OVARITE AIGUË ET CHRONIQUE
CONGESTION, ENGOP.GEMENT, INFLAMMATION AIGUK ET CHRONIQUE
DES OVAIUES
C'est à peine si les auteurs qui ont traité de l'ovarite, parlent de la congestion, de l'engorgement aigu et douloureux des ovaires, et cependant ces congestions, ces engorgements qui, il est vrai, ne sont ordinairement que de courte durée, sont très-fréquents ; on les observe chez presque toutes les femmes jeunes, soit au moment où les règles vont s'établir, soit à chaque époque menstruelle, soit sous l'influence de causes diverses, dont le résultat est l'orgasme des organes génitaux. C'est surtout chez les femmes ayant des passions vives, éprouvant de vifs et fréquents désirs vénériens non satisfaits, ets'adonnant à la masturbation, que l'on rencontre ces tuméfactions, ces congestions douloureuses des ovaires, ces engorgements qui se terminent quelquefois par l'inflammation et toutes ses suites. Celte tuméfaction congestive des ovaires a lieu principalement à l'approche des règles et se manifeste par une disposition plus grande aux plaisirs de
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l'amoiir, par l'excitalion des organes génitaux, par un malaise, un embarras, des douleurs plus ou moins vives dans le bas-ventre, les régions iliaques et dans la région des reins ; pour peu que ces congestions ovariques se renouvellent souvent ou deviennent permanentes par l'action continue de l'orgasme des parties génitales, il en résulte des engorgements douloureux, des inflammations aiguës et chroniques des ovaires. Non-seulement ces organes sont sujets à l'inflammation par eux-mêmes, mais ils le sont encore par leur relation intime avec des organes qui y sont exposés fréquemment; c'est ainsi par exemple que l'inflammation de l'utérus et de son col, quelles qu'en soient les causes, que celle du tissu cellulaire qui entre dans la composition du ligament large correspondant, que celle du vagin et des parties génitales externes, etc., déterminent souvent l'inflammation des ovaires. L'ovarile peut encore avoir pour cause la suppression ou la diminution des règles, une fausse couche, l'accouchement, la suppression des lochies, les inflammations ou altérations du col de l'utérus, les manœuvres pratiquées pour un travail d'accouchement difficile et prolongé, pour une extirpation de polypes ou de corps fibreux ; les cautérisations répétées du col de la matrice, les applications du spéculum, les rapports conjugaux trop fréquents et exercés sans ménagement; les contusions violentes des régions iliaques, l'inflammation aiguë du péritoine voisin, ou de l'utérus, divers déplacements auxquels les ovaires sont exposés, etc., etc. Ce qui a fait penser et dire à certains auteurs que l'ovarite isolée était rare, c'est que la matrice et ses dépendances ou annexes, étant très-rapprochées les unes des autres et situées profondément dans l'abdomen, il n'est pas toujours très-facile de distinguer le véritable siège de
Ai TRAlTfi PRATIQUR DES MALADIES DES OVAIRES, la maladie, parce que les signes derinnammationleur soril souvent communs. On a souvent observé l'ovarite, à la suite de la métro-péritonite puerpérale ; ainsi sur six cent quatre-^ingt-six métro-péritonites observées par madame Boivin et Dugôs, l'inflammation de l'ovaire fut notée trente-cinq fois à l'autopsie, sans compter les cas dans lesquels on put la soupçonner, sans qu'il fût permis de la reconnaître par la dissection.
M. Demarquay a remarqué qu'il existait un certain rapport, entre les inflammations du col et du corps delà matrice, et les ovaires ; et que les inflammations chroniques du col, les indurations de cet organe étaient souvent heureusement modifiées parla caulérisalion au fer rouge, à la condition toutefois que l'ovaire ne participe pas à l'inflammation, car alors la cautérisation peut devenir fâcheuse, et amener des accidenis aigus du côté des ovaires, déterminer des abcès, et même la mort de la malade. M. Demarquay nous en a communiqué plusieurs exemples, vérifiés par l'autopsie. Il importe donc, quand on juge l'application du fer rouge nécessaire, de s'assurer d'abord de Félat des ovaires.
