PÉRIOSTITE AIGLE CHEZ LES ENFANTS
à la fatigue; trois au froid et à la fatigue réunis, enfui six qui seraient venus spontanément, c'est-à-dire sans cause appréciable.
Entre L'impression morbide et la réaction maladive, le temps est très-variable. Dans certains cas, c'est au bout de quelques heures qu'ont paru les premiers symptômes, et ailleurs il a fallu de trois à quinze jours écoulés entre la cause morbide et ses effets.
Alors, qu'il y ait ou qu'il n'y ait pas eu de cause appréciable pour favoriser l'apparition des accidents, apparaît une douleur locale.
Cette douleur, d'abord peu intense, devient assez forte: elle est continue, s'accroît pendant la nuit, s'exaspère par les mouvements et par le toucher, et elle est quelquefois intolérable.
Peu après la douleur apparaissent de la tuméfaction, de l'empâtement et de l'œdème plus ou moins profonds, selon le siège de la périostite, et il y a de la rougeur si l'os affecté est superficiel.
Chez quelques malades, il y a développement du réseau veineux superficiel. L'empâtement et l'œdème augmentent rapidement, puis il survient une fluctuation, obscure si l'os est profond, évidente si l'os est placé sur la peau.
A ce moment, il faut inciser largement l'abcès, et l'on en voit sortir du pus fétide ou inodore, parfois mélangé de gouttelettes huileuses comme l'ont indiqué Chassaignac, Andréa et Roser. Au fond du foyer, l'os est nu, et si l'abcès occupe l'extrémité de l'os, il y a souvent décollement épiphysaire ou envahissement de l'articulation par le pus.
Par l'incision, les douleurs cessent ou diminuent seulement; mais si la douleur persiste, c'est que la périostite suppurée se complique d'inflammation du tissu osseux caractérisant l'ostéomyélite.
Avec ces phénomènes locaux existe une fièvre assez vive avec une élévation de température pouvant atteindre 30 ou 40 degrés. Il peut n'y avoir pas d'autres accidents généraux, mais souvent le mal produit des phénomènes typhoïdes graves. L'enfant est très-abattu, dans un état d'adynamie profonde et son visage terreux exprime la stupeur. Quelques malades n'ont pas cette complication et la périostite reste locale et n'a pas d'autre retentissement sur l'organisme que l'état fébrile.
Habituellement il n'en est pas ainsi. Avec la stupeur, l'adynamie, le subdélirinm, la sécheresse de la langue et de la peau, la fuliginosité des lèvres, il y a un pouls dicrote très-fréquent, une chaleur très-vive, de la toux avec râle sibilant et ronflant dans les deux poumons, des urines épaisses, parfois albumineuses, et enfin une endocardite secondaire avec de la péricardite plus ou moins caractérisée. Dans ces cas, on entend un souille de la pointe au premier bruit et quelquefois du frottement, comme l'a indiqué M. Culot.
Dans cette forme typhoïde, la périostite suppurée est constamment mortelle, mais il y a des cas où la maladif conserve la forme inflammatoire sans complication. Alors elle peut guérir après avoir donné lieu à un abcès qu'on a pu ouvrir ou sans abcès, par résolution, ce qui est extrêmement raie KJose et Bœckel en ont cité des exemples. J'en ai vu un troisième.
Quand la périostite phlegmoneuse aiguë devient grave h qu'elle s'accompagne d'accidents typhoïdes, eUe tue par résorption purulente ou par embolies capillaires, ce qui est absolument la même chose, et la mort a lieu en trois jours (Bouchut-Boeckel); en cinq jours (Colson-Marjoliu ) ; en huit et dix jours, comme je l'ai vu avec le docteur Plomb et une autre fois avec l<' docteur Barré. Il est rare que, sous cette forme, la périostite suppurée puisse guérir; mais, quand cela se rencontre, il y en a pour longtemps, car l'os nécrosé doit être éliminé, ou, si l'épiphyse