VIOL ET ATTENTAT A LA PUDEUR SU
criminelle; ces ecchymoses siégeronl k la partie interne des cui^nes, près des genoux, aux poignets, «ur les broî, les «eins. le rou et la bouche sur laquelle une main aura été violemment appliquée pour élouffer les cris de l'enfant. On recherchera encore, avec le plus grand soin, si ces ecchymoses sont profondes 'lu superficielles, c'est à dire, ni elles sont l'indice réel (l'une lutte, nu, au contraire, le fait d'indignes parents désireux de tirer profit d'une infâme tentative de chantage: car la spéculation sur de prétendus viols ou attentats à la pudeur n'est pas aussi rare qu'on pourrail le croire. Ajoutons que chez les petites filles. le défaut d'écartement de l'arcade pubienne empêche l'intromission du membre virrl, de telle sorte que les parties génitales, se trouvant violemment repoussées contre un plan osseux, sont alors extrêmement con-
Jusqu'à l'Age de onze à treize ans, & cause de cette disposition de l'arcade pubienne, le viol consommé est extrêmement rare ; onsail, en effet, quec'est l'acte d'intromisMon rlii membre viril qui distingue le viol de l'attentat à la pudeur. Le signe caractéristique de la perpétralion du crime surle^ vierges est la déchirure de la membrane hymen. Pour rechercher celte déchirure, il faut se rappeler que l'hymen, chez l'enfant, est profondément situé, et qu'il est nécessaire, pour l'apercevoir, d'écarter fortement les grandes lèvres. L'aspect infundibuliforme de la vulve révèle que les attentats ont été fréquemment répétés.
On voit que jusqu'ici, dans cet aperçu médi légal, l'écoulement vulvaire n'a été appelé à jow aucun rôle important; c'est qu'un effet la vulvite pouvant être amenée par plusieurs autres causes chez les petites filles (dentition, oxyures, lymphaliâme, mauvaises habitudes), cet écoulement n'est nullement caractéristique. .
Cependant la vulvite d'origine Mennorrhagique présente, en général, deux caractères spéciaux importants : 1° la coexistence d'une uréthrile; 2" la distension variqueuse des veines des grandes lèvres (Tardieu), La présence de ces deux signes permettra, le plus souvent, de conclure à une vulvite communiqué) par contagion, l'inculpé devant alors être atteint blennarrhagie, ou tout nu moins l'avriir été moment de la perpétration de l'attentat.
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La présence d'un chancre simple ou celle d'un chancre induré indique nettement une origine contagieuse. L'inculpé est alors atteint d'une afTeclinn similaire, ou, dans le cas de syphilis, de plaques muqueuses qui d'ailleurs, au moment de l'examen. peuvent avoir disparu sans laisser de traces.
En résumé, le médecin expert, se rappelant que la vulvite peut, chez l'enfant, reconnaître un grand nombre d'aulres causes que des violences ; que cette affection peut avoir été créée arliriciellement. dans un but de chantage, devra apporter la plus extrême réserve dans ses réponses. Cependant, les déformations et ies déchirures de la ^Tjlve. les ecchymoses el surtout t'axistence simultanée d'une même maladie
(Ontagleui^e chez la victime el sur l'inculpé, aunt des ^nditions qui, réunies, impliquent lu certitude.
Urétiibite. — L'uréthrile peut exisler seule chez ^s femmes, c'esl-à-dire indépendamment de la ihlogose des régions voisines, maïs presque toujours (•elle accompagne la vaginite ou la vulvile; elle esl ■ d'ailleurs incomparablement moins Tréquente que ces dernières, el la disposition analomique des partie!^ rend sufïisammenl compte de cette rareté relative,
»he méat urinaireselrouvc, enelTet, situé au-dessus de h zone de contact pendant le coït, il est donc moin^ tui^i h élre contaminé.
Les symptômes de l'uréthrite sont, en général, assez tnodins; un peu de chaleur ou de démangeaison au méat, des envies plus fréquentes d'uriner, une sensation de cuisson légère pendant la miction sont presque toujours les seuls troubles fonctionnels observés. Parfois cependant, dans l'uréthrite suraiguë, de vioils spasmes uréthraux peuvent rendre la miction icile el extrêmement douloureuse.
L'examen des parties sexuelles doit ëlre fait avec le scrupuleuse attention, pour qu'il permette de inclure à l'existence d'une uréthrite; autrement on [(pourrait méconnaître l'inllammaliDn du canal de l'urèthre, ou inversement croire d une urélhrile, qui en réalité, n'existerait pas Cette constatation est en effet, dans certaines circonstances, du plus haut itérét, et l'on se rappelle quelle importance les idecins légistes attachent & l'existence de l'uré-
SM BLENNORBHAfilE CHEZ LA FEMME
thrile comme preuve, on pourrait presque dire é^ dénie, que rafTection du sujet soumis à leur exain a élé déterminée par contagion.
