‹ Traité pratique des maladies des nouveau-nésChapitre 340 sur 472 · OCCLUSION DE LA VULVE ET DE L URETHRE. /4. · texte numérisé non relu

OCCLUSION DE LA VULVE ET DE L URETHRE. /4.

Une fois cependant, on a vu se faire, chez une enfant de deux mois, une rétention de mucus formant derrière l'hymen une petite tumeur douloureuse, saillante entre les grandes lèvres, et qu'il a fallu inciser. Voici ce fait curieux :

Observation I. — M. Godefroy eut à examiner une petite fille âgée de deux mois, affectée de tumeur à la vulve, et augmentant de volume pendant les cris et les eiforts de la défécation et de la miction. Cette enfant, (jui est une jumelle, était pâle, grêle, chélive; le ventre était dur et tendu. En écartant les grandes et les petites lèvres, on apercevait l'orifice du vagin occupé par une petite tumeur molle, hémisphérique, du volume de l'extrémité du doigt auriculaire, et adhérente à la circonférence vaginale par tout le pourtour de sa base. Cette tumeur, d'un blanc bleuâtre, était indolente. Le toucher y faisait reconnaître une sorte de fluctuation. La pression la déprimait; mais elle ne tardait pas â reprendre son volume primitif aussitôt que l'on cessait de la comprimer.

Reconnaissant à ces signes une imperforation de l'hymen avec rétention d'un liquide, il n'hésita pas â pratiquer au centre de la tumeur une ponction d'environ 5 millimètres d'étendue. Celte ouverture donna issue à un liquide visqueux, filant comme du blanc d'oeuf, très-épais, en tout semblable au mucus utérin, et dont il fut obligé de favoriser la sortie en le prenant avec un linge et en comprinant légèrement le ventre de l'enfant.

Après en avoir retiré environ une bonne cuillerée à café, un brin de charpie fut introduit entre les lèvres de la petite plaie, afin de s'opposer à leur réunion immédiate.

Cet hymen était très-fort et très-vasculaire; il avait bien 2 millimètres d'épaisseur, et quelques gouttes de sang s'écoulèrent lors de sa section.

Les deux lèvres de la plaie se sont cicatrisées isolément, et les parties sont revenues dans les conditions normales.

Il n'a été fait qu'une incision au centre de l'hymen imperforé, et nulle perte de substance, comme on recommande avec raison de le faire chez les adultes; il est à craindre que plus tard (â la puberté) il ne reste qu'un pertuis incapable de donner un écoulement facile aux règles. C'est la crainte d'un écoulement de sang chez un sujet aussi jeune qui l'a détourné de l'excision.

Dans le cas où la disposition anatomique est telle, que l'urine, au lieu de s'écouler au dehors, passe dans le vagin derrière l'adhérence de la vulve, pour y déterminer de l'inflammation, des concrétions urinaires ou un abcès milieux, il faut diviser les grandes lèvres et maintenir les parties dans une disposition favorable à la cicatrisation isolée.

Si Yocclusion du méat urinaire accompagne l'occlusion de la vulve, l'enfant n'urine pas, s'agite, crie, et en peu de temps une tumeur formée par la vessie distendue se montre à l'hypogastre. L'orifice de l'urèthre est fermé par une membrane complète ou incomplète qui se tend au moment des efforts de l'enfant. Une incisHn et la présence d'une sonde pendant quelques jours suffisent pour guérir cette (iiïormité.

Quelquefois, au lieu d'une simple membrane, il j a rétrécissement ou oblitération complète de l'urèthre, ce qui rend le cas fort grave. Quelquefois, dans cette circonstance, ainsi que foui vu Littré et Cabrol, l'urine remonte par Pouraqueel sort par l'onhilie au travers d'une petite fongosité molle, rougeâtre et spongieuse, Cela peu! ai<si durer dix, douze ans et même toute la vie. Ordinairement l'enfant succombe a la rétention d'urine, par infection urineiise, péritonite ou rupture de la \essio.

Dans ce cas, il y aurait a tenter de faire une voie artificielle a l'urine en créant un canal au lieuet place de celui qui devrai! exister. Si l'occasion s'en présentait, je n'hésiterais pk à le faire; je pratiquerais une ponction de la vessie dans la

direction de Purèthreet, par des sondes laissées à demeure, je chercherais à maintenir la formation du canal artificiel.

Voici un cas où, selon toute vraisemblance, il n'y a qu'une imperforation congénitale de l'urèthre chez une petite fille, et qui a parfaitement guéri. Il est seulement regrettable que l'auteur n'ait pas donné plus de détails sur l'état des parties.

Orservation II. — Une dame accouche, le li janvier 1867, d'une fille grêle, mais viable. Le médecin remarqua qu'elle n'urinait point en naissant, comme le font beaucoup d'autres. L'enfant prit le sein aussitôt qu'on le lui présenta. Le lendemain, le médecin apprit qu'elle avait pleuré toute la nuit. A ses questions, la garde répondit que l'enfant avait uriné; mais étant revenu le soir et ayant demandé à la mère s'il y avait eu émission de l'urine, il reçut cette fois une réponse [négative. 11 examina alors l'enfant, et n'y trouvant aucune trace de l'urèthre, il se mit à disséquer l'anneau, mais n'y découvrit rien d'anormal pouvant donner passage à l'urine. Alors, pour ne pas rester témoin inactif de la mort cruelle de ce petit être, il pratiqua la ponction entre le clitoris et le vagin, de la manière suivante :

A défaut de trocart ordinaire convenable, il prit celui de Récamier. L'enfant fut placée transversalement sur les cuisses de sa mère, qui maintenait le tronc et les bras, tandis qu'un aide tenait les cuisses écartées et relevées, et qu'un autre aide pressait légèrement sur Thypogastre pour tendre la vessie pleine d'urine. Appliquant alors la canule au point correspondant à l'ouverture extérieure du canal de l'urèthre, il la poussa lentement et pressa fortement sur les tissus jusqu'à les perforer, et jusqu'à ce qu'il la sentît placée sous la symphyse du pubis. Dans un second temps, il poussa le trocart dans la canule et avec la canule, jusqu'à ce qu'il lui parût arrivé au bord postérieur de la symphyse. Dans le troisième temps, inclinant l'instrument de haut en bas, et d'avant en arrière, il le poussa dans cette direction et arriva dans la vessie. En effet, ayant retiré la tige du trocart, il vit quelques gouttes d'urine s échapper par la canule.

Mais comme la canule était trop étroite pour permettre l'écoulement complet de l'urine, ou le passage d'une mèche, l'opérateur la retira immédiatement, introduisit à sa place une mèche qui fut laissée à demeure et prescrivit des fomentations émollientes. Une heure après, l'urine commença à couler et continua toute la nuit, sans aucun signe de douleur de l'enfant, qui teta et dormit alternativement. Les jours suivants, la mèche fut remplacée successivement par de plus grosses; l'écoulement de l'urine fut continuel. Mais le cinquième jour, la mèche tomba d'elle-même; et comme depuis cette chute, l'écoulement de l'urine avait été intermittent, on n'en remit pas d'autre. Le septième jour, l'émission de l'urine était réellement intermittente et ne paraissait pas provoquer de douleur. L'enfant continua de se bien porter (1).

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