‹ Traité pratique des maladies des organes sexuelsChapitre 21 sur 98 · BLENNORRHAGIE CHRONIQUE · texte numérisé non relu

BLENNORRHAGIE CHRONIQUE

« Je ne le pense pas, et sur ce point, je crois être d'accord avec la plupart des praticiens expérimentés.

N'oublions pas d'ailleurs, qu'une telle interdiction serait, en vue d'un danger le plus souvent imaginaire, la condamnation au célibat d'une notalile partie de la population.

u La blennorrhagie, est une maladie locale, coidplÈtement étrangère à la syphilis, dont elle ne peut être en aucun caf, ni lu cause ni l'efTel. Jamais la blennorrhagie n'est suivie d'accidents sj^ihili tiques. jamais la syphilis n'engendre la blennorrhagie. C'est là un fait sur lequel la science est aujourd'hui irrévocablement fixée. Un individu atteint d'une uréthrite peut, gans doute, communiquer une blennorrhagie uréthrale ou vaginale, mais rien de plus : et encore ne pourra-l-il le faire que dans certaines conditions, qu'il est toujours facile de prévenir et par conséquent d'éviter.

u C'est dans la matière purulente que réside exclusivement le pouvoir de la blennorrhagie, et encore faut-il, pour l'exercice de ce pouvoir, que l'écoulement en soit presque entièrement composé. Un écoulement formé de mucus pur, ou du moins, ne contenant qu'une proportion insignifiante de globules purulents, cesse d'être transmiasible. Or, n'est-ce pas là le cas de la plupart des écoulements chroniques, le plus souvent réduits à un sumlemenl muqueux incolore, transparent ou légèrement opalin, qui, par moments, vient humecter ou simplement coller l'une à l'autre les lèvres du méat ? Ce suintement, qui ne s'accompagne d'aucun phénomène inflammatoire

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sensible, qui ne gène en rien les fondions de l'organe, ne saurai! Être considéré comme une maladie proprement dite. Ce n'est plus en réalité qu'une simple hypersécrétion des follicules muqueux, une snrie d'habitude vicieuse prise par ces glandules de produire, en quantité un peu plua grande que de coutume, le mucus qu'elles sont normalement chargées de sécréter; ce qui explique, selon nous, l'extrénne difficulté que l'on éprouve à tarir ces suintements, l'habitude devenant, comme on le dit avec raison, une seconde nature.

« Quelquefois ce sont les glandes de Cowper ou la prostate, qui sont le siège de ces suintements ou écoulements muqueux (prostalorrhée). Un liquide incolore, filant comme du blanc d'teuf ou de l'eau de gomme, s'échappe de temps à autre du canal, principalement pendant l'émission des dernières gouttes d'urine ou pendant les efTorts de défécation. Mais ce n'est là encore, je le répète, qu'une sécrétion normale exagérée, un surcroît d'activité dans le fonctionnement de ces organes et rien de plus. C'est par centaines que je pourrais citer les individu.^! qui sont venus me consulter pour cette affection. La plupart en étaient atteints depuis fort longtemps, sans que l'état local de leurs organes sexuels, en eussent éprouvé la plus légère altération.

" Ces écoulements ou suintements muqueux, soit qu'ils proviennent des glandules de l'urèthre, soit qu'ils aient leur source dans les glandes de Cowper ou dans la prostate, n'étant pas contagieux, nous n'y voyons aucun motif pour interdire le mariage aux

RLENNORRHAr.lE CHRONIQUE individuB qui en sont affectés. Autant vaudrait éloigner du mariage les jeunes allés qui ont des pertes blanches, ce qui vraisemblablement réduirait le rôle de l'échorpe municipale au couronnement des rosières.

« Si, comme je viens de le dire, le euintemeot muqueux ne doit pas être considéré comme un motif suffisant pour inlerdirelemariage, il convient cependant de ne le permettre, en pareil cas, que sous certaine-i conditions et après avoir indiqué au malade quelques précautions indispensables. En premier lieu, on engagera celui-ci à profiter dii temps qui lui reste encore avant son mariage pour essayer un nouveau traitement; puis le moment venu, et si ce traitement n'a pas mieux réussi que les autres, à ne remplir ses devoirs d'époux qu'avec beaucoup de modération. Mettre un frein à ses désirs est ici, plus peut-être qu'en toute autre circonstance, la première loi de l'hygiène. C'est aussi un acte de prudence et de bonne tactique conjugale, que ne devrait jamais oublier le nouvel époux, alors même qu'aucun motif de santé ne lui en imposerait l'obligation.

Il Nous avons dit que c'est dans le globule purulent que réside exclusivement le pouvoir contagieux de la bleonorrhagie; qu'un écoulement réduit à du mucus pur ou presque pur cesse d'être transmissible. Mais il ne faut pas oublier que certains écoulements et même certains suintements muqueux peuvent, sous l'influence d'une excitation vénérienne trop vive ou trop prolongée, revenir en quelques heures, à l'état purulent. Les malades savent cela aussi bien que noue,

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