La femme étant coiictiée sur le bord d'un d'un fauteuil, les cuisses maintenues bien écarté^ comme pour l'examen au spéculum, on comment après avoir séparé les grandes lèvres, parabstergi toutes les surfaceii muqueuses et particulièrement,] méat urinaire et son pourtour. On introduit enstiq l'index dans le vagin à une profondeur de cinq è centimètres, puis on le ramène lentement d'arrièW en avant, la pulpe tournée en haut pour comprimer fortement le canal de l'urÈthre, Aperçoit-on alurs une ou plusieurs gouttes du muco-pus sourdre du méat urinaire; c'est que lu femme eat atteinte d'uri Ihrite et que la vulvite ou la vaginite ont une origid contagieuse.
Dana quelques cas, où certaines Tilles ont un grau intérêt à dissimuler leur alTection, surtout lorsquf BOUS l'influence d'excès de boisson ou de coït, l'u ' thrite n passé à l'état chronique et est de^ l'analogue de la goutte militaire chez l'homme, signes matériels de la blennorrhagie uréthm peuvent être extrêmement dîITicUes â découvrir. suOit en elîet que la femme ait uriné peu de temff avant l'examen, pour que l'urèthre se trouve lavé d toute souillure et qu'il soit impossible, par la compression digitale, d'oblenirla moindre goutte de mucopus. Bon nombre de filles, bien qu'elles soient recoifa niip= <i«inp-i, rommuniquent ainsi lu blennorrhagi^
URÉTRRfTE
^B La dun^e de run?lhrile rhei 1« Temme est en moyenne de deux & trois septénaires. Comme on vient de le voir elle peul passer à l'étal chronique, mais cela est cependant o-ssez rare, û cause de la brièveté du canal.
Conirnirement à ce que nous avons coniieillé, & propos de la blennorrbagie aiguë chez l'homme, le meilleur traitement consiste ici k introduire dans le canal de l'urèlhre un long crayon de nitrate d'argent qu'on retire rapidement, après avoir cautérisé légèrement toute la surface de la muqueuse. Le seul inconvénient de ce procédé est d'élre un peu douloureux, aussi plusieurs femmes s'y refusent-elles ; il est vrai que généralement on néglige de les prévenir et qu'elles ne protestent qu'après coup. Le crayon peut d'ailleurs être remplacé par des nolutions plus ou moins concentrées de nitrate d'argent, portée" dans le canal au moyen de notrâ bobine urélhrale. Trois ou quatre cautérisations, faîtes avec le crayon nu avec notre porte-topique sont en général suffisantes |M»ur amener une guérison complète.
On peut adjoindre au traitement quelques préparations de cubèbc ou de copahu, lesquelles prises à l'intérieur et s'êliminanl par It» urines, viennent modifier avantageusement la muqueuse uréthrale. Ajoutons, toutefois, que l'efticacité absolue du trailenienl par les cautérisations rend le plus souvent inutile l'usuge des antiblennorrhagiques.
J-'uréthrite chronique, chez la femme, est entrelenue par la persislance de l'inflammation dan» les
SIB BLENNORIlHAfilE CHEZ LA FEMME
cryples el glaudules du canal Ui' l'urèthre. Les solutions concentrées de tiilrate d'argent conviennent donc mieux ici que le crayon, car le liquide peut se répandre dans toutes les anfraclmisités du canal, ce qu'on ne saurait obtenir avec te caustique solide. Les injections caustiques seront faites, bien entendu, avec la seringue à jet récurrent pour que le liquide ne tombe pas dans la vessie, nu mieux encore poi sur la bobine uréthrale.
Dne des conséquences les plus Tâcbeuses de 1' thrite est la formation de petites végétations ou polypes dans le canal de l'urèthre . Souvent ces polypes muqueux sont le point de départ de phénomènes de dysurie assez graves et non en rapport avec leur volume; mais, de plus, ils entretiennent un étal d'irritation, d'hyperesthésie permanente de la région, pouvant amener une surexcitation exagérée du système nerveux.
