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CHAPITRE XXI

DE LA I.EIICI)KRHEE

) dUtiiigiie deui sortes rie leuturrliee : ruLéniiu el lu vagi-

- La leucorrhée iilérine ou caUirhc uléiin est beau-

ï'ODup plus rréquenie que la leiicorrliÉe vaginale. — Uitt^rence

" ( deux ëcouluments. — Causes du catarrhe uiérin. — Si-

9t rliagiiOEtic. — Conséquences. — Traitement local. —

raitemenl général. — Eaux minérales et thermales qui uoii-

!<rieiuienl au traitement riu catarrhe utérin.

Dans le chapitre (jui précède, nous avons principalement traité des écoulemenU ayant leur source dans une inllammation des voies génitales, que cette phlogose des muqueuses vulvaire, vaginale, utérine ou uréthrale reconnill ou mm comme cause un principe contagieux. Nous allons nous occuper mninlenani d'une autre sécrétion des organes sexueU, bien plu8 tréquente que les premières, mais ne présentant avec la contagion aucun rapport. Telle est la leucùrrhée, pCOnnue vulgairement sous le nom de {lueurs blancha.

> La leucorrliée peut dépendre aoit d'une hypersécrét vaginale, soit, et celle origine est bien plu." mmuue, d'un état d'irritulion chronique {cnlarrhe)

LKLTonuni'ciî

de la muqueuse utérine et, en p.irticulier, de la portion de celle muqueuse qui tapisse le col de la ma- Irice. 11 existe donc deux variétés bien distinctes de leucorrhée, reconnaissables d'ailleurs à la difrérence de nature des écoulemenla.

Le liquide sécrété par le vagin est assez fluide, opalescent ou jaune verdttire et sa réaction est acide: à l'examen microBcopique on y découvre, en dehors des proto-organismes signalés plus haut, de nombreuses cellules d'épitiiêlium pavimenleux et, dans les cas un peu aigus, quelques globules purulents. Il produit sur le linge de larges taches blanchâtres oit Jaunâtres qui ne l'empèsent que médiocrement.

Le liquide dû ft une hypersëcrtition utérine est, au contraire, très épais, visqueuï, adhérent : tantôt il esl limpide et présente avec l'albumine de l'œuf la plus grande ressemblance, tantôt, suivant le degré de l'irritation, il est blanchâtre ou d'un jaune gris, Pendant l'exploration au spéculum, on le voit sourdre dtl'orifice du col de l'utérus ; on peut alors l'étirer avec des pinces, et parfois on a beaucoup de mal a le détacher. Su réaction est alcaline, le microscope y devoile de nombreuses granulations et des cellules cylindriques ou coniques à cils vibratiles. 11 empèse l'ortemenl le linge, et les taches y sont si épaisses. qu'une fois sèches, il est possible, en les grattant, de les enlever par petites écailles.

La leucorrhée ou ralarrhe utérin est une affection des plus communes, surtout dans nos grandes villes, et bien peu de femmes n'nnt jamais eu de flueur>

ÉTlOLOfilE

pWanches. Beuucoiip, il «st vrai, en sonl ■*! peu incommodéeB qu'elles ne pensent pus A s'en plaindre; d'au- IrcB, au cnntruire, pur un sentiment de pudeur expiirnWe mais non justifié, dissiraulent goigneusement leur mal, juT^qu'à ce que l'atTuiblissemenl de leur santé, ou d'autresi conséquences grave» liées à celte irritulinn permanente de l'utérus, les oblige h rédnnotre nrt.

■1 Etiologie. — La leucorrhée ppul survenir à loua les Ages. On l'observe ctiez tes petites lille^, ii l'époque de l;i ilentilion, elle i?sL alors vaginale ; elle n'est pa* rare non plus chei les jeunes filles, surtout lorsque le* rendions menstruelles ne s'établissent que péniblement. Chez la femme, où les excitations sexuelles, L'iouugjsliDncataméniale périodique et les grossesses ileviennenl pour l'utérus une cause d'irrilation inces- Hunle, elle est des plus communes; pour les mêmes raisons, ello devient rare après la ménopause. La constitution et le tempérament ont sur Tapparilion dr' la leucorrhée une notable influence. On l'observe princi[ialemenl chez les jeunes filles et les jeunes fiiinmes blondes ayant un tempérament lymphatique, que révèle leurs p&les couleurs, des lèvres épaisses, et une prédisposition aux engorgements gangUon-

Cependant la leucorrhée peut atteindre toutes les constitutions, tous les tempéraments. Si les personnes sujettes aux (lueurs blanches invétérées sont généralement pâles et amaigries, cette anémie ou celte chlorose doivent légitimement être considérées

iqueûce et non cumme la muse du cttlarrhe chronique de l'utérus.

