PRÉFACE DE LA SEPTIÈME ÉDITION
Dans ce livre, j'ai cru devoir établir deux sections principales trèsdistinctes :
La première est relative à la pathologie générale et à la séméiotique de l'enfance.
La seconde est consacrée à la pathologie spéciale, et renferme l'exposition des causes, des symptômes et des lésions apparentes ou microscopiques de chaque maladie en particulier, le diagnostic spécial et. différentiel, qui est développé selon l'importance du sujet, et enfin le traitement, que j'ai exposé avec les plus grands détails.
La première partie comprend l'art d'observer et d'interroger les enfants pour saisir la nature de leurs maladies d'après un ensemble de symptômes souvent incomplet et peu caractérisé. — Là, j'ai montré tout le parti qu'il faut savoir tirer de Y examen de la physionomie et de ses différences de coloration; — du changement d'expression des traits dans chaque maladie, surtout dans la méningite, dans l'hydrocéphalie, dans le rachitisme, dans la pneumonie, dans le croup, dans les maladies du cœur, dans le choléra, dans les fièvres éruptives, etc. ; — de Y interprétation des gestes et des attitudes provoqués par les maladies du cerveau, du cœur, des poumons ou de l'intestin. — On y trouve les différentes modifications imprimées au cri par les souffrances particulières de quelques organes; — les caractères particuliers physiques et chimiques des matières vomies, des urines et des excréments, etc.
J'ai indiqué, d'après des recherches nouvelles, les caractères extérieurs de la respiration cérébrale, pneumonique, croupale et pleurétique; ceux delà circulation et de la température dans leurs rapports avec la fièvre et. les différentes maladies de l'enfonce, — les modifications
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de poids du nouveau-né après sa naissance, — enfin la mortalité du premier âge, principalement dans la première année de la vie.
Toute cette partie renferme les éléments particuliers du diagnostic tirés de l'examen extérieur des malades, et, si j'y ai tant insisté, c'est que la pratique démontre que c'est d'après ces signes qu'on se fait une idée très-exacte de la nature du mal, de son aggravation ou de son déclin, et qu'on se montre un médecin habile. Pour moi, les autres signes ne viennent qu'en seconde ligne pour appuyer ou infirmer ces premières impressions, d'autant plus importantes qu'il s'agit de l'enfance et que là, chez un enfant irrité, il est quelquefois difficile, en raison des cris du malade, de faire une bonne percussion de la poitrine, une auscultation convenable, une palpation complète, ou enfin de recourir à l'ophthalmoscopie. Dans bien des cas, sachant déjà à quelle maladie on a affaire, il suffit de voir un enfant de loin, et même s'il est endormi, pour reconnaître qu'il a moins de fièvre, et que son croup, sa pneumonie, sa fièvre typhoïde ou sa rougeole vont mieux. — Pour le médecin des enfants, cet examen à distance vaut quelquefois mieux et apprend davantage qu'une appréciation directe si le malade pleure, crie, s'agite et ne veut pas se laisser toucher.
La seconde partie comprend toutes les maladies médicales et chirurgicales de V enfance, leurs symptômes, leur diagnostic et leur traitement.
J'y ai placé un résumé iïophthalmoscopie médicale ou de cérébroscopie, c'est-à-dire l'indication des signes fournis au diagnostic de la méningite et des maladies cérébro-spinales par l'ophthalmoscope. C'est l'exposé de recherches commencées en 1862, et, comme on pourra le voir, j'ai donné ainsi à la science le moyen d'étudier le cerveau et la moelle, comme avec l'oreille on étudie les maladies du cœur et des poumons.
Les maladies y sont exposées d'après leur siège anatomique dans les différents appareils physiologiques d'innervation, de respiration, de digestion, de circulation, de sécrétion urinaire, de génération, dliématopoièse; puis j'ai décrit les fièvres éruptives, les maladies parasitaires, les maladies de la peau, les maladies des glandes, des os, des muscles et des articulations, enfin les maladies générales et les nosohémies, telles que la leucocytose, la fièvre typhoïde, la diphthérite, la scrofule et la syphilis.