‹ Traité pratique des maladies des nouveau-nésChapitre 66 sur 472 · HYDRORACHIS, OL' 5PINA-B1FIDA · texte numérisé non relu

HYDRORACHIS, OL' 5PINA-B1FIDA

hydrocèle. La pression ne produisait pas de convulsions et il n'y avait ni paralysie ni autre symptôme indiquant une lésion de la moelle épinière. On diagnostiqua une hernie des méninges. Une première ponction avec l'aspirateur Dieulafoy eut Jieu le '29 et donna 400 grammes d'un liquide transparent, jaunâtre, très-albumineux. La compression fut établie avec des bandelettes adhésives et aucun accident ne s'ensuivit. Quelques jours après, la tumeur augmentant, une nouvelle ponction donna *25U grammes de liquide, et une troisième, faite le II d écembre, en donna -i25. L'anfractuosité existant entre la quatrième et cinquième vertèbre lombaire diminuait graduellement. Deux autres ponctions furent faites à deux jours d'intervalle et ayant donné 305 grammes de liquide de plus en plus albumineux. Après quelques légers accidents cérébraux, la tumeur ne se reproduisit plus et l'enfant se trouva guéri ! >.

Quelques chirurgiens font plutôt Y acupuncture que la ponction sous-cutanée. Ils suivent l'exemple d'Y. Cooper, qui, par des ponctions d'aiguille à coudre répétées tous les quatre ou cinq jours et combinées avec la compression, est arrivé à guérir plusieurs enfants. Robert et Rosetti, qui ont employé ce procédé dans des cas où il semblait devoir échouer, chez des enfants paraplégiques, ont cependant réussi. La compression peut être heureusement remplacée par les applications de collodion. Dans les cas heureux, le spina-bifida et la paralysie ont simultanément disparu.

3 Le séton, conseillé par Richter et Desault, ne trouve plus aujourd'hui de partisans. Il détermine dans la poche une inflammation qui peut s'étendre aux méninges et faire périr les malades.

4 L'excision suivie de suture a été inaugurée par Bramer; elle a été pratiquée par Trowbridge, et plus tard par Dubourg sur trois malades, et deux fois l'opération a été couronnée de succès. Ce médecin ouvre la poche et va fermer l'ouverture ra« /Indienne avec le doigt, puis il enlève par une autre incision ce qu'il y a de trop dans les parois, afin de pouvoir les abaisser et les réunir exactement sur le dos, au niveau de l'ouverture racbidienne, par le moyen d'une suture entortillée.

Royer (de .lonvillei a fait connaître (2) un succès obtenu par ce procédé modifié.

OBSERVATION V. — Enfant de trois ans. Lue première fois M. Royer avait fait la ponction de la tumeur située au niveau des dernières vertèbres lombaires. Le mal s'était reproduit. On fit une seconde ponction avec incision des parois de la poche près de la racine, et les lèvres rapprochées se réunirent par première intention. Il n'y eut aucun accident. La guéridon fut complète, et dix mois plus tard l'enfant étant mort d'entérite aiguë, on put constater que la guérison avait été obtenue par adhérence de l'extrémité terminale de la queue de cheval et des méninges rachidiennes avec la peau cicatrisée.

Un autre fait a été publié par \ott (3) :

Observation VI. — Lu garçon d'un mois présentait à la deuxième vertèbre lombaire une tumeur d'un pouce et demi de diamètre, presque circulaire, ayant trois quarts de pouce d'élévation. Le sommet était plat, de couleur rouge chocolat, et au centre il y avait une membrane-pellicule mince, translucide, large de trois quarts de pouce, à travers laquelle on voyait un fluide séreux.

On lit ileux incisions elliptiques autour de la tumeur, dans la direction de l'épine, qui fut disséquée complètement. Il y avait la peau du tissu cellulaire et les membranes île la moelle distendues par de la sérosité. Après avoir enlevé le sac, \|. flott lit une ouverture dans le canal de l'épine, large comme l'extrémité* du doigt. Une cuillerée de fluide s'échappa. Il réunit le^ bords avec une seule épingle, lit la suture entortillée et plaça du diachylon au-dessus et au-dessous.

