CHAPITRE XIV
CHANCRE STMPLE
- Cesi une maladie essentielle m en t vénërîenni! H jfique. — Virus chancreiii. — Les ii^liles ut \es bases uisent m vimienre. Mode do contagion. — La partie vi- Mente du pu» réaide dans ses éléments llffurés. — Orijtine du chancre simple. — E«l-il une aflection essentiellement distincte de la syphilis? — Sypbilisation. — Ce que prouve rinoculation, -■ Chancre mitte de Rollel. -— Dangers de llnoculalion employée comme moyen de diajtnostic. — Lieux d'tirctioD pour le d^Teioppincnt ilu chancre mou. — Le chancre mou fesl surtout propagé par la prostitution clandestine. — Variations du chancre mou suivant lus années;
tttudea nalisliqutjs de Mauriac.
Od désire soue le nom de chancre simple une all'ecgo locale, ulcéreuse el éminemment contagieuse, «tégeant presque toujours sur les organes sexuels et pouvant être inoculée et réinoculée indéfiniment sur le malade lui-Oiéme ou sur d'autres sujets. Le chancre simple est encore appelé chancte moa^ chancrelle (Diday). ckancroide (Clerc).
Le chancre simple est une aiTectiDn spécllîque, car [endré par contagion ou par inoculation, il reproit toujours un ulcère semblable à lui-même, avec
jâii CHANCRE SIMPLE
des caractères très tiels qui permellent, dsms la pari des cas, d'en reconnaître facilemenl la nati L'inoculation d'aucune autre mallëre organique, rulenle ou non, n est capable de reproduire l'uli tien caractéristique du chancre simple : c'est ]K\ sceau de sa spécificité.
Le chancre simple est une maladie vénérienne excellence, car, plus que toutes les autres, elle s contracte à la suite d'un coït impur. Tout homme atteint d'un chancre simple le tient d'une femme souillée de la même aifecLion.
Il est loin d'en être de même pour la blennorrhagic, et noua avons vu qu'une femme, absolument indemne de vaginite et d'uréthrite, pouvait, par défaut seulement desoins corporels, donner la chaudepissc. La leucorrhée, les écoulements vaginaux qui précèdent ou suivent les règles, les règles elles-mêmes, une excitation trop grande précédée de libations alcooliques, des coïts trop fréquemment renouvelés conslituent en effet des causes assez communes de blenot rhagie; mais on n'observe rien de semblable pi le chancre simple.
La syphilis peut se contracter en buvant dans verre malpropre, en se servant d'un inslrumentde musique à anche, d'une brosse à dents ayant appartenu â une personne syphilitique, en recevant surla conjonctive ou sur les lèvres une gouttelette de salive d'un syphilitique qui vous parle, en se faisant raser avec un instrument mal entretenu qui vient de sen à un individu contaminé, etc., mais il n'en estji ainsi pour le chancre simple.
ÉnoLor.iE
HSPoutefois, comme le pus du chancre cnnserve sa Kwnleoce pendant très longtemps, il est, à la rigueur, possible que l'on contracte cette alTection en s'expo- «ant à un contact as?ez prolongé avec une surface, quelle cpi'elle soit, qui aurait été maculée par la sécrétion d'un chancre mou. On a cité ainsi quelques rares exemple* de personnes devenues victimes de cet ulcère pour s'être assises sur un siège malpropre, où restaient des traces de pus de chancre simple, pour s'être revêtues de vêtements de camarades atteints de celte affection.
El pourtant une femme peut donner un chancre mou sans en être elle-même affectée ; mais cela n'est nullement une preuve en faveur de ses bonnes mœurs. En effet, une femme qui. peu de temps après avoir eu des rapports avec un individu affecté de chancres simples, se livre à une autre personne, peut lui communiquer des chancres sans être elle-même contaminée. Du pus virulent a été déposé sur la muqueuse vaginale par le premier occupant, sa^is que celte muqueuse, douhlée d'un fort épiihélium, ail éli^ inoculée, et le second adorateur a contracté ainsi le gprme morbide. Ce mode de contagion, moins rare qu'on ne pourrait le croire, a reçu le nom de conlagion médiate.