L'ovarite est fréquemment latente ; quand elle est aiguë elle se manifeste par une douleur pongitive dans l'une des régions iliaques, ou dans les deux régions à la fois, si les deux ovaires sont enflammés en même temps; le côté du -ventre ou siège la maladie est gonflé, tendu, résistant, douloureux à la moindre pression et souvent au moindre mouvement des membres inférieurs ; la malade est forcée de rester couchée sur le dos ; bientôt l'uléruset tout le ventre acquièrent de la sensibilité, et on observe tous les signes de la péritonile, le ventre est tendu, gonflé, douloureux, les traits du visage se conlraclenl, et
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elle est prise quelquefois d'envies de vomir et môme de vomissements. La malade accuse des douleurs dans les lombes, surtout du côté de l'ovaire afleclé ; quelquefois elle éprouve des élancements, des battements dans l'aine, ainsi que dans la partie interne et supérieure delà cuisse, cU'on sent une tumeur assez volumineuse, arrondie, dure, sensible et très-douloureuse à la pression; il y a une forte lièvre, une vive chaleur, de la soif, la respiration est courte, le pouls petit, fréquent, les urines sont ordinairementrouges et peu abondantes, souvent la malade éprouve unesensationdefroid, des frissons qui durent plus ou moins longtemps en se communiquant aux parties voisines ; l'inflammation de l'ovaire les réunit souvent avec lui, d'où les adhérences de cet organe avecles trompes, le ligament large, le péritoine, l'épiploon, la vessie, l'intestin, etc. , etc.
Des travaux nombreux ont établi l'influence de l'ovulation sur les règles ; de là à constater l'influence de l'inflammation de l'ovaire sur la congestion et i'hémorrhagie utérine, il n'y avait qu'un pas; notre ami, M. le docteur Demarquay, a souvent vu, lant en ville qu'à l'hôpital, un rapport de cause à effet, entre l'inflammation niguë de l'ovaire et l'hémorrhagie utérine, de même qu'il a eu souvent l'occasion d'observer qu'une hémorrhagie persistante tenait à une inflammation chronique de l'ovaire. On comprend combien il est important de déterminer les causes des hémorrhagies utérines, car si, dans une circonstance analogue à celle que nous signalons, on vient à agir directement sur l'utérus lui-même, pour arrêter riiémorrliagie, toute cause produisant une excitation du col ou du corps de l'utérus, agira sur l'ovaire lui-même et aura pour résultat d'accroître la congestion et l'hémorrhagie.
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Nous avons dit que l'ovarite était fréquemment latente; en effet, les malades accusent un embarras, un malaise dans la région iliaque plutôt qu'une douleur vive ; celle-ci ne se manifeste que par une pression plus ou moins forte, ou à la suite des règles, des rapports conjugaux, ou d'une fatigue quelconque ; elle n'empêche pas les malades de vaquer à leurs occupations habituelles, mais elle les gêne souvent; c'est cette ovarite chronique qui est souvent le point de départ des kystes et des lésions organiques de l'ovaire ; la marche de l'ovarite chronique est tellement insidieuse, que dans beaucoup de cas elle est méconnue; sa durée peut donc être plus ou moins longue; quand elle est très-aiguë, elle peut amener la mort en quelques jours ; elle peut aussi se terminer par résolution ou par suppuration; par ramollissement et par gangrène. Lorsque la résolution doit avoir lieu, il faut attendre de dix à douze jours.
. La suppuration se manifeste le plus souvent du douzième au quinzième jour ; les modes de terminaison qu'elle peut affecter, qu'elle soit aiguë ou chronique, sont nombreux et donnent lieu à des particularités anatomiques que nous allons signaler.
La terminaison par résolution est assez fréquente, elle est annoncée par la diminution des symptômes généraux, de la douleur, de la sensibilité et du gonflement du ventre; souvent par l'apparition des règles, le retour ou l'augmentation des lochies, par une abondance plus grande des urines, qui, au dire de M. llelm^ sont blanchâtres, comme crémeuses. Quant ù la terminaison par suppuration^ elle est assez rare, quoique ftlartin Selon {Dictionnaire deméd. et de chinmj. prat. t. XII, p. 416) , Montault {Jourualhebdomadaire, année 1851-, t, I), Velpeau {Did. de mé-^