L'exérèse de ces petits polypes, dont la grosseur varie de celle d'une lentille au volume d'un œuf de pigeon, est le seul mode de traitement qui leur soit applicable. On y procède par excision, cautérisation, ligature ou arrachement. ,^Ê
Vaginite. — Noua arrivons maînlenunt, en all3B des régions superficielles vers les parties plus profondes, à la forme de beaucoup In plus commune de la blennorrbagie cheï la femme, la vaginite. Lh muqueuse vaginale est, en effet, pendant l'acte du coït, la partie la plus exposée au contact du pus
VAGIINITE
blennorrhugique, elle duil donc ôlre, et uglenréalili-, presque touj'iurs le point de dépari de l'inflammalion. Vne sensation de chaleur, de gène, de pesanteur, de réplélion el, dans les eus plus graves, de ruisson vive; souvent encore quelques douleurs en urinant, sunl les principaux troubles fonctionnels occasionnés par la vaginite.
En examinant l'étal local, ou constate une rougeur inaccoutumée de la muqueuse vaginale; cette coloration, suivant rintensité du mal. varie du rose foncé au rouge vif et, chez les femmes grasses, la teinte peut même en apparaître violacée. La sensibilité d>< la muqueuse est assez vive pour rendre très pénible
Fia. ïl. — Spéculum iJi: Cusco.
L'inflammation présente en général son maximum d'acuité dans le oul-de-sae vaginal postéri également qu'elle a le plus de tendance à se localiser puur passer à l'état chronique. Si on se sert pour l'explomtion du spéculum de Cuscu (nu. 21), qui est un des mieux tolérés, on voit, en abaissant sa valve infé-
;iu RLENN'OitRHAGIK CHEZ LA FEM.ME
rieure, pitur pénétrer dans le cui-de-sac, un flot i matière purulente faire imipLion sur cette vul^ qu'on est obligé d'abslerger pourcontinuerlexarafli C'est, en effel. un point de pratique 1res importa que de bien découvrir ce cul-de-sac postérieur, poi y porterdireclementlesremédes topiques, car, faute d ce soin, on ne guérit que purliellemt^nt la rha^ie de la muqueuse vaginale, on ia laisae pa6 à l'étal chronique.
La muqueuse qui tapisse le col de l'ulé présente en général une coloralion rouge prononcée, et souvent un mucus épais, très queux, de couleur grisâtre ou jaune rerd&tre, sor^ de son orifice. Cette morve utérine est l'indice de I participation de la muqueuse du col d'i la matrice | l'inflamniation blennorrhagique.
L'écoulement vaginal, muco-purulent, de coulesdl jaune verdâlre au début, plus lard laiteux, est extr^ mement acre: aussi quand il est très abondant i qu'il souille les parties cutanées, peut-il y produis des érythèmes et des excoriations. Mis en cootat avec d'autres muqueuses, il peut y faire naître uQi inflammation similaire. C'est pour celle raîsoBi comme nous l'avons déjà fait remarquer, que I blennorrhagie anale nsi beaucoup plus commua chez la femme que chez l'homme.
Dans quelques cas, particulièrement chez femmes enceintes, on ctmslale un développemeiri exagéré des papilles, qui donne a la muqueuse \
aspecl granuleux, framboise {vagiinle granuleuxe). En ilehorâ de l'élol de grossesse, celte forme curieuse de vaginite paraît se rattacher à l'herpétisme.
II n'e*t pas très rare, dans les vaginites aiguë», de renronirer une certaine tuméfaction des cinglions inguinaux; si les parties profondes du vagin sont envahies, les ganglions pelviens el iiurtout le ganglion rétro-utérin, qu'on peut alors sentir avec le doigl, ^'liyperlropliient. Ces ndéuilei^, causées par l'intlammation blennorrhagiqne, nesuppurentjamais. à moins que, chei quelques sujets prédisposés, elles ne prennent la forme strumeuse ; mats celte transformation est loul à fuit exceplionnelle.
Nous ajouterons encore que daus la sécrétion purulente de la vaginite, le microscope permel de découvrir des prnto-organisraes, le u-ichomnaas vaginalii de Donné elle ciliarh bieaudala de Sulisbury. Mais ces protozoaires ne sonl pas spéciaux â la vuginile, et on les rencontre 1res souvent, surtout chez les femmes grosses, dans toutes les sécri-tions T*ginales.
^ Les causes de la vaginite sont nombreuses, et ce serait une grave erreur de n'en vouloir admettre qu'une seule, la contagion. La seconde dentition, la présence d'oxyures vermiculaires duns le reclnm, la masturbation, peuvent, cbei les petites ûHes, provoquer la vaginite. Nous ne saurions trop rappeler, k ce propos, combien cette notion étiologique doit être présente ù l'esprit du médecin chargé d'un examen médico-légal, et combien elle lui commande la plus