PHYSIOLOGIE DE L'ERECTION
tractions du muscle bulbo-caverneux contribuent encore puissamment a la projection du sperme.
« Ainsi la région prostatique du canal de l'urèthre, dît M. Mathias Duval *, si importante déjà au point de vue de la miction, ne Test pas moins relativement aux fonctions génitales ; c'est encore ici le contact du sperme avec celte muqueuse qui détermine cette sorte de tétanos intermittent du sphincter uréthral. Aussi les altérations de la muqueuse prostatique ont-elles une grande influence sur le fonctionnement de Tappareil génital, et Ton voit ses afl'ections causer tour à tour et selon leur nature le satvriasis ou rimpuissance ou les pertes séminales. Depuis longtemps la chirurgie reconnaissant le rôle prépondérant de cette région, a trouvé dans les modifications de cette surface el parliculièrement dans la cautérisation avec la sonde de Lallemand, (aujourd'hui remplacée par notre porte-topique uréthral, page M\), un des plus puissants moyens de réagir contre cette dernière affection. »
La connaissance exacte de la physiologie de Térection nous permet maintenant de grouper en trois grandes classes les difl'érentes causes (lui peuvent déterminer l'impuissance à un degré quelconque, suivant qu'elles dépendent :
V De troubles ou lésiom du système nerveux;
â" De troubles de la nutrition en général ;
3" De lésions locales de l'appareil g énito-ur inaire.
* Mathias DuvaL — Manuel de physiologie de Kuus.
L'impuissance, liée à un éUl spécial du System nerveux, reconnaît deux ordres de causes très tîiffil rents, suivant qu'elle est déterminée par des désordi psychologiques ou pathologiques. La première vé^ riété, ou impuissance par cause morale, impuùtane^rimaginaire élant de beaucoup la plus commune et li^»plus intéressante, nous occupera tout d'abord.
Les individus, et ils sont nombreux, qui deviennen ■^ impuissante par le seul fait de leur imaginatioc:^^ doivent être répartis, au poinl de vue du trait emen^^H en deux catégories bien distinctes. Les uns sont ÏDI^^I puissants seulement parce qu'ils croient l'être, et n -^Êt rapportent leur triste état à aucune affection des nr— ganes sexuels ; les autres voient au contraire dans I plus petit suintement uréthral, diins quelques sei Butions à peine perceptibles, dilfuses ou localisée^^=-:des organes génito-urinaires, une cause probabKTlti d'impuissance, et, poursuivis par cette idée Bx^' -"■ finissent par devenir réellement impuissants.
Pour les malades de la première catégorie, n ^ im impression purement morale, telle que la crainte p^ -^er \ sistante d'une défaillance de l'organe au moment dv
PAR CAUSE MORALE 397
coït, est la cause unique de rimpuissance. Le plus souvent, en effets en toute autre circonstance, les érections se produisent facilement et parfois même, pendant le sommeil, à la fin d'un rêve, sont suivies d*éjaculation.
« L'homme dont les désirs, dit F. Roubaud * que nous aurons bien souvent l'occasion de citer, ont une fois trouvé, pour une cause quelconque, des organes rebelles, lâche généralement la bride à son imagination qui frappe le malheureux d'impuissance, selon l'expression de Virey, par la crainte même d'être impuissant. »
Les exemples d'anaphrodisie par cause morale sont nombreux ; nous en rapporterons quelques-uns.
Un jeune homme, grand et beau garçon de vingtsix ans, doué de toutes les apparences de la force et de la virilité, avait, après une cour assidue de plusieurs mois, obtenu d'une femme du monde, me dit-il, la promesse d'un rendez-vous à huis-clos. Mais, le moment venu, l'idée qu'il allait enfin posséder cette femme si longtemps désirée, le remplit d*un trouble et d'une émotion tels, qu'il fut pris immédiatement d'une syncope locale, dont rien ne put le tirer à temps... si bien que la dame en fut pour ses frais el dut s'en aller comme elle était venue, laissant le malheureux en proie à la honte et au plus poignant désespoir.
Ce fut en vain que, les jours suivants, il essaya de
*P. Roubaud. — De ^impuissance et de la slcrililé.
398 IMPUISSANCE
aeconâoler dans des rencontres moins émouvantes, où il espérait retrouver son calme et sa virilité d'autrefois. Chaque tentative de ce genre devenait pour lui 1& cause d'une nouvelle déception et d'un surcroît de chagrin. Lorsqu'il était seul et qu'il s'abandonnait h des idées lascives, ses organes ne poraisHaient avoir rien perdu de leur activité; mais.dee qu'il se trouvait en présence d'une femme, fut-ce même d'une de ces créatures vénales auprès desquelles il est si facile de
ir de sa mésaventure lui
et aussitôt s'éteignait
ins, toute puissance d'y
e mettre à l'aise, le souvenir revenait fatalement à l'esprit, en lui tout désir ou, du i satisfaire.
Au bout de six mois, et malgré tout ce qwe j'avais pu faire pour chasser de son esprit celte énervante obsession, mon pauvre client donnait des signes d'aliénation mentale. Il avait pris en horreur toutes les femmes et ne parlait de rien moins que de !<e suicider. Heureusement pour lui la guerre venait d'éclater; il partit dan» un bataillon de mobiles, nù il se sera montré, j'aime à le croire, aussi ferme e* courageux devant l'ennemi, qu'il était faible e' timide devant le beau sexe. Je ne l'ai plus revu.
Je citerai encore le fait suivant que j'ai observé â' y a quelques années, et quia eu d'ailleurs une meil — leure terminaison.
Un dimanche malin, un monsieur se présente che^ moi et demande à me parler avec une telle insistance' que mon domestique, violant pour lui sa consigne. I* reçoit et l'installe dans mon cabinet. Un instant après.
PAR CACSE MORALE 399
ê me Irouvais en présence d'un homme d'une Iren- ~t8ine d'annéi:s, d'une lournure distinguée et paraissant fort ému.
— Docleur, me dil-il, voici ce qui m'amène chez vous, et me servira d'excuse pour Être venu voua déranger â celte heure matinale. Je me suis marié hier; j'ai eu soin de ne pas me fatiguer h ma noce où j'ai observé la plus grande sobri<>lé, tenant à éviter tout re qui aurait pu me gêner dans l'accompliEsement d'un devoir pour lequel je voulais me réserver tout entier. Et cependant, la nuit venue... imposîîble!.. Et jusqu'au lever du jour oii je pus enfin quitter cet enfer, moi qui avais rêvé un paradis (textuel). je dus me résigner k ne donner à ma jeune femme, que j'aime tant, d'autre témoignage que celui d'un tendre respect! J'ai trente ans, ma santé est eicellente, et jamais pareille chose ne m'était arrivée. Que faire, docteur, que faire î Comment sortir de cette situation qui ne pourrait, en se prolongeant, que me couvrir de honte et de ridicule?
— Monsieur, lui dia-je, il faut rentrer chez vous et vous dire indisposé.
— Oh! docteur, la chose est faite... Vous devez comprendre que, malgré la certitude morale que j'avais, — la seule, hélas 1 que je possède encore, — de l'inexpérience de ma femme, j'ai dA invoquer un prétexte.
— Eh bien I vous continuerez à être indisposé, et, pour mieux soutenir votre rôle, vous prendrez la potion que ja vais vous prescrire, potion qui, d'ailleurs, possède une certaine vertu aphrodisiaque. (C'était
IMPUISSANCE
un mélange iiisignifianl d'eau distillée et d'une leinlure aromalique.) Mais, a]ouUi-je convaincu, il importe, pour en assurer la réussite complète, que vou^ couchiez ce soir avec votre femme, en prenant In ferme résolution de résister à vos désii-s, au moins jusqu'à la nuit suivante.
— Je vous le promets, docteur, mais je crains fori, hélas I que mon obéissance à celte dernière recommandation ne me coûte pas une grosse dépense de volonté.