La période mensirutille amenant une congestion extrêmement vive de l'utérua. ii n'est pas rare qu'elle soit précédée et suivie de flueurs blanches.

Pendant la grossesse, pour une raison identique, les femmes sont sujettes à la leucorrhée; dans quelques cas même, on a vu chaque grossesse annnncée par un léger degré de catarrhe utérin.

Le froid humide est une cause très fréquente de catarrhe utérin, sur laquelle nous ne saurious trop appeler l'attenlinn. Que de jeunes llltes, que de femmes, ont été atteintes de Queurs blauches pour ^tre restées assises sur un gazon encore mouillé, pour avoir marché pendant longtemps sur un sol humide el détrempé, pour être sorties insuffisamment protégée-! contre un temps phivieux!

Le catarrhe utérin n'esl nullement, en effet, une afl'ection spécifique. L.a muqueuse de la matrice est sujette à s'irriter tout aussi bien, et pour les mlimes causes, que le revêtement muqueux des fosses nasales, du pharynx, du larynx et des bronches. Que celle leucorrhée, qui s'annonce en général par quelques légers symptûmes fluxionnaires soiL négligée, qu'elle soit dissimulée, et l'affection passera peut-être à l'étal chronique. En un mot, si je puis ainsi dire, le froid humide peut communiquer un véritable i-hiuue aigu, puis chronique de l'utérus.

Comme d'autres affection" catarrhales, le catarrhe de l'utérus pourrait-il présenter parfois un caractèrp

ETIOLOfllE r-,3-S

épidémique? Quelques médecins l'ont pensé, ayant eu l'occasion d'observer un grand nombre de ces af- TecLions pendant une même période de leinp:!. Mais ce n'est In qu'une apparence, car si, à rertainea époques, les culurrhea utérins sont plus fréquents, cela tient à la permanence, pendant ces périodes, des causes efficientes d'irritation de la muqueuse utérine. « L'inlluence de ces causes, dit le professeur Gourly ', est encore plus marquée lorsqu'elle se fait ressentira la fois sur un grand nombre de femmes. A Paris, lorsque le pont des Arts fut achevé, dit Troussel, il devint de mode d'en faire un lieu de promenade et de réunion. Les dames vinrent s'y asseoir, comme dans nos jardins publics, après le coucher du soleil; aussi furent-elles atteintes par l'air frais et humide du lleuve, qui occasionna une espèce d'épidémie de leucorrhée. «

Les lotions froides, si elles ne sont suivies d'une forte friction, ousi elles sont trop prolongées peuvent, pur un mécanismri analogue, déterminer la leucorrhée.

L'herpêtisme, la scrofule, le lymphalisme sont des agents actifs de leucorrhée. L'existence simulUinée, antérieure ou consécutive d'autres manifestations de ces diathèses, l'habitus des malades, la notion des antécédents héréditaires mettront, en général, rapidement sur la voie de ce diagnostic si important da causalité: car il devient ici la clef du traitement.

Une mauvaise hygiène résultant de l'habitation dans un logement froid et humide, d'une alimentation inaufTisante et. malsaine, d'un travail excessir, «stM également une cause très fréquente de leucorrî chez les femmes de la classe ouvrière.

Parmi les aliments, il en est un dont la réputation est détestable, le café uu lait; je ne veux ni l'incriminer ni l'excuser, mais je dois dire cependant que je connais bien des lemmes, de mœurs simplec guliëres, qui, sans le moindre inconvénient, en cet ^nl chaque malin.

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Les excès de coït, par l'excitation violente et rcpélée qu'ils évoqui^nl dans la zone génitale, >:ont une cause hubituelle de leucorrhée; il en est de même des e talions manuelles-

Un très grand nombre de courtisanes sont Uuoi rhéiques; l'abus du coït est ici la caïue évidente t catarrhe utérin, en même temps que lea excé.s iltboisson, les veilles, les fatigues de tous genres.

Stmptohes, — Le catarrhe utérin peut se présenter 80U8 deux formes : tantôt il est subaigu, tantôt il revêt d'emblée lu forme chronique.

Lorsque la leucorrhée prend te CJiractère subai^u, son début est entouré des symptômes propres aux ufleclions calarrhales. La malade ressent d'abord des douleurs plus ou moins vives dans le bas-venire, derrière le pubis, puis ces douleurs s'irradient souvent jusque dans les reins, parfois du cûté du cuecK el iIh l'anus, où elles dt-terminent une seiisation>J

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