B pus chancreux ne se di.Mingue pas analomiqueit du pus ordinaire, et pourtant quelle différence I les effets! Il est plus ou moins épais, suivant
londance de la sécrétion; généralement il est séreux
issez fluide.
2f,ll CHANCRE SIHPLG
La virulence, c'est-à-dire hi proprîélé de reprodi une lésion en tout semblable à celle qui l'a engendri est la qunlilé dominante de celte sécrélion; au?$i quand elle a'inocule, peu importe la quanlîlé qui entre en jeu, qu'elle snil grande, qu'elle soit minime, qu'elle soit inânilésimsle, le résultat sera toujours le même. Avec les virus la dose ne fait rien, une quanlilé presque impondérable infecte la partie touchée, ou, dans d'autres affections, l'organisme tout entier, aussi bien qu'un fluL de pus. C'est çue le virus esl vivant, car il jouit de la proprit^té dominante de l'être vivant, celle de se reproduire, pourvu qu'il rencontre ua miiieu favorable âson développement.
Voici ce que mon père écrivait, à propos du virus syphilitique, quelques années avant la publication nu plutôt la popularisation des immortels travaux de Pasteur ;
« Se reproduire et se mulliplier à l'infini dans leurs transmissions successives d'un individu à un autre, lel est le caractère essentiel de tous les virus. Ce caractère les sépare nettement des poisons et des venins, qui jamais ne subissent dans l'économie ce mystérieux travail de reproduction et de complication,
« L'action spécifique d'un poison est toujours en raison de la dose ingérée ; celle d'un virus en est, au contraire, indépendante. La plus petite parcelle i matière virulente suffit pour transmettre la malu dont elle contient le germe.
'< En considérant que le virus syphilitique possij nu plus haut de^ré l'attribut fondamental des élp
viv«nt5, c'est-ft-dire In fnciiUé de se reproduire et de SH multiplier, il est permis de croire, bien que le microscope ne l'ait pninl encore démontré, que la 'Syphilis ëil de nature parasitaire '. "
Personne ne penae plus autrement aujourd'hui.
Cette citation, remarquable par sa date et la profondeur de vue qu'elle témoigne, peut s'appliquer exactement au chancre simple; nous n'avons à la modifier en rien.
Où répide l'atome virulent du pus du chancre «impie? On l'ignore encore, comme pour le chancre syphilitique; on sait cependant que c'est un élément figuré, car la sérosité pure du pus d'un chancre n'est pas inoculable (Kollel). Ce «avant expérimentateur déposa sur du papier Joseph du pus chancrcux, puis ayant frotté la pointe d'une lancette sur la sérosité qui avait trsnssudé de l'autre c(tlé de la feuille, il pratiqua une inoculation ; toutes les inoculations ainsi failea furent négatives.
Le D' Ed. Langleliert, s'appuyant sur des considérations théoriques, qu'il eM inutile de rappeler ici, avait déjà, dit que l'activité virulente du pus du chancre simple était inhérente aux globules.
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liquides physiologiques sont sans action sur la dence du pus chancreux, le sperme, l'urine, le >»ng, les sécrétions vaginales ne lemodiflent en rien.
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CHANCRE SIMPLE
ies, les baai^H iroprîété sp#i"
Les agents chimiques, lels que les acides, I les eBsences lui enlèvent aussitôt toute propriété s ciUque : ils forment, en conséquence, rappoinl principal du traitement prophylactique. La gangrène, comme nous ie verrons ullérieu rement, enlève eacore au puschancreux loul cnractère virulent.
Le pus du chancre simple, mCme lorsqu'il est desséché, peut conserver intact» sa virulence: Spérînn raconte avoir pratiqué avec succès une inoculation, en se servant de pus desséché sur la pointe d'une lancette depuis plus de sept mois. Cependant, d'après d'autres expérimentateurs, l'aciivité du pus serait détruite après une dessication lente de vingt-quatre heures.
