‹ Traité pratique des maladies des nouveau-nésChapitre 414 sur 472 · PÉRIOSTITE AIGUË CHEZ LES ENFANTS · texte numérisé non relu

PÉRIOSTITE AIGUË CHEZ LES ENFANTS

Il y a une périostite aiguë et une périostite chronique. Cette dernière est toujours de nature scrofuleuse et syphilitique.

La périostite aiguë a été décrite sous les noms de périostite suppurée \wïI\o\\v , Pearson, Wiers, Bérard, Maisonneuve, etc.; nécrose aiguë par Boyer, etc.; d'abcès sous-périostiques aigus par Chassaignac(l); d'ostéite épiphysaire aiguë par Klose et Gosselin; d5 ostéo-périostite juxta-épiphysaire par Gamet; de décollement des épiphyses; d'ostéomyélite; de typhus des membres, en raison des phénomènes typhoïdes qui accompagnent ordinairement cette maladie; de médullite aiguë ou inflammation primitive aiguë de la moelle des os par Culot (2), etc.

Cette richesse synonymique indique notre misère nosologique ou, si l'on veut, l'incertitude cù se trouve encore la nosographie relativement à la nature du mal. Je n'ai pas l'expérience nécessaire pour résoudre définitivement ce problème pathologique, mais d'après les faits que j'ai observés je me rattache en ce moment encore à l'opinion de Chassaignac, qui considère les cas de ce genre comme étant une périostite aiguë produisant, selon son siège sur telle ou telle autre partie d'un os long, un abcès sous-périostique, une nécrose aiguë ou un décollement épiphysaire ; que cette maladie est habituellement très-grave et très-rapide, presque toujours accompagnée de phénomènes typhoïdes et compliquée de résorption purulente, d'endocardite secondaire et d'embolies granuleuses.

J'ai observé douze cas de périostite aiguë chez les enfants ; six à l'hôpital, et situés au fémur et au tibia, suivis d'un abcès sous-périostique considérable, tous suivis de mort en quelques jours, au milieu de phénomènes typhoïdes et emboliques; quatre en ville dont deux suivis de mort dans les mêmes conditions; l'un avec les docteurs Plomb et Maisonneuve, l'autre avec les docteurs Moreau et Barré; le troisième à la tête de l'humérus avec Lanelongue, le quatrième au péroné avec Delthil mais ceux-là ont guéri. J'en ai vu enfindeux autres à l'hôpital, qui ont été suivis de guérison. Dans l'un de ces cas, la périostite aiguë, située au tibia, a été suivie d'un abcès sous-périostique que j'ai incisé de bonne heure. Dans l'autre, la périostite aiguë occupant le troisième métacarpien, la face antérieure des os du tarse et la tête de l'humérus gauche, a guéri par résolution.

Habituellement, la périostite phlegmoneuse aiguë débute sous l'influence du froid ou d'une forte contusion, aidée d'un état dyscrasique rhumatismal ou scrofuleux. Mais souvent on ne trouve rien qui révèle avec quelque certitude l'existence antérieure d'un vice scrofuleux ni rhumatismal.

Ainsi, dans un relevé de quarante-sept cas publié par Culot, il en est vingt-deux qui résultaient d'une violence extérieure; douze attribués à l'action du froid; trois

(1) Gosselin, Clinique chirurgicale, de la Charité, 3e édit., Paris, 1878, Xouveau Diclionnarie de médecine et de chirurgie pratiques, Paris, 1878 t. XXV, art. Os.

(2) Culot, Thèse de doctorat.

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