Le lendemain, mon client revenait tout rayonnant de joie. Il m'upprenait que ma potion avait si bien réussi, du premier coup, qu'il lui avait été impossible de tenir aa promesse... C'était bien là le résultat que j'attendais. En lui recommandant d'entrer dans le lit de aa femme avec la ferme volonté de résister k ses désirs, j'avais délivré son esprit de la crainte d'un nouvel insuccès, laquelle crainte n'eût pas manqué de reproduire chez lui l'état d'impuissance dans lequel l'avait jeté, la veille, une trop vive émotion. (D' Ed. Langlebert '.)
Ainsi, une émotion trop vive, mais surtout une timidité exagérée faisant naître la crainte de ne pas sortir à son honneur de ce genre de rencontre, deviennent, le plus sou vent, la cause de cette impuissance momentanée, qui n'est rendue définitive que par le» tableaux sinistres que nous trace l'imagination dévoyée, comme dans notre première observation.
] rapports a
i>AH CAUSE MORALE
I Celte défaillance est encnre particulière aux nou- X eljeunes maries, ainsi que cela est décrit dans la secnnde observalion; celle remarque d'ailleurs ne date pas de nos jours. Montaigne, dans le pas!:ag<> suivant, plein de finesse gauloise et de sens pratique, a parfaitement résumé toute la thérapeutique de l'impuissance imaginaire à l'usage des gens mariés :
« Les mariez, le temps estant tout leur, ne doibvent ny presser ny taster leur entreprinae, s'ils ne sont prests : et vaull mieulx faillir indécemment à estrener la couche nuptiale, pleine d'agitation et de fièbvre, attendant une et une aultre commodité plus privée et moins alarmée, que de tumber en une perpétuelle misère, pour s'estre eslonné et désespéré du premier refus- Avant la possession prinse, le patient se doibi, à saillies et divers temps, legieremenl essayer et offrir, sans se picquer et opiniaslrer à se convaincre définitivement soy mesme '. »
L«s passions violentes, l'amour, la haine peuvent amener pareille défaillance. Rien d'élomiant pour les sentiments de répulsion et d'antipathie entre personnes (le cas n'est malheureusement pas très rare) forcée* quand même de s'unir par lesliens du mariage. La médecine est naturellement ici hors de cause, j'ajouleraî même qu'il est de règle, en pareil cas, de voir cet le impuissance,touterelative, disparaître immédiatement en dehors du Ut conjugal. Mais l'amour, cet excès de passion quinousfaitconvoiler ardemment une femme.
ItUoQtiigne. — Esiaii. (Ibid.)
iai
IMPUISSANCE
qui fait que son image vienl chaque nuit hanler nos rêves et nous donner souvent l'idée exacte de la possession complète I Peut-on comprendre que, le moment venu où celte femme si désirée, si attendue s'abandonne. devienne, dans qtielquescas.cetuidu plu»: cruel supplice, la fermeté de l'organe se trouvant en raison inverse de l'excès de la passion 1 : « Si la morale et les devoirs du mariage, dit F. Roubuud, neiéprouvaient formellement un semblable expédient, je dirais avec Montaigne, qu'on ne peut trop se lasser de citer en pareille matière : .1 J'en sijay ù qui il a servy d'y n apporter le corps mesme, demy rassasié d'ailleurs, a pour endormir l'ardeur de cette fureur, et qui par •I J'aage se treuve moins impuissant de ce qu'il e^l « moins puissant ' ».
On voit encore cerlains hommes d'un esprit délicat devenir totalement et délinitivement impuissants vi»à-vis de leur propre femme, après avoir été injuriés ou blessés par elle dans leurs sentiments les plus chers. J'en sais un qui ne put jamais revoir sa femme, celle-ci, pour un fait des plus futiles, l'ayant traité de l&i
Aut qu6d in ambiguo veibum juculaia reliquit, Quod cupido adQxum <\ordi vivescil, ul iguiK.
(LtCK^E, lÎT. IV, De naluM rer.
cMH
Un défaut de propreté, la vue des règles, une cause de répulsion quelle qu'elle soit, même momenlanéa.
PAR CAUSE MORALE
peuvent agir de même chez certainea personnes k imagination vive.
Nous Eîgnulerons seulement tes cas d'impuissance par sorcellerie : les noueurs d'uiguilletle si célèbres au moyen âge, et même longtemps apr^s, les lagm da l'ancienne Rome, etc.. Tout cela n'a plus qu'un intârèl historique, bien que je ne puisse aiUrmer cependant que pareille croyance ne se retrouverait pas encore au fond de quelques provinces.
Nous ajouterons enfin à toutes ces causes d'impuissance par cause morale, l'impuissance passagéreou permanente déterminée par une grande frayeur ou un immense chagrin. F. Roubaud rapporte dans son livre si remarquable le fait d'un père qui ne pût Jamais exercer le coU après la mort de son fiU, et celui d'un homme qui, échappé miraculeusement à l'accident du chemin de fer de Versailles, devînt dès lors impuissant.
Quant à l'autre variété des malades, nous pourrions mieux dire de nosomaneu. qui rallacheut leur impuis- «ance à une lésion des organes génito-urinnircs, elle est de beaucoup la plus nombreuse.
Souvent ici l'impuissance, en réalité de cause purement imaginaire, aura succédé, comme dans le premier cas, à un échec au moment du coït, échec que le malade mettra naturellement t^ur le compte de son affection uréthrale ou prostatique, réelle ou supposée. Delà à se persuader que désormais il est devenu déOnitivemenl impuissant, il n'y a qu'un pas, et le patient le franchit toujours, on pourrait presque dire d'une
MPUISSANCE
façon inévitable. En d'autres circonstances, il racontera que son impuissance est survenue progressivement; que depuis très longtemps, il n'a pas eu de rapports sexuels et qu'il se sent incapable d'en avoir, que sa prostate ou son urètlire sont le siège des ulcérations les plus graves ; enfin, il vous peindra son existence, ses douleurs, son état misëiable sous les couleurs les plus sombres, laissant même parfois percer l'idée du suicide.
Traitemeni de l'impuissance par cause mor et phospliore, phosphiire de linc. — For ports de rimpuissauce temporaire chei li^ le ntariage.
Le traitemeni de l'impuissance par cause morale, lorsque le malade croit son impuissance idiopathique, c'est-à-dire qu'Une la rattache à aucune lésion des organes génilo-ur inaires ou d'autres organes ou régions éloignés, tels que le larynx, les oreilles, le sternum, (cela a été observé), est entouré des plus grosses difficultés. En pareil cas le médecin doit avoirdeux objectifs distincts: i" agirsurl'imagination, 2° relever momentanément l'aptitude aux fonctions sexuelles, par l'action de médicaments spéciaux, les cantharides et le phosphore en particulier.
Comment agir sur l'imagination ? On y arrive de différentea manières : on peut chercher à annuler ses fâcheux effets par un détour habile. Dans ce but, on
PAR CAUSE MORAFJ:
(loil (ii'lHcher l'esprit du malade, le moment venu, de l'objet unique de se» iirénccupalions, comme dans Dolre seconde observation. Le médecin peut encore tenter de pri>duire une impression vive sur l'imagination par l'autorité et l'accent convaincu de ses paroles ; en lin mol. il cherchera h rendre à son client la con- Gunce perdue, en le persuadant par ses artirmations qu'il est certain du succès et que la guérisan plus ou moins prochaine e^t assurée. Cette certitude, il devra même, jusqu'à un certain point, la partager, car c'est 1.^. comme en toute chose, le seul moyen de convaincre. Si, par hasard, ce qui est de nos jours esceplionnel, l'impuissance semblait liée dans l'esprit du malade h quelque phénomène mystérieux, & quelque croyance superstitieuse, c'est en agissant dans le même sens sur l'imagination, c'est-à-dire par des pratiques superstitieuses, qu'on pourrait tenter d'en détruire le fâcheux effet. Montaigne ' a rappelé le cas curieux d'un traitement de ce genre qu'il a appliqué lui-même à un comte « de très bon lieu, dont il estait fort privé et où le succès feut complet ». Il est vrai que les manœuvres de sorcellerie étaient plus en créance du temps de Montaigne qu'aujourd'hui.
11 est souvent difTicile et même dangereux de Iresser à l'intelligence, d'essayer de prouver par le >nnement que i impuissance n'aétéque passagère Vt acci^ientelle, que c'ewt un phénomène qui ne se produira plus, si h malade se sent la force de se dérober h son obsession. Mieux vaut cent fuis, comme
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I* Montaitnip. — £.".
