CHAPITRE III
HYDRONÉPimOSE
L'hydronéphrose s'observe chez des enfants atteints de calculs du rein ou de calculs vésicaux compliqués de cystite ou de pyetite. J'en ai vu plusieurs exemples.
HYDRONEPHROSE. 701
Elle est plus rare à l'état de maladie primitive. En voici un cas intéressant (1) publié en Angleterre, et dont voici l'analyse (2).
Observation I. — Hydronépkrose congénitale du côté gauche. Guérison par la ponction suivie d'injection iodée (Dr AYolfler). — Un enfant de treize ans, peu développé, a un ventre énorme, qu'il avait fortement ballonné en naissant. Le ballonnement est surtout au côté droit du ventre; circonférence lm,47 ; distance de l'appendice xyphoïde à la symphyse du pubis, 61 centimètres. Au palper, tumeur libre, peu mobile, dépassant d'une largeur de main la ligne médiane, indolente, n'adhérant pas aux parois abdominales, montrant une fluctuation marquée. Les phénomènes de la percussion ne changent pas, quelle que soit la position du malade.
La nature congénitale de la maladie devait faire considérer le rein droit comme le siège du développement de la tumeur. 11 y avait possibilité d'hydrouéphrose, d'échinocoque des reins et de kyste des reins. Cependant, on n'avait jamais auparavant observé de kyste plus gros que la tète d'un enfant ; dans les kystes à échinocoques se détachent le plus souvent des lambeaux de vessie, on ne l'avait pas constaté dans le cas en question. On s'assura de la vraisemblance du diagnostic d'une hydronéphrose par une ponction exploratrice qui donna une iluidité semblable à de l'urine claire.
On procéda plus tarda une autre ponction, puis on fit une injection de 48 grammes de teinture d'iode délayé. Cet iode ne s'écoula d'abord qu'en partie, sans qu'il y eût grande douleur. On reconnut, une demi-heure après l'injection, l'existence de l'iode dans la salive et beaucoup plus tard dans l'urine. Au bout de deux mois, le malade fut renvoyé. Une nouvelle inflammation, moindre que la première, fut combattue par le même procédé, peu de jours après la guérison s'ensuivit.
Les tentatives thérapeutiques usitées jusqu'alors pour guérir l'hydronéphrose par une opération consistaient dans la ponction et l'incision (Martineau), dans la pression et compression de la tumeur (Rayer dit qu'en massant la région des reins chez une jeune fille de huit ans, souffrant d'une hydronéphrose, Roberts obtint l'évacuation d'une grande quantité de pus et la guérit), enfin dans la ponction suivie d'injection d'iode ; on a entrepris aussi la parotomie par l'évacuation du sac, le drainage, etc.
En voici un autre exemple :
Observation II. — Hydronéphrose congénitale. — Vu enfant observé par le docteur Stillier était né avec une tuméfaction du ventre simulant une ascite, et qui fut reconnue pour un énorme kyste de Ja région lombaire droite, vers l'âge de quatre ans. Son volume gênant la respiration et la marche, il fut ponctionné avec issue de 6 kilogrammes de liquide non albumineux, ayant tous les caractères de l'urine diluée. Mais il fut trouvé albumineux, purulent, et contenant une grande quantité d'urée dès la seconde ponction. Des essais pour établir une fistule en avant et en arrière échouèrent constamment par la cessation spontanée de l'écoulement. La vie de l'enfant était mise en danger par ces ponctions répétées, lorsque l'on s'aperçut que le liquide coulant par l'urèthre était de même nature que celui du kyste, ce qui lit admettre dès lors une communication de celui-ci, siégeant sur l'uretère sans doute, avec la vessie. Depuis, aucune nouvelle ponction n'a été faite: le kyste, dès qu'il a acquis un certain volume, continuant à se vider de temps à autre par l'urèthre sans nuire à la santé générale. Il était rétréci d'un côté et oblitéré de l'autre chez une autre fille de dix-sept ans.
Dans ces cas de k\stes congénitaux, on rencontre ainsi d'heureuses exceptions.
OBSERVATION III. — Une femme succomba à vingt-trois ans: l'autopsie montra un énorme kyste simulant un rein dilaté provenant de l'oblitération de l'urèthre.
L'hydronéphrose congénitale n'est donc pas absolument mortelle dès les premières années.
(1) CenlraWlatt de Leipzig.
(v2) Stillier, Iloy. med. chir. Society mars 1858, ci Union médicale, i