Dilué dans une assez grande quantité d'eau, le pus conserve ses propriétés spécifiques. Si la masse d'eau est relativement considérable, il peut se faire qu'un grand nombre d'inoculations restent négalives, quelques-unes cependant seront positives ; car si les agents figurés du coulage sont alors Irés dispersés dan.* Ii quantité de liquide, il suffit d'en récolter un ■ la pointe d'une lancette, pour que l'inoculation réti sisse. (Expériences de Chauveau'.
Le siège de la contagion du chancre simple eM 4 sentiellement génital, et c'est pendant le coït, ou t tentatives de coîl, que le pus de l'un se dépose sui parties sexuelles de l'autre. Pour que la contam
lion «il lieu, il esl nécessaire que le microbe virulent trouve une porle d'enlrée, éraîllure, excoriation même imperceptible de la muqueuse ou de la peau, car il ne saurait se la créer lui-m^me. De ce principe découle une régie fondamenlale du traitement prophy- Iscliqiie.
Ricord a été d'un avis opposé ; il a prétendu que nulle solution de continuité de la peau ou de la muqueuse n'était nécessaire pour qu'il y eût contaminalion. Le pus déposé sur l'organe abBolumenl intact, y déterminerait, par son Acrelé. une légère inflammation laquelle, après un temps plus ou moins long, laisserail pénétrer le germe virulenl. Ainsi s'expliqueraient le* longues incubations, qu'on observe exceptionnellement avant l'éclosion du chancre simple, cl groupées par Ricord sous le nom de cnntagiim retardée.
Des expériences très concluantes de noire ami. le D* Jullien, iniirment celle manii'rede voir el démonmt péremptoirement la nécesî^ilé d'un foramen con- Ifiotum pour que le déveliippemenl du chancre "1 y a quelques années, dil-il, os avons inslilué un certain nombre d'expériences, r essayer d'éclnircir ce point d'éliologie. Du pus tncreux était déposé sur la face antérieure de la e : avec la pulpe du doigt nou= Trottions pendant B certain lemps. de Taçon à mettre le pus en rapt aussi intime que possible avec les éléments de la , et parfois même il nous est arrivé d'user la niche superficielle de l'épiderme. Nous recouvrions uuite la partie ainsi préparée avec du dîuchylon. BOr, dans les très nombreux essais que nous avons
CHANCRE SIMPLE
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ainsi lentes, il ne non» esl pas arrivé une ds voir seprodiiire lu pu?tule chancreuse. nous avons élé, dans un carlain nombre de cas, jusqu'à épilerla surface sur laquelle nùiis expérimentions, pensant ainsi nlTrir au virus une porte d'entrée, un fùramen contagiosum , sûr que nous étions de pouvoir, en cas d'inoculation positive, réprimer la poussée delous ces chancres profonds. Ëh bien, ce pus si acre, si irritant, a témoig'né dans celte nouvelk série d'expériences de l'innocuité la plus complète. Aussi serions-nuns disposé, non à rejeter d'une façon absolue la possibilité d'une contagion retardée, surtout quand elle s'exerce sur des tissus moins résistants que la peau de la cuisse, mais à lui faire jouer un rdie des plus restreints. Les cas dans 1 des sujets permet au pus de séjourner plusieurs joi même plusieurs heures sur la peau, ne sont pu tout prendre, hormis les cas de phimosis, nombreux, assex bien constatés, pour qu'il ne nous Boit pas permis de ne les accepter que sous bénéfice d'inventaire.' »
leursjOuB^^I sont pu S^Ê
Le chancre simple est-il une affection ancieni remonle-t-il à la plus haute antiquité? Est-il, traire, une maladie récente, postérieure à la ayphi son descendant dégénéré pour ainsi dire? Question portante pour laquelle on a soutenu les polémiques, les plus ardentes, et dépensé des trésors d'érudition. N'oubliant pas toutefois que noire traîlé des maladies