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IMPUISSANCE
nous le conseillions plus haul, Trapper immédialemeut un coup énergique sur l'imagination même. Si vous cherchez à le convaincre, le malade vous écoutora. entrera mémedans vos vues, approuvera forl la sagesse de vosdétluclionstendanlà lui montrerque, s'il possède loin des femmes lousles altribuls de la virilité, il est forcément capable de les conserverauprès d'elles. Tout cela sera euperbe pour un instant; mais à peine tous aura-t-U quitté, que toute cette belle logique s'effondrera et que l'imaginatioa impârleuse sera redevenue maîtresse.
En résumé, nous chercherons surtout, dans le traitement de l'impuissance par cause morale, à agir vigoureusement sur l'imagination , par des moyenH directs ou détournés. Mais l'épreuve est périlleuse pour le patient et pour le médecin ; aussi le moment doit-il être bien choisi, le malade bien préparé, pour qu'un échec, ici presque irrémédiable, ne vienne pas lui enlever toute confiance.
Le rdia du médecin se bornera donc, pendant les premières entrevues, à étudier le tempérament de son malade, à lui prescrire des toniques s'il (isl d'apparence lymphatique et débile, à le calmer, au contraire, par l'usage des antispanmodiques, s'il parait très nerveux et impressionnable et, dans quelques cas beaucoup plus rares, à combattre les elTets d'une pléthore sanguine.
La malade est-il un artiste, un homme de letlr un gavant, car l'impuissance par cause morale n'A pas rare chez ces privilégiés de l'esprit? On à» tout d'abord exiger une trêve momentanée auxn
PAB CAUSE MHRALE 1,01
tvaux de l'inlelligenoe, dont l'excès même est louen pareil cas, la cau^e de l'impuiniance. Le patient mëne-t-il une vie retirée? On lui conseillera immédialemcnl le grand «ir, des dislraclions nombreuses, un vov&ge, parliculiërement aux bords de la mer, dont il prendra des bains pendant la saison, en un mot un changement complet d'existence. Abusel-d des exercices pbjsiqucs, du cheval, des armes, des voyages, des veilles, etc. ? C'est une vie plus régulière et surtout moins de fatigue musculaire qui seront recommandés.
■ Quand toutes les fonctions sont bien en équilibre. ^Hks 1b malade, dont ta santé est redevenue meilleure, B^nprÎB coniiance, ot espère voirbienf^t disparaître Bon état de faiblesse, le moment d'agir est venu. Certains réveils spontanés du sens génital, qui a été laissé au repos le plus absolu pendant toute cette période préparatoire de traitement, sont encore du meilleur augure. Il faut alors, une fois celle détermination prise, annoncer à votre client sa guérison complète ou sur le point rie l'être, et rompre le charme, pour ain^i dire, en lui fournissant la preuve de votre affirmation, en lui permettant, en lui con- -.«iUant même de tenter un raiiprochement sexuel. ^p^our que l'épreuve soil rendue sinon plus probante, ^^noinj plus certaine, il est bon d'aider les forces "Iwiaissantes du malade par le secours d'un breuvage dit aphrodisiaque. J'ai recours, dans ce but, à l'action irritante spéciale des cantharides sur tes organes gél^ux ; j'en prescris la teinture dans une potion slilaote. Ce médicament, administré en poudre, est
IMPUrsSANCE
en efTet dangereux, car une petite Traction de cett4t poudre peut s'arrêter sur un point quelconque de b muqueuse du tube digestif et y déterminer une irrita' tînn vive.
La formule suivante eat une de celles qui noua i fourni les meilleurs résultats :
Eau de menthe 60 gr.
Sirop simple ou d'oranges amères. 30
Teinture de vanille i
Teinture de canlharides . . . 4 à 20 goût. A prendre par cuillerées à dessert, chaque cuillerfti à une heure ou une demi-lienre d'intervalle.
Dans certains cas, où le système nerveux parât très afTaîssé, il est utile d'associer l'action de la nob vomique h celle descantharides.
Eau de menthe 60 gr.
Teinture de vanille ou de cannelle. i Sirop simple ou d'oranges amères. 30
Teinture de
Teinture de canUiaride.^ . .
A prendre comme la précédente.
4i iOgouL
Si l'action des canlharides était mal tolérée, 0 aurait recours au phosphore qui, ingéré dans l'orgl nisme, jouit des mêmes propriétés stimulantes sur li organes sexuels.
Les préparations suivantes peuvent être recommaa dées:
Ether phosphore , Enu de menthe . . .
Sirop de gomme .
Une cuillerée toutes les beii
1 çr.
PAU CAUSE MORALE
Les capsules de Mebu uontenanl cliacunt un miUigraiBint de phosphore dissous dans l'huile. Dose, de deux à dix capsules par jour.
Le procédé le plus commode, le moine dangereux itsurlout le plus maniable, celui auquel nous avons toujours recours quand noua avons jugé utile de rescrire le phosphore, consiste dans l'ingestion jour- ■neliére d'un certain nombre de granules de phosphure Fdexinc. Le phosphure de zinc, dit le regretté profes- \ Kur Gubler, n'a pas d'autre action que celle du phosphore en nature, seulement il a Tavuntage d'être moins irritant pour le lube djge^tir et de ne dégager le phosphore qu'en petite quantité â la fois. Le phos- . ;^nre de zinc est en effet une préparation peu stable, li se décompose rapidement et dégage du phosphore Il contact du suc gastrique.
Le phosphore, à dose physiologique, agit comme stimulant difTusible: il active la circulation du mg, élève la lempi^rature. augmente les sécrétions t développe l'excitabilité nerveuse avec prédomïe marquée sur la sensibilité génésique. Les can- Urides. au contraire, délermineni une irrilalion »le du col de la ve!*sie. et secondairement le priaieme et le satyriasis. D'une façon générale nous is duDC le pho.<!phore pour un usage régulier 1 devflDt se prolonger un certain nombre de jours, et les cantharides ptmr oblenir un effet local énergique. L'irritation de la muqueuse des voies urinaires, au contact des principes acres des cantharides éliminés wr les reins, empêche, en effet, de prescrire ce mé-
tio
IMPUISSANCE
ce ^H
dicamenl d'une Taçon suivie , à dose réellemei active.
Pour luUer contre rirapuleeance par cuuee pi ment morale, nous aurons recour.* lie préférence r&ction plus prompte, plus spécifique des cantharii C'est elle qui permettra à l'infortuné malade imaginaire de réagir, par la certitude de l'erOcacité du remède, contre la torpeur où le condamne son imagination. Si. aidé de ce breuvage, il arrive à vaincre sa chimère, k faire acte de virilité, à partir de ce jour, pa confiance en lui-même reparaissant, il pourra ôtre considéré comme guéri. Peul-élre sera-l-il obligé de continuer quelque temps encore l'usage de l'aphrodisiaque: mais alors on prendra soiu d'en diminuer singulièrement la dose, de le rendre inoffensif, car la croyance du malade dans Cénergiede la potion suffira amplement pour en asswer l'effet.
Le traitement de la secnnde variété d'impuissants imaginaires, de ceux qui ratlacbent leur état de faiblesso locale à une afTectinn des organes génilo-urinaires, présentera en général moins de difficultés et plus de certitude. Le rôle du médecin, en pareil cas, est d'entrer dans les vues de son malade, d'examiner avec un soin minutieux les organes génitnux, et d'instituer le traitement de l'affection qui lui a été signalée et qu'il aura chercbé k reconnaître, (Voyez, le traitement de la blennorrbée, des alTectinns de la prostala des rétrécissements de l'urèthre, etc.)
11 n'est pas rare alors, si toutefois vous aver si vaincre voire client, de voir les fonctions génitalesd
PAR CAUSE MORALE
r<!tablïr pen à pea, à mei^ure que, pnr un traitement régulièremeol suivi, le malade arrive à croire h sa gu^rison prochaine, et que eon esprit se trouve ainsi en partie délivre de l'obsessiun incessante qui l'accablait. Dans le but de rétablir plus promplement et plus sûrement Tinléi^rilé de la fonction, il sera bon, dans quelques cas seulement, et vers la lin du traitement, rie faire encore un usage modéré des préparations aphrodisiaques.
