‹ Traité pratique des maladies des nouveau-nésChapitre 49 sur 472 · PHLEGMON DK [/OMBILIC ET PHLÉBITE OMBILICALE · texte numérisé non relu

PHLEGMON DK [/OMBILIC ET PHLÉBITE OMBILICALE

due à l'infiltration, dans les mailles de ce tissu, tantôt d'une matière amorphe plastique, tantôt d'une sérosité épaisse et trouble, quelquefois mêlée de pus. Nous n'avons jamais trouve de pus rassemblé en loyer, ce qui s'accorde avec le résultat des autopsies pratiquées par Trousseau et Bouchut. L'épaississement et l'induration étaient d'autant plus considérables qu'on se rapprochait davantage de l'anneau ombilical. V ce niveau, le péritoine présentait quelquefois une rougeur assez circonscrite, due à une arborisation vasculaire. Deux fois seulement nous avons trouvé une péritonite générale et bien caractérisée, il y avait en même temps phlébite de la veine ombilicale. Dix fois il y a eu péritonite partielle limitée à la légion ombilicale. Trois fois, dans ces cas, nous avons trouvé l'inflammation des parois artérielles avec production de pus dans l'intérieur des artères ombilicales. »

D'après Howitz, quand il y a phlébite, on trouve, outre la péritonite, « des collections purulentes dans les cavités articulaires ou dans les tissus ambiants des phlegmons superficiels ou profonds aux extrémités. » Ce médecin a vu un enfant dont les articulations temporo-maxillaires étaient remplies de pus, et sur les onze malades qu'il a observés, quatre fois on a constaté des accidents puerpéraux chez la mère. Tue de ces femmes même a succombé à la fièvre puerpérale.

Traitement. — Au début du phlegmon, les bains, les cataplasmes, les onctions simples d'axonge ou avec l'onguent mercuriel, les fomentations émollientes ou astringentes avec le tannin, peuvent être employés; mais ces moyens sont peu efficaces. Il en est de même de la solution de perchlorure de fer étendue d'eau, des pommades au nitrate d'argent, des vésicatoires sur l'ombilic, et de la solution de perchlorure de fer à l'intérieur, employés par Valette (de Lyon)(l). Aussi, après avoir mis tous ces moyens en usage, y compris la cautérisation avec le fer rouge, ce chirurgien a imaginé les cautérisations avec la pâte de chlorure de zinc, qui lui ont parfaitement réussi. Voici, d'après Meynet, la manière de les pratiquer: «Lue seule application a suffi dans le plus grand nombre des cas; rarement on a été obligé d'y revenir une seconde fois. La pâte caustique, étendue sur l'ulcère, concentrait pour ainsi dire l'inflammation, et avait pour premier résultat de la fixer au point cautérisé; en second lieu, elle modifiait la nature de celte inflammation, lui enlevait ses caractères spécifiques, si toutefois nous pouvons nous servir de cette expression, et la réduisait à une inflammation simple et franche. \près la chute de l'cschare, on pansait deux fois par jour la plaie avec du colon imbibé de perchlorure de fer, étendu de la moitié de son poids d'eau. En même temps, on employait des fomentations sur le ventre avec L'huile de jusquiame tiède; on combattait la constipation au moyen de quelques cuillerées de sirop de chicorée composé ou de légers lavements laxatifs; s'il y axait de la diarrhée, on administrait des quarts de lavement amidonnés et laudanisés.

Prophylaxie. — Le résultai du traitement curatif par les applications de chlorure de zinc a conduit Valette ù remployer comme moyen prophylactique, et il lui a semblé que c'était la un procédé avantageux à mettre en pratique, (-elle opinion repose sur un certain nombre de faits importants.

D'abord Valclle voulut qu'au moment de la naissance le cordon ombilical fût lié avec une compresse imbibée d'une solution de chlorure de zinc, I gramme sur H*n grammes d'eau. La maladie nvu fut nullement influencée. Mors Valette changea de manuel opératoire, et ayant choisi 'ri enfants, sur :2 l on fil la ligature avec un fil simple, sur les 21 autres on lit la ligature avec un fil enduit de pâte

(li Valette, Clinique chirurgicale de l Hôtel-Dieu de LyorC. Paris, 1875.

de chlorure de zinc. On avait la précaution de faire des mouchetures au cordon, afin que le canquoin pût agir sur les vaisseaux eux-mêmes.

Sur ces 21 enfants, un seul fut atteint de la maladie. Sur les 21 autres, 14 furent atteints plus ou moins gravement, un seul succomba malgré la cautérisation avec la. pâte de Canquoin. Si de nouvelles observations viennent confirmer ces premiers résultats encore trop peu nombreux pour qu'on en puisse tirer une conclusion positive, ce sera un procédé à introduire dans la pratique.

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