‹ Traité pratique des maladies des nouveau-nésChapitre 308 sur 472 · NÉPHRITE ALBUMINEUSE · texte numérisé non relu

NÉPHRITE ALBUMINEUSE

Le 3, mouvements eonvulsifs des membres; trismus, strabisme. La faiblesse des membres gauches a un peu disparu. Les yeux sont ouverts, mais la vision est abolie, Même état de la respiration. Plusieurs inspirations de suite et grand repos. Peau très-chaude; pouls, ^00 à 220. Moins de roideur générale. Eau de fécule.

.Morte à huit heures.

Autopsie. — Les poumons sont semés de tubercules miliaires gélatiniformes. Quelques-uns d'entre eux se trouvent au milieu des lobules rouges, durs, et évidemment enflammés. 11 y a en arrière des deux côtés un peu de pneumonie hypostatique.

Les ganglions bronchiques sont pour la plupart tuberculeux; ils renferment de la matière jaune, dure, analogue en tout à la pâte du marron d'Inde.

Les membranes du cerveau sont fortement et uniformément injectées; il n'y a point de plaques. L'arachnoïde est sèche, épaissie et opaline à la base. Les adhérences do la scissure de Sylvius sont internes; elles existent aussi à la partie antérieure de la grande fente cérébrale. On remarque à la surface convexe des hémisphères, tant à droite qu'à gauche, cinq petits points blancs dits granulations tuberculeuses.

L'arachnoïde et la pie-mère de la base du cerveau et de la partie antérieure de la fente cérébrale sont opalines et fortement épaissies. Elles sont dures et résistantes à la coupe ; on dirait qu'elles sont infiltrées de matière tuberculeuse ; c'est probablement du pus concret.

La substance grise du cerveau paraît plus injectée que d'habitude, et présente une transparence d'agate. La substance blanche est peu injectée, ferme à la partie supérieure des hémisphères.

La paroi supérieure des ventricules a toute la consistance normale, mais la paroi inférieure, la couche optique, la cavité ancyroïde, la fente de Bichat, tout est ramolli et diffluent, d'un côté comme de l'autre. La voûte à trois piliers parait dense à sa partie supérieure, mais pas à sa partie inférieure. Il n'y a que'peu de sérosité dans les ventricules.

La même altération existe des deux cotés. Il n'y a aucun corps étranger dans la substance cérébrale.

Les reins contiennent quelques tubercules peu avancés et mal limités. Ainsi, nous ne voyons que de petits corps blanchâtres très-opalins, au centre, dont la teinte va s'aftaiblissaat et se perd dans le tissu du rein. L'organe paraît sain du reste.

§ II. — Néphrite albumineuse dans la seconde enfance.

Si chez les nouveau-nés et chez les enfants à la mamelle la néphrite albumineuse est rare, il n'en est pas de même dans la seconde enfance. Là, elle est trèscommune, et elle s'y présente avec tous les symptômes de la néphrite albumineuse chez l'adulte.

Celte néphrite commence par une albuminurie occasionnée par la congestion rénale, qui peut consécutivement engendrer les lésions les plus graves du rein. Elle résulte de la scarlatine, quelquefois de la rougeole et de la fièvre typhoïde, du croup el des maladies couenneuses, ainsi que je l'ai fait connaître en 1858 (1), etc. Il est très-rare que la maladie soit primitive, mais j'en ai vu des exemples.

Les urines sont plus ou moins abondantes, quelquefois rougeâtres par le sang qu'elles renferment on \ trouve des tubes urinifères (fig. loi) remplis de granulations graisseuses, des cellules d'épithélium cylindrique, et elles précipitent abondamment par la chaleur et l'acide nitrique ou l'acide picrique.

dette albumine disparaît quelquefois au bout de plusieurs jours, mais ailleurs elle se prolonge pendant plusieurs mois, amenant l'anémie, l'hydropisie générale du tissu cellulaire et des cavités séreuses, l'œdème de la pie-mère et du eene.iu, le gonflement du visage et des membres, c'est-à-dire l'anasarque el enfin la mort. Elle

(1) Bouchut et Empis, De l'albuminurie ((mis le croup et dans les maladies couenneuses

(Comptes rendus de l'Académie des sciences, 1858

ne trouble pas les fonctions digestives qui restent naturelles et ne produit pas de lièvre, à moins de complication viscérale. Elle ne produit pas d'amaurose ni de rétînite, mais il arrive quelquefois qu'elle détermine une éclampsie mortelle. Je vais en parler dans le chapitre suivant. Quelques personnes attribuent cette éclampsie à V urémie, c'est-à-dire à la rétention de l'urée dans le sang, ce qui n'est pas démontré. D'autres l'attribuent à Y urinémie ou ammoniémie, parce que les urines sont alors plus rares et que ce liquide, étant retenu à l'intérieur, se transforme en

Fig. 101. — Gaine épithéliale des tubes urinifères.

ammoniaque dans le sang. Mais l'accident s'explique tout aussi bien par l'œdème cérébral et sous-arachnoïdien, la suffusion séreuse des ventricules et la thrombose des sinus de la dure-mère.

Dans un certain nombre de cas, malgré les complications les plus graves, notamment l'éclampsie, elle se termine par la guérison. J'en ai vu bien des exemples.

Traitement — Le traitement doit être formulé ainsi qu'il suit : diète lactée absolue; — chaque jour une fumigation de vapeurs de benjoin à l'aide d'une couverture de laine imprégnée dont on enveloppe le corps nu des enfants pendant deux heures; une potion avec le tannin, 20 à 50 centigrammes ; — 10 ou 15 centigrammes de fuchsine; — du sirop de groseilles, 60 grammes avec 3 grammes de chloral hydraté en trois fois; — de la décoction de quillaya, 10 grammes par litre d'eau pour vingt-quatre heures; — de la décoction de saponaire, 10 grammes par litre, etc. ; quelques purgatifs au début; eau de Vichy, avec du lait; —décoction de quinquina; — potion d'arséniate de soude, 10 milligrammes; enfin, potion de perchlorure de fer ou sirop de pyrophosphate de fer.

En cas d'éclampsie, il faut donner en une fois 3 à -i grammes de chloral hydraté pour obtenir le sommeil et l'anesthésie.

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