Nous terminerons l'étude de l'impuissance temporaire, par cause morale, chez les jeunes gens, en citant l'opinion émise à ce sujet par le D' Langlebert '. Le moyen de traitement qu'il propose peut paraître étrange au premier abord, mais rationnel en y réfléchissant : c'est le mariage. ■ De nombreux moyens, tant physiques que moraux, ont été proposés pour en conjurer les effets (de l'impuissance par sympathie morale), mais son meilleur et plus sûr remède est le mariage. Loin donc d'en détourner ceux qui sont atteints de ce genre d'impuissance, il faut, au contraire, les engager à renoncer aux aventures de la vie de garçon, qui ne pourraient être pour eux qu'une source perpétuelle de déceptions et d'ennuis. Je n'ai pas besoin d'ajouter que ce conseil ne devra élre donn* qu'après avoir acquis la preuve que l'impuissance en question dépend bien évidemment d'une cause morale, —M dont il sera toujours facile de s'assurer par l'examen ■ÉB organes, et par un intcrnigatoire d'oît résultera la
I D* E4. Langlebert. — La sj/pliilis dam s'.i rappia-ls aret le
IMPUISSANCE
certitude que les dëf ni] lances doul se plaint le m alaàe n'ont lieu que dans certaines circonstanccB parliculiëres, en dehors desquelles il retrouve tous les attributs de la virililë. »
Ici se termine l'histoire de l'impuissance par cause morale et de son traitement. Les longs dévelnppements pathologiques et thérapeutiques dans lesquels noua sommes entrés, la variétédes procédés de traitetementque nous avons exposés sontjustifiés par la fréquence de cette nosomanie singulière, qui, malheureusement, frappe de préférence les personnes d'un esprit distingué, d'un caractère impressionnable, d'une imagination vive et ardente: « Je suis de ceulx. disait Montaigne ', qui sentent très grand effort de l'imagination; chascun en est heurté, mais aulcuns en sont renversez. Son impression me perce ; et mon art est de luy eschapper, par faulle de force à luy résister. • Et mon art est de luy eschapper, loal le traitement de l'impuissance par cause morale est compris dans cette phrase.
Médicaments ou allmenUt réputés B|ihrodiiiiaqu?s, Iiré« des Iroia règnes de la nature, végétal, animal el minéral. — Formules. — Moyens mécaniques de iraiieinent, loiign» Iroidea. hïdrothérapie, massage et IVictions. nagellation, ui'UcatiOii, lUmigations aj'omaljques, douchas d'air rhaud.
Parmi les médicaments réputés aphrodisiaques, nous n'avons cité que les cantharides ou te pliu»-
' Montaigne. — Estais. [Iliid.)
TllAITEM ENT
phore. car ce sont prpiique le» seuls usités de nos j jonm. quand on veut obtenir uu effet énergique surla 1 Knsibîlité génitale. Mais: le nombre des agents aphro- I disiaques internes ou externes est considérable, et noue- ] allons, tant à tilre de curiosité que dans un réel intérêt Uiérapeutique, en énumérer quelques-uns qui ont été fort en usagedans l'antiquité : certains d'entre eux sont d'ailleurs encore employés de nos jours en Orient ou même dans nos climate. Nous emprunterons en grande partie cette nomenclature pleine d'intérêt, aux ouvrages des docteurs F. Roubaud, J.Rouyer
^F Les aphrodisiaques sont tirés des trois règnes de la nature:végétal, animal et minéral. 11 faut yjoindre encore, pour compléter la liste, le:^ moyens mécaniques divers mis en usage pour solliciter l'érection. ^H Un grand nombre de plantes, par leurs différentes ^Biparties, tiges, feuilles, fleurs, fruits ou racines, jouis- ^^nent de propriétés aphrodisiaques ; citons parmi les ^Bprincipales : la truffe, la sarrietle, le poivre et les aro- ^^bnates divers ; la cannelle, le girolle, le thym, lu ro- ^Btqsette, le gingseng, la graine d'ortie, l'asperge, la ca- TOtte, le raifort, le poireau, l'ail, le cresson, le safran, l'aurone, l'armoisej la rue, la ssbine, la garance, la myrrhe, l'albékenge, le câprier, le fenouil doux. etc.
I F, Roubaud. —TmiU de l'impuitiance et de to ttérililé chet tkomme et ehei la femme.
J. Rooyer.— Eluda midicales eur l'ancienne Home. Bouu. — toi'i des fonctions de reproduction chez loua lei étrei I, principalemenl cha rhomme et chtt la femme.
IMPUISSANCE
La truffe, prise en certaine quanliltï, produit une excitation générale de l'organisme favorable au dôveloppemenl du sens générique; l'usage peul en être recommandé aanâ InconvéDient.
La sarriette (famille des labiées) . la roquetlo {eruca mtiva, famille des crucifères) RonI des plantes stimulantes dont les propriétés aplirodisiaques êlaient très en vogue dans l'antiquité.
Leur emploi est aujourd'hui abandonné. ^Ê
Noua nedironsriendu poivre et de^ditTérenlaépices ou aromates ; leurs propriétés sont sufflsammenl connues. Us peuvent être recommandés si l'eslumacles supporte facilement.
L'armoise (af/emtsi'avu/^aris.familla des composées), est un stimulant général analogue à l'absinthie, qu'on prescrit surtout comme emménagogue, sousforme de teinture, en sirop (trente à soixanlo grammes) ou en infusion (cinq à dix grammes pour un litre d'eau).
La me {ruia grave olens, famille des rutacées) d'une odeur désagréable ; elle agil j'i la fois comme irritant
TRAITEMENT i\b
et comme Etimulanl général. Elle exerce une action spéciale sur la contraction des fibres utérines, d'où son emploi en thérapeutique comme emménagogue; iIoBe en infusion : deux à quatre grammes dans un titre d'eau; peu employée.
La sabine {juniperus sabt'na), famille des conifères), action analogue à celle de la rue, dose : de un à deux grammes en poudre dans lea vingl-quatre heures.
La garance {rubia tinetorum, famille des rubiacées) possède de légères propriétés diurétiques et stimulantes; peu employée.
La myrrhe {baUamodendron myrrha, famille dea térébinthacées), active les fondions digeslives et agit comme stimulant el emménagogue, dose:qualreàhuit grammes de teinture dans une potion.
h'alkékenge [physalis alkékengi, famille des bolaoées), vulgairement le coqueret. Ses baies sucrées et acides sont servies comme comestibles en Angleterre et en Allemagne; elles seraient légèrement aphrodisiaques.
Le câprier [eapparis spinosa, famille des capparidées). Les jeunes boulon» de fleura confits dans le vinaigre servent de condiment ; légères proprié tés excitantes.
Le fenouil doux {fœniculutn duke, famille des ombellifêres). On emploie surtout la racine, dont Oïl tira une huile essentielle qu'on prescrit à la dose de deux K vingt gouttes dans une tisane.
Leginieng {pannx çuinque folium, famille des ara- ■ lifteée$) plante de l'extréme-Orient, très vantée comme
^rodisiaque par len médecins chinois. On ne lui re-
416 IMPUISSANCE
connaît pas les mêmes propriétés dans nos pays ; son nom chinois indique la ressemblance de la racine de la plante avec des cuisses d*homme.
L'infusion de graines dC ortie [urttca dtotca, famille des urticacées) serait un aphrodisiaque puissant. Elle semble agir plutôt comme diurétique ; dose : quinze grammes de semences pour cent grammes d'eau ; faites infuser pendant une heure, édulcorez avec sirop cent grammes (Bouchardat).
Sunt qui praBcipiant berbas, satureia, nocentes
Sumere ; judiciis ista venena meis ; Ant piper urtic® mordacis, semine miscent
Tritaque in annoso flava pyrethra mero.
(Otidb, Art fTaimer, liv. II.)
