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HÉPATITE DU NOUVEAU-NE

\u bout de si\ à dix jours, la coloration jaune commence à disparaître pour l'aire place a la teinte rosée naturelle de la peau des jeunes enfants.

L'hépatite vulgaire et Pictère qui l'accompagnent se distinguent de hcoloration jaunâtre physiologique de la peau des nouveau-nés, en ce que la couleur jaune est bien prononcée, beaucoup plus générale, et se montre en même temps sur les conjonctives et sur la muqueuse buccale dans l'ictère de l'hépatite, tandis qu'il n'en < st pas ainsi dans ce qu'on appelle la coloration jaunâtre de la peau des nouveau-nés.

Celle forme de l'ictère avec faible hépatite n'a rien de grave et sa marche n'est jamais entravée par des accidents sérieux. Elle se termine toujours favorablement, sans le secours d'aucune médication spéciale.

Traitement. — Il faut traiter l'hépatite vulgaire, ce que d'autres appellent l'ictère des nouveau-nés, par des bains tièdes, simples ou aromatiques, pendant une demi-heure et répétés une ou deux fois par jour. Il faut faire de légères frictions a\ec des spiritueux sur le ventre et sur la région du foie. Il faut enfin couvrir les enfants a\ec de la flanelle. Ces moyens suffisent pour faire disparaître la maladie en peu de jouis.

Lorsqu'elle est accompagnée d'entérite ou de sclérème, il faut, en outre, mettre en usage les médicaments conseillés dans le chapitre consacré à l'histoire de ces maladies.

§ II. — Hépatite inaligne, ou ictère grave.

Cette seconde forme de l'hépatite aiguë constitue l'ictère grave, ce que d'autres appellent probablement Yatrophie aiguë du foie (1). Elle se rencontre beaucoup plus rarement que la précédente, et la plupart des médecins ne l'ont peut-être jamais observée; Baumes, Richard (de Nancy), .Martin (de Lyon), Henke, en ont vu quelques exemples.

Cause». — L'hépatite grave ou malignese développe absolument dans les mêmes conditions que l'hépatite simple, seulement ses lésions anatomiques, sa marche et sa terminaison lâcheuse l'en séparent d'une manière absolue, tout comme il faut séparer la variole, la scarlatine et la rougeole vulgaire delà scarlatine et de la variole malignes.

Ici, comme nous l'avons indiqué précédemment, la lésion anatomique n'est plus simplement un ictère général avec congestion sanguine du foie accompagnée de l'hypertrophie de l'organe, ce qui a lieu dans l'hépatite vulgaire j il \ a, en outre, ramollissement considérable, décoloration partielle des granulations hépatiques, état gras de l'organe, dégénérescence graisseuse des cellules hépatiques et, ça et là, des foyers de suppuration disséminés dans les lobes du foie. Kaumès, Richard et Martin (de Lyon) ont, ainsi (pie je l'ai déjà dit, rapporté plusieurs cas de ces suppurations multiples du l'oie, avec ou sans abcès dans d'autres régions du corps.

Dans ce dernier cas, il est bien probable que l'hépatite est la conséquence d'une phlébite ombilicale, et que les abcès disséminés sont la manifestation anatomique d'une infection purulente.

Symptôme». — Les enfanta nouveau-nés, affectés d'hépatite maligne, ont la fièvre. Leur visage est injecté; la peau du corps chaude, rouge, jaunâtre, puis complètement jaune ; les conjonctives et le dessous de la langue jaunâtres, et les urines très-colorées en jaune salissent le linge. L'ictère est toujours parfaitement caractérisé.

Le ventre est dur, tendu, douloureux a l'hypochondre droit, et le foie tuméfie

(I) Voyez ce mot.

déborde beaucoup les côtes. Les enfants ont des nausées, rejettent quelquefois des matières rougeatres et rendent le méconium abondant, foncé en couleur, ou seulement du méconium décoloré jaunâtre. Ils ont quelquefois desépistaxis, du purpura sur la peau ou de l'hématémèse. D'après Henke, ces matières seraient souvent grises, ce qui me semble en opposition avec les résultats de tous les observateurs.

La respiration est laborieuse , le hoquet fréquent , et , comme l'indique M. Richard, quand cet état s'accroît ou se prolonge, il survient une profonde altération des traits ; les yeux deviennent fixes, quelques convulsions se manifestent à la face et dans les muscles des membres; l'enfant tombe dans le collapsus, se refroidit et meurt.

Quelquefois cette forme de l'hépatite aiguë est accompagnée de rougeurs érysiélateuses sur la peau, de phlegmons sous-cutanés autour du lieu d'insertion du cordon et sur différents points du corps, d'aphthes et d'ulcérations purulentes sur les lèvres, aux commissures de la bouche, des paupières et à l'orifice du prépuce et de l'anus. Quelquefois enfin ces diverses inflammations se terminent par la gangrène.

L'hépatite maligne fait périr les enfants en quelques jours, et je ne sais pas, quant à présent, s'il en est qui soient guéris de cette affection. C'est donc une maladie grave et du plus fâcheux pronostic.

Traitement. — Si les enfants sont forts et vigoureux, peut-être pourrait-on mettre une ou deux sangsues à la région du foie, en ayant soin d'arrêter promptement l'écoulement du sang. Je préférerais les bains tièdes prolongés et répétés deux fois par jour, les fomentations, les cataplasmes, les lavements huileux et purgatifs, l'eau froide pour arrêter les vomissements, l'eau de fleur d'oranger pure par cuillerée à café, une goutte de laudanum de Sydenham toutes les heures, et enfin un vésicatoire sur la région du foie.

En cas d'abcès à la peau et de phlegmons gangreneux, il faut ouvrir de bonne heure les foyers de suppuration, les laver avec soin, les déterger avec du vin aromatique, de la teinture de quinquina ou une solution de chlorure d'oxyde de sodium, et les couvrir de poudre de quinquina en les pansant avec du cérat ou du styrax afin d'aider à la cicatrisation.

Cet ictère des nouveau-nés est toujours le résultat d'un obstacle au cours de la bile par l'épaississement de ce fluide, l'obstruction du canal cholédoque, la phlébite ombilicale et l'inflammation du foie. Il se distingue de la coloration jaunâtre physiologique des téguments après la naissance en ce que celle-ci est superficielle et bornée à la peau, tandis que la coloration ictérique occupe aussi les conjonctives et les parties profondes du corps.

§ III. — Hépatite chronique.

On a aussi parlé d'une hépatite chronique du nouveau-né dont Burns a donné la description, mais les faits que rapporte cet auteur sont très-incomplets et ne peuvent, quanta présent, servir à l'histoire de cette maladie. Je ne l'ai pas observée moi-même, car elle est très-rare ; aussi m'abstiendrai-je de la décrire en détail. Cependant c'est peut-être à cette affection qu'il faut rapporter certaines lésions particulières du foie, signalées vaguement par d'anciens auteurs comme appartenant à la syphilis, et décrites par Gubler (J) avec cette qualification. A part son interprétation, le fait existe et, chez quelques nouveau-nés atteints de syphilis congéni-

(1) Gubler, Mém. sur une nouvelle affection du foie liée à la syphilis héréditaire (Gaz. méd., 185-2, n° 17, elibid., 1851).

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