‹ Traité pratique des maladies des nouveau-nésChapitre 416 sur 472 · EOUCHUT. — NOUV.-NÉS. — 7'" ÉDIT · texte numérisé non relu

EOUCHUT. — NOUV.-NÉS. — 7'" ÉDIT

a été décollée eii même temps que l'articulation a été le siège d'inflammation synoviale, il en résulte des fistules et des ankyloses qui sont de véritables infirmités.

Chez les enfants qui succombent, on trouve des lésions osseuses toutes spéciales et des lésions viscérales qui attestent l'existence d'une résorption purulente, ou, si l'on veut, d'un empoisonnement par embolies capillaires disséminées dans les poumons, les séreuses et les muscles.

Comme lésion locale, on trouve le périoste épaissi, décollé de l'os dans une plus ou moins grande étendue et l'os baigné de pus verdàtre. Le pus infiltre également le tissu cellulaire et le tissu musculaire des parties avoisinantes.

L'os est malade parfois superficiellement, et ailleurs dans toute son épaisseur. Il pénètre dans les canalicules osseux de Havers, dans les alvéoles du tissu spongieux et se répand dans la moelle centrale. C'est ce qui autorise les noms d'ostéo-myélite et de médullite donnés à cette maladie, dont le point de départ est le périoste.

Chez quelques enfants, la suppuration a gagné le lieu de jonction du cartilage épiphysaire avec la diaphyse. De là résulte la disparition de ce cartilage et le décollement de l'épiphyse.

Dans les os plats comme dans les os longs, les lésions sont les mêmes, et il n'y a que les conséquences qui puissent différer.

Avec ces lésions des os existent aussi celles des articulations du voisinage. Il peut n'y avoir qu'une arthrite contiguè, comme l'a dit Klose, mais plus souvent le pus s'infiltre dans l'articulation par perforation du cartilage articulaire et remplit la synoviale. C'est ce que j'ai vu à Sainte-Eugénie sur une jeune fille qui avait une périostite suppurée de l'extrémité inférieure du fémur.

Chez quelques malades, on trouve l'os nécrosé et des séquestres en voie d'élimination, mais il faut que la maladie ait duré longtemps. Ce sont des cas assez rares.

Gomme lésions générales des viscères, dues à la résorption des produits morbides sous-périostiques, voici ce qu'on trouvé :

Quelquefois la phlébite des gros troncs du membre affecté (Stone), ce qui explique les métastases cardiaques, pulmonaires et autres.

La suffïision séreuse des méninges, l'infiltration purulente de la pie-mère, avec purulence des veines méningées (Louvet), des abcès du cerveau (Stone).

Les poumons, remplis de noyaux d'apoplexie pulmonaire ou infarctus apoplectiques noirs, quelquefois décolorés au centre comme ceux que j'ai décrits pour la diphthérite (1), enfin de véritables abcès métastatiques (Chipault, Petit-Raymond, Stone).

Les plèvres remplies de liquide séro-purulent ou sanguinolent et parfois tapissées de fausses membranes.

Le péricarde, souvent distendu par du liquide séreux ou séro-purulent en quantité de \ à 500 grammes. Quant à ses parois, elles sont parfois recouvertes de fausses membranes irrégulières plus ou moins épaisses (Marjolin, Tavignot, Gadaud, Petit-Raymond, Giraldès, ïhaon, Stone).

La substance du cœur est molle, grisâtre, granuleuse et graisseuse, comme dans la myocardite du croup et de la diphthérite. Elle renferme des ecchymoses et souvent de petits abcès métastatiques (Gadaud, Stone, etc.).

Les valvules sont toujours malades, comme dans toutes les maladies graves de l'enfance, quelle qu'en soit la nature. La mitrale est toujours celle qui offre les altérations les plus fortes. Dans les cas habituels, c'est une endocardite végétante

(1) Bouchut, Traite des maladies des nouveau-nés. Voir le chapitre Diphtéritr.

Page 1