(II en est qui te conseilleraient de prendre des berbes nuisibles, la sarriette, car, d'après ma propre expérience, ce sont là des poisons ; ou le poivre mélangé à la graine de l'ortie brûlante et le pyrèthre fauve écrasé dans un vin vieux.)
Le raifort [cochlearia armoracia, famille des crucifères); les racines (radis noir) sont employées comme condiment ; elles entrent pour une grande partie dans la préparation du sirop antiscorbutique
Le safran {crocus officinalis famille des liliacées),esl plutôt employé comme emménagogue ; dose : une pincée de safran (un gramme) pour une tasse d'eau bouillante.
'L'aurone mâle ou citronnelle (artemisia abrotanum, famille des synanthérées), est un stimulant général; ses feuilles froissées entre les doigts exhalent une odeur agréable de citron. On la prend en infusion théiforme.
Dans le règne animal, on trouve* comme possédant des propriétés aphrodisiaques, les poissons et particulièrement leur laitance, les moules et les huîtres, Tambre gris, le musc, le castoreumetenûn les cantharides qui, sous ce rapport, sont, comme nous le savons déjà, de beaucoup les plus puissantes. L'ambre gris, le musc, le castoreum entrent dans un certain nombre de préparations aphrodisiaques.
Enfin le règne minéral fournit le phosphore sur lequel nous avons suffisamment insisté.
Voici quelques formules célèbres dans lesquelles entrent la plupart des substances qui viennent d*ètre citées.
Pastilles du sérail (Dorvault) :
Vanille 8 j;r.
Musc 4 décigr.
Cannelle 4 gr.
Safran it
Ambre gris 4
Girofle 4
Cubèbc 30
Gingembre 12
Mar.is 23
Mucillage à Teau de rose. . . q. s.
Faites des pastilles do 0 gr. 15 qu'on peut dragéifler.
Diablotins (Virey) :
Mastic en larmes 12 gr.
Poudre de safran oriental . . 8
— de musc 4
— de gingembre ... 2
l» IMPUISSANCE
Poudre d'ambre gria , , . . 0,1 décigr. — de girolle . . . • • ^ (;r.
Sucre e:i poudre SOO
lurusion de Teucrium amarum. q. s.
Faites des (ablettes de la dimension ordinaire d!>s pastilles.
Baume de Giléad de Salomon :
Cardamone 30 gr.
Cannelle. ... ... 30
Baume de la Mecque ... S Teinture de canlliarides. . . i
Alcool à 21* SOO
Sucre Ï50
One cmlleréa à c&té dans du vin généreux.
Tablettes deGingseng :
Sucre en poudre '2,300 gr.
Vanille en poudre .... 610 Ging-seng en poudre ... SO Mêle:t et ajoutei :
Teinture de cantharides. . . 1(1 pr. Huile essenliellede cannelle. . 15 p)uUes.| Teinture d'ambre concentrée. 10 gouttai Mfileï de nouveau avec un murilape d( adraganle, et faitus diis lablellcs de ) gr. Cin^ six par jour.
Pastilles aromatiques :
Prolosulfale de Ter H |
Teinture de cunlharides ... I
Sucre en poudre 200
Mucilage à la cannelle . . . q. s Faites des tablettes de 1 gr. Cinq ou six par joui
TRAITEMENT Poudre stimulante :
Sucre vanillé SO gr.
Sriï; : : : : ; l"-
Ambre gris 1
Diiiset en seize paquets
Tîn Aphrodisiaque :
D prendre dciu ou trois
Caonelle 30 gr.
Giiig^ng .• . 30
Rhubarbe. ....... 30
Gousses de vanillo 30
Vin de Malaga t litre.
Faites macérer pendant quinze jours ces substance dans iv. vin, en ayant soin d'agiter chaque jgur. Fil trez et ajoutez quinze gouttes de teinture d'ambre.
EUxir aphrodisiaque :
-Ambré gris 2 gr,
Aloès 6
Benjoin <S
Uusc . ........ 0,01 centig.
Pileï le tout ensemble et versez dessus quantité /•afflsante d'alcool, de manifero à noyer la masse Ihites chauffer BU bain de sable, filtrez et mettez en -bouteilU que vous boucherez hermétiquement ; dose : I quatre à six gouttes dans du bouillon.
Pfttion aphrodisiaque :
it eiiraiiealtu formulftire ma-
m IMPUISSANCE
KoqueUc i i;t.
Muscade 3
Ecorce d'oranges a mères ... 2 Faites une pution qu'on aronialiscra avec quelqol poulies d'alcoolat de mélisse'.
Ether phosphore i.50 cenlid
Teinture de canlUarides . . . Ib (louUei.J
Teinturede vanille
Teinture de coccinelle. . . .
Elirait de noix vomique. . . 0,l5ceatt|
Sirop simple q, s.
Eau distillée 3iS gt.
A prendre par cuillerées à honcbe d'heure en b trois ou quatre heures a.vant le coll. (F. Roubaud.) 1
Teinture de myrrhe 6 gr.
Teinturede canlharides. ... 8
Etber phosphore i
Huile volatile de sahitie. . . >
— de rue . . , jââi gouttes.^
— de lomarJD . • • Eau vulnéraire 30 gr.
Faire des frictions, une heure avant le coil, périnée et la base de la verge. (F. Houbaud).
11 Ces deux prépuralions, qui m'ont rendu de grands services toutes les fois qu'il s'est agi de déta miner une érection passagère, peuvent et doivent étjj modifiées selon une foule de particularités îndji4 dueiles qu'il est impossible de rapporter, et dont J médecin est seul juge. » (F. Roubaud ').
■ Ces trois formules sont tirées du livre du Dr B toQctioDs de reproduction.
■ Roubaud. — {llnd.}
tCes préparalMiis aphrodisiaques, sartonl celles ntenant des caniharides et du phosphore et qui sonl de beaucoup les plus actives, devront être prescrites avec une grande prudence, car l'excès ou l'abus dans leur emploi peuvent provoquer de graves désordres, survenant soil immédiatement, soit après un certain laps de temps. Avec les cantbarides on peut redouter des accidents parrois graves du côtéda tube digestif, des reins et du col de la vessie. Les aphrodisiaques, d'une façon générale, ne devront donc ôlre recommandés que temporairement, à titre d'aides, d'excitateurs momentanés et on les interdira dès que les forces du malade seront suflisamment améliorées pour qu'il soit certain de sa guérison prochaJne.
La parure, certains détails de toilette ou de deshabillé, chez la femme, sont aussi un bien puissant aprodisiaque.
Sic poilus nos uret amor quant Torlibus berbis
»Qua5 maga lerribili siibsocat arte manus. Nec vos graminibus, nec miito crédite succo NflcUntsLe nocenc viruB amanlis equie.
' (Ovide, len Cotmitiijua.)
(Ctsi ainsi que celle vue nous embrase plus sbrement dc« Feux de l'amour gue les herbes piriKunles cueillies par la tnain dfi sorcières. N« croyez pas aux vertus des platilea ni aux breiivajre* rails avec leurs sucs itn^lanj^^s et n'essayetjamnii puissance de rhippoitiane d'un" ' — " "'"' — '
:n chaleur.)
Mais insister davantage sur ce sujet serait peut-dLre p extra-mêdical.
*32- IMPUISSANCE
Les tluteitrs rapporlenl quelques observations d'ac cidents mortels survenus à la suite de l'absorpUoé d'uuedose trop élevée de cantharides. Nous en troai^ vons quelques exemples célèbres dans le livre d D' Bossu :
■ Le voluptueux Lucullus et le poète Lucrèce i pirèrent au milieu de transports frénétiques { avoir pris des breuvages hippomaniques.
« Ambroise Paré raconte qu'une courtisane ayw administré une potion canlharîdée à son amant, poi le rendre plus amoureux, l'infortuné fut atteint i priapisme et mourut d'hémorrhagie uréthrale.
H L'acteur Mole dut la mort à une potion sel blable.
« Un de nos bons compositeurs, l'auteur de yorand!!^,^ fui ëgalemeut viclime d'un aphrodisiaque incei diaire.
