INFILTRATION RAPIDE D'URINE
^ quelques mots. Le malade est atteint depuis un ou deox jours d'une rétention d'urine; il en supporte les ri?es scaffrances, espérant les faire cesser en prenant Un iNiin ou en usant d'autres moyens antiphlogis- 'iques, comme il y a d'ailleurs réussi dans des crises antérieures; il se refuse absolument à toute tentative de cathétérisme. Dans d'autres circonstances on essaye bien de le sonder , mais sans succès , et le médecin, éprouvant quelque appréhension à pratiqaer la ponction de la vessie, laisse les choses en l^^état, mettant son espoir sur le temps et le hasard. La messie se distend alors de plus en plus, remonte par- Tois jusqu'à l'ombilic et le malade n'urine pas une seule Soutte, à moins que ce soit par regorgement. Il présente tous les symptômes, il supporte toutes les souffrances que nous décrivions précédemment, quand tout à coup il se sent soulagé comme par enchantement; il éprouve la sensation d'uriner, et pourtant nen ne s'écoule au dehors. Triste illusion I car[bientôt ^ ce calme trompeur, succède un violent frisson, puis on ([onilement d'abord d'un blanc mat qui envahit le périnée, le scrotum et le prépuce; Turèthre s'^^st *n effet rompu et l'urine a été versée dans les tissus. Le plus souvent la rupture se fait immédiatement en arrière du rétrécissement, l'urine s'épanche dans ^* loge périnéale inférieure et de là s'étend rapidement au scrotum, au prépuce, aux parois de l'abdo- ^^n; elle peut même s'infiltrer plus loin encore, Jusque dans l'aisselle, par exemple, mortifiant tous ^^ tissus par son contact.
Si la déchirure uréthrale a lieu dans la loge péri-
COMPLICATIONS DES RÉTRÉCI SSEMEaîTS
iiéale supérieure, l'urine arrêtée, un certain IcmiJ* par l'aponévrose moyenne du périnée, se fraye un chemin en arrière contre le reclum et dans les feses iscli in- rectal es . Le gonflement œdémateux appareil alors au pourtour de l'anus et de là se répand dans le tissu cellulaire soiLs-cutanë.
Au frisson succède une fièvre brûlante; la peau. dans toutes les parties infiltrées d'urine, principalement au scrotum, prend une teinte d'un rouge cuim du plus mauvais aspect, puis se montrent de large plaques gangreneuses. Quand le malade survit à ce? accidents, on voit, au moment où les eschares Inislienl, apparaître de vastes surfaces tégumenlatre.= dénudées, el les testicules sont très souvent à nu, le scrotum ayant été totalement détruit. Le travail de réparation pour de telles lésions est généralemeiiltrei long, et il est à craindre qu'il n'épuise ce qui reste de force au malade. Cependant, lorsque tout marche bien, on est étonné de la facilité relative avec laquelle se comblent ces énormes pertes de substance. Après un certain temps, sous l'influence du travail de rétraction cicatricielle, qui attire la peau des parties voisines, restée saine, les cicatrices se réduisent àdes dimensions beaucoup plus petites que celles que pouvait faire prévoir l'étendue des lésions.
Le traitement de celle effrayante complication doil élre aussi énergique que le mal est redoutable. Toutes les parties touchées pur l'urine seront gangrenées; il faut donc, par de longues et nombreuses incisions, laisser s'épancher au dehors, autant que possible, l'u-