V UMCI3ME ET DUALISME
^Hfcs organes sexuels est surtout un livre de pratique ^■tfdicole, noua ne ferons que résumer le débat en ^Bpwlques mois.
^B- Bassereau ', élève de Ricord, établit le premier ^Pme distinction absolue entre le virus du rhanore ttmple et le virus du chancre syphylitique. Cette (^ua/c'ré était appuyée : t" sur l'antiquité du chancre simple établie par des textes nombreux, 2' sur des confnmlatinns cliniques qui prouvèrent que le chancre «impk, ne donnait jamais, par contagion, qu'un chancre simple; que le chancre syphilitique ne com- I auDÎquait jamais que la syphilis.
^■r Qerc *, dans un mémoire non moins i^mdil. et l'appuyant sur les descriptions des ulcérations du pénis que nous ont transmises les médecins de l'antiquité, nia l'exislence ancienne du chancre mou. En etTel, en regardant les textes d'un peu près, il est difficile de reconnaître la description exacte, précise du chancre simple, et si cette entité morbide spéci- Ù |ue avait réellement existé, nulle doute qu'elle n'aurait pft* échappé à la sagacité des médecins antélérieurs à la fin du xV siècle. Pour Clerc, le chancre simple, qu'il appelait ckancroîde, était le réiuUat de l'iiumtlation du chancre infectant sw un sujet qui a «1 qui a eu la syphilis constitutionelle. Ce chancre ae reproduÎAoit ensuite toujours sous sa seconde Torme.
eau. — Traité da affecliont fie la prau tymptoma- ■é dtta ^i/philis. Pari» tK32.
ilerc. — Du cha>i>-rt>idt. Paris, iitsj.
étendent <Ili|^| nent disUneUl
2A4 CHANCRE SIMPLE
Ainsi d'un côté \es Dualixtirs, qui prétendent q le virus du chincpe infeclant est ab-^oiiiment d du virus du chancre simple, de l'autre les f/m'ciites. qui admetlenl une aorte de Rliftlion entre les deux.
Celte dernière doctrine, aujourd'hui délaissée par un grand nombre desyphiliographes. mais à laquelle on reviendra peut-être, a été le poini de départ de la plus grande monstruosité médicale du xix' siècle, noua voulons parler delAsyp/ttlhation. Sous prétexte de défendre un malheureux contre les atteintes de la vérole, on lui inomlait sur toutes les parties du corps une quantité prodigieuse de chancres mous: un courageux expérimentateur. Lindmann. s'est inoculé ainsi environ trois mille chancres, ce qui ne l'a pas empêché de contracter la syphilis avec tout son cortège d'accidents secondaires.
Le moment est venu de parler d'une méthode expérimentale, qui a permis d'établir des distinctions nettes et précises entre les maladies vénériennes; nous avons nommé Vinacitlation . Hicord, h qui revient le mérite incontestable d'avoir reconnu et signalé toute la valeur scientIDque de celle méthode, n'a pas su cependant en tirer tout ce qu'elle pouvait donner et, chose plus grave, s'est trompé complètement sur la valeur des faits observés. L'inoculation lui permit cependant d'établirunedislinctionformelleentrela biennorrhagie, qu'on ne peut inoculer, et le chancre qui s'inocule et se réinocule sur le malade lui-même. Mais, choBecurieuse.il confondit sous la dénomination d ekmicre. le chancre simple et le chance infectai
• |iii Cf(»eri«i.int, au point df vu«' df l'iiio<Mil.iti«iri. -r comportent tout différemment. Par lui l^infection sjrphîlitîque fut attribuée, non à laqualité spéciale du Tiras, mais au tempérament et à la constitution des malades, créant un terrain plus ou moins favorable JL son déyeloppement.
Ricord, disons le à sa louange, ne pratiqua jamais que Tauto-inoculation. c^est-iVdire Tinoculation sur le malade même. Cette réserve, si honorable dans Texpérimentation, fut cependant cause d'une erreur d'interprétation des plus graves. Il constata en effet que leA accidents secondaires de la syphilis n'étaient pas auto-inoculables ; de là aies proclamer non contagieux il n'y avait qu'un pas, et le maître le franchit. On peut juger des conséquences funestes de cette doctrine, qui heureusement ne tarda pas à être vigoureusement attaquée et finit par succomber pour le plus grand bien de l'humanité.
C'est à mon père que revient l'honneur d'avoir déclaré le premier :
Que les accidents secondaires de la syphilis sont contagieux^ et qu'ils reproduisent par contagion, non un accident similaire, mais le rhancre syphilitique ou infectant^ lequel est toujours le point de départ de la Pfphilis ^
Ces vérités pathologiques ont depuis été mises en évidence peur de hardis expérimentateurs, au moyen
* Elirait des procès-verbaux imprimés de la Société médicale dn PutliAon, 1S56, p. 8.
CHAKGRE SIMPLE
de riiétéroinoculution. Empressons-nous d'ajouler que le D' Ed. Langleberl n'a Jamais eu recours à celle preuve scientifique,
L'inoculalioa se pratique avec une aiguille ou une lancelle dont la pointe a êlé trempée dans du pus virulent, puis on Insinue cette pointe sous IVpiderme où l'on dépose le virus. La piqâre doit être très surperliclelle pour ne pas donner lieu & une lésions profonde. On constate par cette méthode :
1* Que le pus du chancre simple est auto-inM lable et indéfiniment réinoculable.
3° Que le pus du chancre infectant n'est pas aof inoculable, mais qu'il est inoculable à un iodiri sain.
3° Que les accidents secondaires de la syphilis! sont pas auto-inoculables, mais qu'ilt< sont inociit&til et un individu sain, et reproduisent le chancre infectant.
V Que la blennorrhagie, quel que soit son siège, n'est point inoculable sur une pnrlie quelconque du corps, et qu'il en est de même pour les autres afre&tions vénériennes, telles que l'herpès, les végélalioHjfl
la balanite, etc. ^|
Ainsi le chancre simple est seul aulo-inoeulable el cela itidéllniment ; on comprend de quelle importance peut ëlre cette notion expérimentale pour établir un diagnostic précis dans quelques cas difficiles;
Cependant cette vérité pathologique n'est |