« Un pauvre homme d'Orgon en Provence, dit le^» docteur Cabrai, ayant par le conseil d'une vieille^^ femme, pris une potion faite avec des semence^^^^ d'ortie, des ciboules el deux drachmes de cantharides—— -
devint d'une salicilé si furieuse qu'il répéta l'acle vê^
nérien trente fois en deux nuits, et qu'il en mourut
Evidemment cet homme éprouvait, dans ses Irons
ports maladifs et forcés, plus de douleur peut-êlrfc=^ que de plaisir. Autre molif de ne pas rechercher de;^^^
jouissances qui ne sont pas approuvées par la nu
ture. »
Les moyens mécaniques destinés à combatire Tin» puissance réelle ou imaginaire sont nombreux et ont ,
sur la plupart des précédents, l'avantage de n'agir que localement. L'application rie quelques-uns d'entre eux esl assex facile pour constituer de simples soins hygiéniques, et doivent toujours et dans tous les cas être recommandés. Ces derniers consistent en lolions Troides faites matin et soir, avec une grosse éponge, sur le périnée, la verge, les bourses, en un mol sur les parties du corps inférieures àrnmbilic. La lotion doit durer une ou deuxmïnutes et la température del'eau varier entre dix et quinze degrés; d'ailleurs, plus l'eau est froide mieux cela vaut. D^s que l'ablution est terminée, le corps doit être frotté vigoureusement avec un linge de toile, ou mieux avec une flanelle chaulTôe, pour obtenir une réaction vigoureuse.
Si l'impuissant réel ou imaginaire doit tenter le coTt, il est bon de lui recommander de ne faire son ablution que quelque temps seulement avant le congrès, de se servîrd'eau froide additionnée d'une ou deux cuillerées d'alcool de menthe, la sensation de froid puis de chaleur et de picotement déterminée par l'action de la menthe étant dus plus favorables pour atteindre le but proposé. L'eau simple peut être remplacée avantageusement par une décoction de quinquina ou de cascariile.
Il va sans dire que l'hydrothérapie, sous forme de (touches périnéales, aura, par non action tonique et répercutante, une efficacité plus grande que celle des simple» lolions froides, elle devra donc leur être préférée. Je ne parle ici que des douches locales, l'by-
^—^l^rapie générale devant être comprise dans le
^^hulement tonique.
,2. IMPUISSANCE
Le massage, les friclioDS sèches ou humides^ Tacupuncture, rélectropuncture, ont été tour à tour vantés comme des moyens énergiques de combaltre Tim' puissance, puis délaissés bientôt. On les avait vite reconnus peu pratiques et en réalité peu efficaces. Une exception doit être faite cependant pour les frictions sèches ou médicamenteuses sur la colonne vertébrale, sur le périnée et la base de la verge. Les frictions ainsi pratiquées, avec une pommade excitante ou de rhuile cantharidée ont, dans un assez grand nombre de cas, rendu de réels services,
La flagellation opérée sur les lombes au moyen de verges, parfois trempées dans du vinaigre pour en rendre les blessures plus cuisantes, est un procédé par trop extra-thérapeutique pour que nous y insistions. Toutefois, le D' F. Ronbaud, pensant avec raison que la médecine, comme Molière, avait le droit de prendre son bien partout où elle le rencontrait, songea à réhabiliter la fustigation et à en faire un instrument de thérapeutique et non de libertinage. Au lieu de verges de bouleau, il fit fabriquer une verge métallique formée de fils de difl^érents métaux et, par conséquent, susceptibles de dégager par leur choc de Télectricité. Les malades étaient fustigés lentement et méthodiquement sur les lombes et les fesses jusqu au moment où la peau commençait à rougir. Cette action rubéfiante, fréquemment répétée et continuée un certain temps, finit par modifier heureusement Texcitabilité de la peau et simultanément celle des organes génitaux.
Pour montrer la fureur jusqu'à laquelle certains débauchés peuvent pousser l'abus de la fuettgation, nous emprunterons au D' Roubaud la citalion suivante Urée des œuvres de Pic de la Mirandole.
« Je connai« el il existe encore un homme dont le lempéraïuent nmoureux et les excès n'ont peut-ôlre jamais eu d'exemple : il ne peut caresser une femme mal^é la violence de aes désirs, s'il n'est auparavant fiisti^çé. En vain sa raison lui fait regarder comme un crime ce niflinement de volupté, sa fureur pour ce cmel plaisir est telle qu'il encoiirajçe lui-même et accuse de mollesse celle qui le fouette, lorsque In fatigue ou la pitié lui font ralentir ses efforts. Le palîeDt n'e?t au comble de ses plaisirs qu'en voyant ruisseler le s^mg dont une grêle affreuse de coups a niuvert leji membres innocents du libertin le plus l'ffréné. Ce malheureux réclame ordinairement pour ce service, avec les plus instantes supplications, la main de la femme avilie dont il veut jouir, lui donne lui-même les verges qu'il a fait tremper dès la veille rlnns le vinaigre, el lui demande à genoux la faveur insigne d'être ainsi déchiré. Plus elle frappe avec violence, plus elle ftcquîerl de droit à son amour et »i sa reconnaissance, en lui rendant des feux qu'il n'nvail plus, jusqu'à ce que ledernierpériode delà souffrance el répuisement total de ses lorces lui fassent goûter In plénitude de la volupté en égale proportion. Trouvez on seul homme pour qui le comble de la douleur el cette espèce de torture doivent être celui du plaisir. M «i d'ailleurs il n'es! pas enlièremenl cornimpu. lors-
L*urtication est una variété de flagellation où les verges sont remplacées par une poignée d'orlies fraiches. L'éruption, 1» cuïgsoii ardente déterminée par la suc de la grande ortie, produisent une excitation vive mais passagère des organes génitaux. Celte pratique est d'ailleurs, comme la précédente, plutôt du domaine du libertinage que de la thérapeutique.
La Qagellalion et Turticalion étaient paralt-il, très en honneur dans l'antiquité; citons comme exemple ce passage de Pétrone.
Nasturtii suecum eum abrolono mùcet, perfusisque inguinibus vteh, viridis wlicx fascem comprehendit , umniaque tnfra umbiiicum capit lenla manu ccedere. (Rllle mêle h t'aurona le suc du cresson, et, après l'avoir répondu sur les régions inguinales, elle saisit une poignée d'orties vertes et commence à m'en frapperlentement aurles parties situées au-desaoua de l'ombilic.)
Nous ne dirons qu'un mot des substances excitantes
appliquées en suppositoire ; procédé dangereux et répugnant, contre lequel ne reculait cependant pas la lubricité antique.
Pruferl Enothea scorteum friscinum, quod, ul olea et minuto pipere alqite uriicœ trilo circumdedil semint. paulathii ctepii inserere ano meo. Hoc crudelimimaanu» spargit tubindt humore femina mea (Pétrone).
Nous ne ferons également que signaler la ven-
edeMondat.au moyen de laquelle on faisait le
itje autour du pénis pour attirer le sang dans les
MUS ëreclîles. P. Roubaud l'a remplacée heureuse-
snt par l'application sur la verge d'un cataplasme ioapUé. Ce proci^dé qui lui a rendu, dit-il, quelques irvice8. exige une grande surveillance, Le sinapisme ^t être retiré dés que le patient commence à perce- [ère sensation de brûlure, au bout de dix DÏnutes environ.
Les fumigations aromatiques, les douches d'air Aaud appliquées directement sur les organes géni- Ktmx jouent un r6!e important dans la thérapeutique ( l'ansphrodisie. Le procédé le plus simple pour ire ces fumigulions est de placer un brasero sous e chaise cannée et d'y jeter de temps à autre les piaules (baies de genièvre, sommités de menthe. tbym, lavande, romarin, citronnelle) qu'on veut brùlar. Le malade s'assied alors, la moitié inférieure (lu tronc et lesjambcs enveloppées dans une couverture qui entoure également la chaise et est nouée à la ceinture. Les organe^t sexuels se trouvent ainsi tUrectement exposés aux chaudes fumées aromatiques B>#, sous cette influence excitante, l'érection se produit- FJP. Houbaud déclare ces fumigation» une excellente réparation au coït et, d'après cet auteur, un grand mbre de malades auraient pu l'accomplir, en s'y nraot immédiatement au sortir de la fumigation. > Les douches d'air chaud envoyées directement si I organes génitaux ne constituent qu'une variété
IMPUISSANCE
de fumigalioii, dun emploi assez difTicile, el sutilcer- Lainement inférieures, comme effet thérapeutique. aux émanations arnmatiques. On peut les pratiquer en nspirant de l'air avec une seringue en métal préalablement chauffée et en le refoulant ensuite avec force. Ia faradisatinn, la cautérisation ignée, )>ous forme de pointes de feu, ont encore été fréquemment employées pour combattre l'impuissance, mais plus particulièrement dans le traitement des pertes séminales: aussi nous réservons-nous d'y revenir en détail dans le chapitre suivant.
