ALTÉRATIONS DES URINES
L'éreclion devient dans quelques cas douloureuse, lorsque le» traclus fibreux qui constituent le rétréeis- »emejil gônenl l'urèlhre pour prendre, en cet état, sa direction normale; elle peut même élre incomplète, si les brides fibreuses empêchent le s&ng de ^e répandre régulièrement dans les mailles du tissu sipontEiPO"- Lorsque le rétrécissement est très éliSjit, le ppenne ne sécoule qu'en havanl et seulemenl qui^lques minute? après l'accomplissement de l'acte vénérien, nu encore il tnmbe dans ta vessie et se raéle à l'urine. Les striclures uréthrales peuvent devenir ainsi une cau^e de stérilité.
Dans Ia période avancée des rélrécîssemenls, on obwrve presque loujoura nn écoulement muco-purulenl entretenu par l'irritation continuelle des parties de l'urèllire situées en arrière de l'obstacle; il ne faut pas conrondre cet écoulement avec relui de la bien-
Eée qui a été la cause primordiale de la lésion. urines, lorsque le rétrécissement est ancien, présentent quelques modiiications importantes; la veisiese vidant d'une manière imparraile, une certaine quanlilé d'urine séjourne dans le bas fond de C«t orçane, et y subit un commencement de décomposition ammoniacale. Reçue dans un verre à expérience, elle labse déposer lentement un abondant précipité formé de mucus mélangé de pus, de cellules l'-pithéliales et d'un très prand nombre de cristaux microscopiques de phosphate ammonico-magnésien. On aperçoit parfois encore, à ta surface du liquide, un*" pellicule îrisife de phosphate de chaux.
12 RETRECISSEMENTS DE L'UBETHBE
L'inflommalton chronique de lu muqueuse vésirali' [cystite] ou seulement du col de la vessie, esl une conséquence obligée de tout rétrécissemeDl uréthral de longue date; la grande fréquence des miclions, k néceenité impérieuse de les satisraire ritpidemeal, l'existence d'un catarrhe vésîcal abondant et enfin une' douleur plus ou moinu vive en urinanl el localisO? au niveau du pubis, Ront autant de symptômes qui en dépendent.
La difficulté des mictionspeut devenir excessive, el, dans quelques cas, il y a même impossibilité absolue d'uriner. Nous reviendrons plus loin, très en détail, sur celte grave complication des rétrécissements de l'urètiire.
Bien que la chose puisse paraître paradoxale, l'incontinence d'urine est, comme la rétention, une des complicaliona possibles des rétrécissements; en voici le mécanisme. La porlion de l'urélhre située en arrière du rétrécissement se dilate; cette dilatation gagne de proche en proche le col vésical qui. ne fonctionnant plus ainsi qu'imparfaitement, laisse échapper une p.irtie des urines. Quelquefois encore les parties profondes de i'urèlhre se sont tellement dilatées, qu'elles forment un diverticulum capable de contenir une notable quantilé d'urine; cette poche uréthrale se remplit à chaque miction pour se vider ensuite peu à peu, sans que le malade puisse rien faire pour s'y opposer.
Il est utile de signaler ici une cause d'erreur possible pour un esprit non prévenu ; on pourrait en effel, après un examen insnlllsant du malade, croire
BfiTENTION ET INCONTINENCE D'CBINE lï9
à une mcoDlinence d'urine, alors qu'il existerait en réalité une rétention. Dans la rétention d'urine, quand la vessie est arrivée à son maximum de distension, le col se laiEse entrouvrir peu à peu sous l'intluence delà pression, et une certaine quantité d'urine peut ainsi s'échapper, soit d'un seul coup, soit goutte â goutte, comme dans l'incontinence. Celte miction spéciale, dite par regoj-gemenl, s arréle lorsque l'équilibre est rétabli entre la pression intra-vésicule et la résistance du col ou du rétrécissement; la presque totalité de l'urine demeure donc, malgré les apparences, enfermée dans la vessie. 11 sulTit de palper la partie inférieure de l'abdomen, pour y sentir le ^lobe volumineux formé par le réservoir vésical distendu; on évite ainsi très facilement cette grave méprise.
La marcbe des rétrécissements, avons-nous dit, est toujours progressive, si les secours de l'art ctirurgtcal font défaut, et les troubles fonctionnels de plus en plus graves qui en dépendent se présentenl à peu près exactement dans l'ordre que nous venons d'indiquer. Les rélrécissements tendent donc certainement vers une issue fatale, sinon par euxmêmes, du moins par les complications qu'ils déterminent. Mais heureusement le chirurgien possède pour lutter contre eux, pour les enrayer et en suspendre les elTelg, un arsenal très varié, et des moyens d'action extrêmement surs.
Quel que soit le diagnostic qu'on ait à porter, en oiédeciae comme en chirurgie, ou doit toujours pro-
FtÉTRÉClSSEMENTS DE L'URÈTHHE
céder de la façon suivante : après un interrogatoire minutieux, le malade est examiné et, pour que cet examen soit complet, le médecin doit se servir méthodiquement de chacun de ses sens ; nous ferons cependant une exception pour le goût, bien que les anciens médecins, à défaut d'autre réactif, goûtassent les urines des diabétiques. S'agit-il d'un rétrécisse m entî On commence par interroger le malade sur ses antécédents, sur le nombre et la durée des blennorrhagies qu'il a contractées, enfin sur les différents symptômes, propres aux rétrécissements, qu'il peut présenter. Quand l'Interrogatoire est terminé, on doit déjà avoir acquis de fortes présomptions sur la nature de lamaladie, présomptions que l'examen direct va confirmer ou démontrer fausses. Par la vue, on se rend compte de l'état général et de différentes particularités extérieures; par le palper, on cherche à constatersi [a vessie ne fait pas au-dessus du pubis une saillie globuleuse, ai la région rénale n'est pas douloureuse, sionnesent pas de parties indurées sur le trajet du canal de l'urèthre; enfin dans presque tous les cas, on doit s'assurer encore, par le palper rectal, de l'état de la prostate. L'ouVe est ici de peu d'utilité, mais quels services ne rend-t-elle pas en médecine! Quant à l'odorat, il nous permet de nous rendre immédiatement compte de la fermentation ammoniacale des urines et, par conséquent, deleurélat de stagnation dans le réservoir urinairc.
Le complément inrii.'ipensable de tout diagnostic est la vérilicutiun directe ou Indirecte de la lésion,
DUGNOSTIC 13i
quand cela est possible; ici le calhélérisme explorateur de l'urèthre nous fournit cette preuve certaine. La première condition à remplir, pour faire ce que nous appellerons le diagnostic instrumental dus rétrécissements de l'urèthre, esl d'examiner lout d'abord d, malfcré les soupçons les mieuxjustifiésdu contraire,
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