(Ii Camara Cabrai, 0 Correio med., mars 1871.

f-2> Royer, Bulletin de l'Académie de médecine. Paris, 1855, t. XXI, p. 33. 3 > ■••. G i*ette médicale, 1856, j». lui

Le troisième jour le pansement fut enlevé. L'adhésion complète par première intention avait eu lieu, si ce n'est dans la portion comprise entre l'épingle et la ligature. Néanmoins la plaie guérit bientôt, et au bout de deux semaines tout était cicatrisé. L'enfant n'éprouva aucun trouble. Il dormit et teta comme à l'ordinaire. Après deux mois la guérison se maintenait complète.

5° La ligature circulaire peut être mise en usage, si la tumeur est pédiculée : mais c'est la un cas très-rare. Je l'ai fait une fois sur un spina-bifida de la région cervico-dorsale après avoir ponctionné la tumeur et l'enfant a guéri. J'ai retiré 50 grammes de liquide transparent, incolore, composé de 65 pour 100 d'albumine, de chlorure de sodium, de sulfates et de phosphates terreux. — Beynard(l) a fait la ligature linéaire au moyen de deux tuyaux de plume, maintenus sur les côtés de la tumeur par du sparadrap, et renfermant, à l'intérieur, un fil qu'on serre graduellement (fig. 9). M. Latil a modifié ce procédé, et il a remplacé les tuyaux de plume par des baguettes de bois percées de trous de distance en distance pour le passage du fil. Sous l'influence de cette constriction latérale, les médecins dont je parle ont vu la tumeur se mortifier Fie. 9. — Appareil et pouvoir être séparée au bout de quelques jours. L'adhérence à compression en- s'établit intérieurement au niveau du point comprimé, et la gué-

, . .; ? nson s obtient ainsi au bout de huit a dix îotirs. pour le traitement J

du spina-bifida. 6° Accotement. — Dubois a imaginé de combiner la ponction,

la lésion et l'accolement. Il vide la tumeur, puis il place à sa base deux lames de fer convexes, présentant à leurs extrémités un col pour recevoir des fils; il serre son pédicule entre les convexités des plaques de manière à produire l'accolement de la séreuse intérieure, puis deux épingles sont mises dans des trous pratiqués au milieu des plaques pour traverser la tumeur et provoquer une inflammation adhésive. Je préfère de beaucoup le procédé de Beynard et Latil, qui a de plus que celui-ci l'avantage de compter quelque succès en sa faveur.

7° Ponction et injection. — On a tenté de traiter le spina-bifida comme l'hydrocèle et comme l'hydrocéphalie, au moyen d'une ponction et de l'injection iodée. Plusieurs enfants sont morts, mais il paraît qu'on a eu quelques succès. Brainard, des Etats-Unis, en 1847, a publié le premier cas de guérison qui ait été obtenu par cette méthode (2).

L'observation a pour objet une jeune fille de treize ans, idiote et paraplégique, qui, après avoir subi quinze injections en dix mois sans accidents, a été guérie de sa tumeur et a recouvré en partie l'usage de ses membres inférieurs et de ses facultés intellectuelles. En outre, Brainard donne l'historique de trois autres cas de spina-bifida, où il a employé les injections iodées, et mentionne deux autres faits qui ne lui sont pas personnels. Dans les trois cas qui lui appartiennent, il y avait complication d'hydrocéphale ; chez un des enfants, la tumeur s'était rompue au moment de l'accouchement et la cavité était le siège d'une suppuration abondante. Les injections furent commencées chez lui et chez un autre à la naissance; chez le troisième, le traitement ne commença qu'à l'âge de trois mois. Les injections non-seulement ne produisirent pas d'accidents, mais amenèrent un changement rapide et favorable dans la tumeur. Il est vrai de dire que les trois enfants sont morts de convulsions ; mais il fout se rappeler qu'ils étaient hydrocéphales,

(1) Beynard, in Debout, Bulletin de thérapeutique, 1856, t. L, p. 505.

(2) Brainard, Bulletin de la Société de chirurgie.

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