ImpuîMatice coiisfculive aux maladies et aiii Iraumati«met
L'érection, bien qu'en partie indépendante de notre volonté, est, ainsi que nous venons de le voir, excitée ou neutralisée par les efTets de l'imagination. Il est donc bien naturel de penser que les désordres pathologiques de l'organe même par lequel se manifeste la pensée, le cerveau, doivent retentir secondairement sur les fonctions génitales. II en est de même des lésions de la moelle et des nerfs qui se rendent aux organes génitaux.
Le ramollissement, l'hémorrhagie cérébrale ainsi que certaines tumeurs du cerveau, produisent en effet Tanaphrodisie. Cependant il existe quelques observations d'hémorrhagie cérébelleuse où un phénomène contraire a été remarqué, an moins au début.
Le cervelet semble présider aux fonctions génitales el à la passion erotique (Gall); c'est d'ailleurs un fail digne de remarque que les hummes dont la protubérance occipitale est prononcée sont en général très enclins aux plaisirs de l'amour. On a encore vu certains individus devenir délinitivemenl impuissants à la suite d'un choc viulent ou d'une blessure reçus sur celle réjjion. Ajoutons toutefois que la physiologie du cervelet est encore bien obscure elque, malgré quelques vraisemblances, il serait certainement téméraire de vouloir y localiser dés maintenant un centre génital.
Les maladies de la moelle el, en particulier, le« affections groupées sous le nom de myélites chroniques s'accompagnent d'anaphrodisie h une période plus ou moins avancée de leur évolution: dans quelques cas même, cette déchéance spéciale pourrait être le prodrome de l'alfeolion médullaire. Aussi F, Rnuband recommande-t-il avec raison, dans les cas d'impuissance dont la causée nous échappe complètement, d'interroger soigneusement le malade sur les trouble:- dépendant du système nerveux, tels que tremblement léger, céphalée, fourmillements, anesthésie ou hypereslhésîe, absence ou diminution des réflexes, qui peuvent déjà exister, mais à un degré asseï faible pour ne pas ovoir attiré son atlenlion. C'est ainsi que dans cerlainâ cas d'impuissance réputés &torl idiopathiques, on a obtenu de? résultais favorables en cherchantà agirsur les centres nerveux i cervelet et la moelle) par des douches locales, ou r l'action de révulsifs violents tels que sinapismes.
vésicatoires ou pointes de feu appliqués sur lu ouque et les lombes.
Les vésaniea, particulièrement celles à forme mélancolique, s'accompugnent parfoîi; d'impuissance; mais id il a n'y pas de règle générale, car la folie engendre souvent le délire erotique.
Les individus doués d'une intelligence médiocre et grossière possèdent fréquemment une puissance y|rile très marquée. ^H
;r vaut trois rois.
Les crétins sont lascifs et très portés à l'onanisme; leurs organes génitaux ont toutefois asaei rarement de fortes proportions.
Par contre, les travaux intellectuels, poussés h l'excès, en absorbant tout l'individu qui s'y livre, peuvent devenir une cause d'impuissance. Le i leirr traitement, en pareil, eus est un changementn dical de la manière de vivre.
IMPUISSANCB DEPENDANT DB TROUBLES DE LA NUTRTflON
Impuissance idlopathique. — impuissance dépenduit dv* constitution et liu tempérament. — Impuissance par a' ' par le diabète el par caclieiie. - Impuissance conséuutmt9 la gasiriifl, & la sypliilî.s; indiienue du n
La nutrition, série d'actes physiologiques nécessaires il l'enlrelien de la vie, peut être troublée el
PAR TROUBLES DE LA NUTRITION
pervertie de bien des manières différenles. Dans quelques cas elle est incomplète: tin organe ou une fonction sont sacrifiés 1,1 ne reçoivent pas dans l'assimilation la part qui leur est due ; telle peut se concevoir la variété d'impuissance dite idiopalhique. La nutrition est encore altérée par des maladies aiguës, ou chroniques, générales ou localisées, par l'évolution des diathëses, par une alimentation exubérante ou insuffisante, par des intoxicalion^ lentes ou aiguës enfin par l'abus dans l'exercice d'une fonction ou, au contraire, parle défaut d'exercice de celte fonction. Tous ces troubles de la nutrition retentissent plus ou moins i^ur l'appareil génital; aussi les causes d'impuissance que nous allons avoir â examiner sont-elles imbreuses.
Impuisiance idiopalhique. Cette variété d'impuis- EaDce, qu'on peut encore appeler essenlietle, c'esl-àdire qui existe par elle-même, sans qu'on ne puisse lui attribuer une cause déterminante, est des plus rares. On pourrait même presque dire qu'elle n'existe pas, et qu'un médecin attentif saura toujours trouver, dans des désordres psychiques ou pathologiques, la raison de la défaillance génitale. Inutile donc d'y insister.
Impuissance dépendant de la constitution et du temp&ramenl. Une constitution faible, un tempérament IjTnphatique sont des causes prédisposâmes à l'impuissance, à la dégradation des organes génitaux avant l'Age physiologique. Il n'est pas rare de voir
132 IHPtnSSANCE
de semblables individus arrivés vers la trentième ou treole-cinquiême année, venir se plaindre de la paresse de leurs organes. En lesexaminanl, on observe une verge flasque, anémiée, presque sans pouls artériel; le gland petit et ridé a déjà l'aspect de la vieillesse. Les bourses sonl pendantes et c'est à peine si le conlacl de l'eau froide amène quelque conl.raclion du darloa. Les désirs sont en partie éteints : si le pénis commence parfois à entrer en érection, il ne tarde pas à retomber, laissant échapper quelques gouttes de mucus prustalique. A des intervalles éloignés ces malades peuvent avoir des pollutions nocturnes, sans aucune sensation de plaisir, et sans orgasme vénérien. Cet écoulement de mucus proatsliqueà la suite d'érections incomplètes, ces quelques rares pollutions sont facilement pris par les malade» pour des pertes séminales. C'est là une erreur de diagnostic à laquelle le médecin ne se méprendra pas, mais qu'il aura le plus grand mal à redresser dane l'esprit de son client.
Le traitement tonique, les douches froides. le fer sous toutes ses formes conviennent particulièrement dans cette variété d'impuissance par lymphatisme. Les eaux minérales ferrugineuses de Spa et d'Orezza sont les meilleures préparations mariiales à prescrire en pareil cas; on doit les prendre le matin coupées avec du lait. Roubaud cite plusieurs guérisons d'impuissance dues à ce seul traitement. Les voyages et surtout les bains de mer peuvent également coopérer à la guérison de la façon la plus heureuse.
Le tempérament nerveux ou bilîoso-nerveux dnil
PAR TKOUBLE-S UE LA NUTRITION tS3
être encore considéré, mais d'une manière indirecle, comme prédisposant à l'impuissance. L'état ordinaire de surexcitation de l'esprit, sous l'influence de la moindre cause, peut, en effet, faire craindre ici l'impuissance par cause morale.
tpuismnce par fatigite et épuUement musculaire. fatigue excessive des muscles, à la suite d'exercices Wolents longtemps prolongés, produit une impuissance momentanée, limitée par le temps de repos nécessaire pour réparer les forces. L'abus habituel dj travail musculaire entraîne donc, h la longue, une certaine paresse des organes génitaux avec absence de désira. Les exercices du corps ne peuvent, pour cette raison, qu'être très salutaires chez les jeunes gens, pendant les premières aimées qui suivent l'époque de la puberté ; ils devront, par contre, chei l'adulte, être limités dans une sage mesure. Notre r61e se borne donc ici à des recommandations hygiéniques.
