‹ Traité pratique des maladies des nouveau-nésChapitre 295 sur 472 · HÉPATITE DU NOUVEAU-NÉ · texte numérisé non relu

HÉPATITE DU NOUVEAU-NÉ

t inflammation du foie est une maladie très-fréquente chez l'entant nouveau-né, peu de jours après sa naissance. On l'observe sur le tiers enfants qui viennent au monde et elle est décrite sous le nom d'ictère des nouveau-nés.

Causes. — L'icti re i -u hépatite du nouveau-né peut être le résultat de la corn 5dn corps do fœtus dans le travail de l'accouchement, ou delà contusion du foie au moment de la parturition. Il peut être déterminé par l'inipression de l'air extérieur sur la notamment sur la circulation générale et cutanée. Cette

hépatite est enfin, comme j'en ai vu plusieurs exempl< s, la phlébite

ombilicale qui s la ligature du cordon, et qui, de L'ombilic où elle prend sa

naissance, [veines du foie. On l'a enfin observée dans le cours de

l'entérite et du scléi

Altérations anatomiques. — Le foie est alors très-gonflé et gOTgé de - g

noir.! liquide. 1. s reineux ed sont remplis ainsi que ceux de l'abdomen;

il y a même quelquefois une 1 xsudation de ce liquide dans la vésicule biliaire et jusque dans le duodénum. La bile est un peu plus jaune et plus abondante que de coutume : or, on sait que, chez les nouveau-nés, la bile, au lieu d'être jaun au contraire d'un \ert noirâtre très-foncé.

Le tissu du foie est granuleux, rouge violacé, toujours un peu ramolli et souunt adhérent au moyen de 1 mbranes; il renferme quelquefois <1" petits

abcès dans -on intérieur, mais seulement dans le cas d'hépatite grave. Baumes et Martin (de Lyon), cité par Richard, en ont rapporté plusieurs exemples. Ce dernier a mi non-seulement des abcès dans le foie, mais encore d'autres collections purulentes dans 1,- scrotum, à la paume des main-, dans les muscles, comi avait là les caractères d'un»' résorption purulente. 11 est - r que, da cas. 1,' docteur Martin n'ait pas tenu un compte suffisant de l'état de la veine ombi-

1 te veine présente quelquefois des traces non équivoqu ' mmatioo, die

mplie d'un caillot mou, peu adhérent 1 1 » plusieurs casmême,la suppuration existe dans la - • au-

ib ssous do péritoine de la paroi abdominal

v ■■■! re riva.

La peau est jaune, ainsi que le tissu cellulaire et adipeux sous-cutané. La colo ration est étendue aux organes profonds, à l'intestin, aux interstices musculaires, aux os, au cœur, à la moelle, au cerveau, etc., cela n'a rien d'étonnant, puisque la suffusion ictériqueest générale. 11 n'y a, à cet égard, que des différences de degrés : si l'ictère est un peu intense, il existe principalement dans les parties superficielles et vasculaires, comme la peau ; il se montre partout quand il est plus considérable. On dit cependant qu'il n'en est pas ainsi, et l'on prétend avoir observé, car je hc l'ai pas encore vu, L'ictère local, l'ictère des parties profondes, et d'un organe en particulier, sans ictère des téguments : ainsi, Billard dit avoir observé deux fois la couleur jaune de la graisse chez des enfants naissants, et il ajoute : Lorsqu'on incisait transversalement la cuisse, la coupe du moignon présentait une ligne jaune circulaire, ayant pour siège le tissu adipeux sous-cutané, tandis que ni la peau qui était à l'extérieur, ni les muscles qui étaient au centre, n'étaient jaunes. Avant cette dissection, on ne se fût pas douté que l'enfant était ictérique. Il a aussi trouvé le périoste et le tissu des os teints en jaune, avec ou sans l'ictère général.

Il est peu probable que Billard se soit trompé quant aux phénomènes qu'il rapporte, et l'on peut accepter, sur son témoignage, ce qu'il dit de la couleur jaune de certains tissus sans ictère général ; mais il y a peut-être erreur dans l'interprétation des faits. L'ictère local est tellement en dehors des lois de la pathologie, qu'il est difficile de l'accepter comme un véritable ictère : on ne le comprend pas ; ou alors cette maladie n'est pas constituée par le passage de la matière colorante de la bile dans le sang. Il est probable que Billard a été la dupe de ses sens, et que, guidé par un simple phénomène, la couleur jaune, il aura rapproché des maladies de nature toute différente, et qu'il aura réuni à l'ictère, maladie essentiellement générale, des altérations locales de couleur dans quelques tissus, altérations indépendantes de l'affection qui nous occupe.

L'hépatite aiguë donnant lieu à Fictère des nouveau-nés se présente sous deux formes distinctes, l'une simple, vulgaire, l'autre maligne : la première est faible et légère; l'autre, au contraire, est grave et très-intense.

§ I. — Hépatite simple.

L'hépatite aiguë, faible, ou hépatite vulgaire, se montre chez le tiers des enfants peu après la naissance. Elle s'annonce par une coloration jaunâtre qui se mêle à la couleur rouge de la peau chez tous les nouveau-nés, et devient dès lors difficile à connaître, c'est Y ictère. La peau est d'un jaune rougeâtre et, si l'on applique le doigt à sa surface, au lieu de blanchir, elle jaunit sous la pression et redevient aussitôt rouge. Plus tard, au bout de deux ou trois jours, l'ictère est très-apparent; la couleur rouge de la peau s'évanouit, et la teinte ictérique persiste.

La coloration jaunâtre de la peau n'est pas, comme l'ont dit Billard et Valleix, une ecchymose résultant de la congestion sanguine des téguments au moment de la naissance, car elle existe ailleurs que sur la peau. On la trouve aussi sur les conjonctives, à la face inférieure de la langue et dans les urines que l'on ne peut recueillir, il est vrai, mais qui donnent au linge une couleur jaune caractéristique. Les matières fécales conservent leur apparence et ne deviennent que très-rarement grisâtres comme chez l'adulte.

Le ventre est légèrement tendu et douloureux au niveau de l'hypochondre droit, la pression est pénible et le foie déborde beaucoup les côtes. La peau est modérément chaude, le pouls de 110 à 120, les fonctions digestives sont d'ailleurs en assez bon état.

Page 1