BUBON VIRULENT
Mais supposons que la cautérisalion destructive «it élé négligée, ou que, pour une des raisons exposées précédemment, elle ail élé rendue impraticable; que doil-on faire si un bubon virulent se déclare?
Le diagnoslic entre le bubon simple et le bubon virulent, étant à peu près impossible, avant l'ouverture de l'abcès ganglionnaire, ondevra donc, au moins jusqu'au moment ofi le bubon semble devoir fatalement percer, s'en tenir aux préceptes thérapeutique? que nous avons recoramtmdés pour le bulmn simple. D'ailleurs, quoiqu'on fasse, si le bubon e^l virulent on sait qu'il suppurera fatalement.
Lorsque la rapidité d'évolution de l'adénite in^inale, les symptdmes aigus, l'amincissement et la rougeur de la peau montrent que la tumeur est sur le point de s'ouvrir et qu'on a très vraisemblablement alTaire, eu égard à la rapidité et à l'acuité des manifestations morbides extérieures, à un bubon ciiancreux, il est prudent d'ouvrir ce bubon et de donner issue au pus virulent qu'il contient. Si l'on pratique la ponction avec le bistouri, celle-ci doit èlre petite, faite au point le plus ramolli et dirigée perpendiculairement au pli de l'aine, pour que la rétraction des libres musculaires la maintienne béante, et ménagLainsi au pus, malgré l'étroitesse de louverlure. une sortie facile. Mais on voit bientôt cet orifice s'agrandir, car ses bords s'inoculent au contact du pus, deviennent chancreux, et la plaie peut s'étendre ainsi sur toute la longueur de la tumeur, laissant après la guérison une cicatrice dilTorme.
Pour obvier à ce grave inconvénient, divers moyens
«nt été proposés; tels que la c.iulérisalion avec la IpUedeCsnquoin.en (iy<intsiiinirtinlever d'abord l'épidenne, ou avec la pâle de Vienne ; mais ces procédés sont lents, douloureux, lait^^ent après eux des cica- ■rices vicieuses, en un mot, doivent être compléfe- ^kneat rejetés.
^^p 'Od a encore essayé de passer à travers la tumeur ^^■A séton filiforme, mais cela ne iiaurail, en aucun cas, ^Bnpécher l'inoculation de la peau et toutes ses con- ^Lfiquences.
' Perfectionnant un procédé venu de Vienne, le D' Le Pileur a proposé d'aspirer, au moyen d'une aiguille creuse plantée dans la tumeur et d'un appareil appro prié, le pus contenu dans la poche purulente. Il faisait jûuite une injection avec un liquide antiseptique Inr détruire la virulence du pus qui, malgré laspiion. avait pu rester dans quelques anfractuosilés Eela cavité de l'abcès. Quelques succès {il s'agissait mpitibabtement de bubons simples) répondirent à ces ^Itatatives ; mais il y eut des échecs, car il était bien Ëcile de neutraliser ainsi complètement la virulence I pus. Et d'ailleurs, y serait-on même parvenu, que e du pus chancrelleux n'aurait pas été tarie Mr cela, car le pus du lendemain serait fatalement levcnu ce qu'il était la veille de l'opération, ''lorsque, le croyant virulent, nous noua sommes IScidéà ouvrir un bubon, nousempioyons le procédé ^uiTMDl. qui jusqu'à présent ne nous a fourni que iltieureux résultats. Après avoir taillé en pointe le boif d'une allumette, dont on a eu soin d'enlever le |iliosphore, on le trempe, pendant quelques instants,
BUBON VIBITLENT
dans de l'acide azolique monnhydralé. On l'applii^ue enatiile fortement sur le point de la tumeur jugé \f plus convenable pour faire la ponction. En imprimant ^ rallumette des mouremenls de vrille, on arrive facilement, aprèfi l'avoir retrempée une ou deux foi» dans l'acide, à perforer la peau d'ailleun; très amincie- Le pua s'écoule alors comme par une ponctiitn simple, mais il ne peut inoculer Ip.r bords de l'oriSce protégés par l'eschare que l'acide à formée. On se hAle alors, pendant les quatre ou cinq jours qui suivent, de faire dans la plaie des injections détersive* pour neutraliser la matière virulente. Puis, dans la suite, en cautérisant de temps à autre les lèvres de l'orifice, on cherche è éviter ou tout au moins à réduire à son minimum l'inoculation chancreuse. On peut encore, plus simplement, perforer le Liihoa avec la pointe rougie du thermo-cautère.
BUEtON SYPHILITIQUE ^^M
Il nous resterait encore, pour compléter ce chapitre, à parler du bubon syphitUiçue, de lapleiade ganglionnaire; mais celle étude ne rentrant pai^ dans le cadre de cet ouvrage, nous ne ferons qu'en indiquer sommairement les principaux caractères.
Le chancre infectant détermine une inQlt ration plastique ganglionnaire généralement double. Ce n'est plus un seul ganglion qui est ici attaqué, mais bien deux ou trois, quelquefois davantage, dons chaque aine, d'où le nom de pléiade donné t adénite spécifique.
Ilie bubon syphilitique ne suppure jamais, sauf !• exreplionDellement chez quelques strumeux, les Fianglioni' reslenl loujours distincts, il n'y a ni empalement périphérique notable, ni adhérence ou rougeur de la peau; enfin, l'indolence de ces ganglions hj-pertr*iphiés est complète.
Ces caractères sont suffisammenl tranchés, pour <)u'il soit inutile d'insister sur les signes difTérentiels des affections ganglionnaires aiguës de l'aine avec l'iaSltralion chronique ayant pour origine la syphilis.