Impuissance par altération du sang et des vaisseaux, \ie, chlorose. La chlorose étant chez l'homme nne alTection tout exceptionnelle, nous ne ferons que U signaler comme cause, à la rigueur possible, d'impuissance, renvoyant pour l'anémie, à ce que nous avons déjà dit à propos de la constiliilinii et du tempérament.
impuissance par obésité. Les hommes gros sont, en général, peu enclins aux iibir^irs sexuels; parfois
IMPDISSANCE
comparables par leur impuissance aux eunuques 6 Bux animaux castrés, ils en ont les formes rebondiorl de graisse, de teUe sorte qu'on est en droit de i demander si, dans quelques ca» d'embonpoint excei celle obésité, au lieu d'être la cause de l'impuî» sance, n'en eerait paaie résultat. Cela est éviiiemmei vrai quand l'obésité est congénitale. Les orgaiu génitaux sont alors petits, le pénis très peu développa et les testicules, au-dessous de leur volume normal^ disparaissent presque complètement au miliei bourrelets adipeus de la région inguino- crurale ; la voix peut même conserver une certaine gracilité.
Chez les personnes dont l'embonpoint ne s'est montré qu'à une période assez éloignée de l'âge de Is puberté, les organes génitaux conservent leurs i
nsions ordinaires et paraissent seulement plil petits, étant englobés au milieu de plis graîsseax] Ces gens gras, avons -nous dit, sont peu portés »m plaisirs de l'amour ; mats en revanche, ils ont u prononcé pour la bonne chère, et les excès de lable^ comme nous !e verrons tout à l'heure, deviennent-^
lorsqu'ils sont trop souvent répétés, une cause d'im
puissance.
L'embonpoint, sans âtre accompagné d'impuiss. ance réelle, peut créer, lorsqu'il est considérable, o^^
obstacle mécanique à l'accompUssement du coït. CetI ■<
gène n'est cependant pas insurmontable, et le mu^^ inventif saura tourner la difficulté (quadrupedum ritù J'. ce qui est encore, d'après une clinique écrite en lat^Â^n et restée célèbre du 0' N. Guéneau de Mussy, à cau^^ de raisons anatomiques que nous n'avons pas ^
PAR TROUBLES DE LA NUTRITION Mi
lévelopper, la meilleure manière, dans certains cai, B'imur avoir des tinrunls'.
Le trailementde l'impuissance, chez les obèses, préseole une réelle «lifllcuité, qu'on peut vaincre cependant si le malade consent à n'astreindre pendant un ktaiopBi parruis très l')ng, au régime sévère qui lui iBraimpo^. Ici l'indication thérapeutique est double; il Taul d'abord combaltre la tendance h l'obésité et ranimer en^uile les forces viriles. Contre l'obésité c'est un régime diététique, les voyages, la marche, re<iercice musculaire sous toutes ses formes qui conviennent le mieux, CerlaineB rnux minérales, celles de Marienbad et mieux encore de Brides sont aujoiird'iiui très employées, et avec succès, contre l'obésité. n les prescrira à domicile pendant l'hiver et, laisison !, on enverra le malade dan£ une de ces stations. I eaux iodurëes peuvent également servir pour plier contre l'obésité; mais si le truilement est en, lèine temps dirige contre l'impuissance, elles doiut être sévèrement exclues, les iudurea, prié en k6s, exerçant sur les organes génitaux une action ibilitanle.
I Quant au traitement de l'impuissance proprement s'en rapportera aux divers moyens qui ont proposas au sujet de l'impuissance par cause orale. Le# douches périnéales et, à leurdéfaul, lotions froides t simples ou additionnées d'al-
I /ndé ti mobilioris uttfi relroversïo coitceptînai obilel, reiv- Ifiw» daMiur ul in leiualî commereio nuper irimni mutier a iiiKUtn6at,!ieu giiadrapedum rili cotigremut instilualur, - CUniqiie indiMcali- ilu D' OuêneaH dr MuMi|i f, II, p. 411.
cool de menthe, seront particuliêremenl recoi dées.
Les diabétiques deviennent souvent impuissants; ce fait trouve, dans l'élatdyscraaiqiie général qui est un des caractères de cette affection, une explication suillsante. Comme assez fréquemment, au moins pendant une certaine période de leur maladie, les diabétiques prennent de l'embonpoint, nous avons cru devoir ranger cette variété d'impuissance h côté de celle par obésité, bien que, par sa nature même, elle en soit difTérente. Le traitemirnl n'est autre, en pareil cas, que celui du diabète.
Impuissance par cacitexie. L'impuissance est alors le résultat naturel de la déchéance organique {cachexie) amenée progressivement par les maladies chroniques. Certaines aETeclions des centres nerveux, sur lesquelles nous avons déjà insisté, le cancer, la phthisie, l'intoxication paludéenne chronique, le diabète, etc., en sont les principales causes. Les phtbisiques, cependant, conservent parfois très longteiufl le sens génital, qui semble même exalté. ^H
Impuissance dans le cours des maladies aiguës. Elle n'est que temporaire et cesse pendant la convalescence.
Impuissance consécutive à la gastrite. Lea alTections de l'estomac nntun retentissement général sur l'organisme, et particulièrement sur les organes |u;éuilan]t. Les excès de table, l'abus de la bière et des liqueurs alcooliques sont lea principales eau ses de l'irritalinn
PAR TROUBLES DE LA NUTRITION
slomacale et de l'impuissiance temporaire ou persistante qui peut lui èlre consécutive.
Le vieil adage, sine Cerereet Baceho friget Venus, n'est vrai qu'à la coodilion que le vin et les aliments n'aient pas éti? pris en excès; autrement il est rare que l'énergie du membre viril réponde à l'ardeur des désirs. Les excès de table, ainsi répétés pendant longtemps, peuvent donc amener l'imputseance ou, lout au moins, une certaine frigidité. Une transformation complète de la manière de vivre sera le seul remi^de en pareil cas; on pourra avoir recours, comme adjuvant local, aux différents moyens excitateurs dont nous avons déjA parlé. F. Houbaud insisie parlicu- Jièremenl sur in médication sinapisée.
'Jmpummice conséeutive à ta syphilii. L'intoxication le virus syphllilique, en considérant seulement son elTet général sur l'organisme et nonles altérations locales qu'elle peut déterminer, comme le testicule syphilitique, paraît sans influence bien caract&'isée sur le génésique. Une certaine langueur de l'appareil génital coïncide avec les phénomènes d'anémie qui accompagnent le début de la syphilis ; mais une fois la déglobulisation arrêtée, c'eM-à-dire au moment où, sous l'influence de faibles doses de mercure, les globules sanguins ont été régénérés et même auglésdenombre(Vilboucbewilï),le malade retrouve lidement sa vigueur habituelle.
est-il de mime quand le mercure est prescrit à
is élevées, massives, surabondantes, prolongées
longtemps, ainsi qu'une certaine école tend
[MPUISSANCF.
à le faire aujourd'hui? Nous ne le pensun^ [jas. interrogé, dît F. Roubaud, un grand nombro de fff^ pliililiques soumis soit aux mercuriaux, Boit aux préparations d'iode, et presque tous m'ont avoué un affaiblissemeut de leur organe sexuet aprèi ur.e durée plusi
ou moins longue de leur traitemenl G'esl aiosi que
certaines prol'essions exposent ceux qui les exercent <i l>Qrdra leur ririlité, comme on peut s'en convaincre cliez les ouvriers qui manient le mercure et ses préparations. J'ai oxaininé un certain nombre de miroitiers et de doreure snr métaux, et, chez presque lous, j'ai constaté des testicules moins volumineux que chez les autres hommes. ■
Lorsque certains accidents exceptionmillemenl graves de la période tertiaire produisent lu cachexie syphilitique, l'impuissance devient alors, comme dans toutes les cachexies, le résultat de la détérioration générale de l'organisme. Les eaux salines de Kreu?riach (Prusse RJiénane) et de Salins (Jura) jouisseni d'une réputation légitime pour le traitement des r.qchexies syphilitiques. ^H