrane interne de la tumeur; une douce compression, exercée avec la bande destinée à soutenir les pièces du pansement appliqué sur la tumeur, suffit pour aider la rentrée des organes, qui doit se faire progressivement