OVAIRE AIGUË ET CHRONIQUE
produisent clans tout le système utérin, prédisposent aux congestions, aux douleurs qui résultent de cette turgescence, aux hémorrhagies, aux hypertrophies, et enfin aux productions ovariques, et notamment aux kystes multiloculaires ; la persistance de tous ces états morbides produitl'induralion, et les transformations et dégénérescences diverses, car on ne peut douter, que l'irritation répétée, ensuite l'inflammation congestive et chronique, ne soient la cause première de beaucoup d'altérations anatomiques de l'ovaire; nous décrirons plus loin, en faisant l'anatomie pathologique des kystes de l'ovaire, tous ces produits anormaux que nous venons d'indiquer.
Le diagnostic de l'ovarite peut offrir quelques difficultés; ses principaux symptômes, les accidents qui la terminent, pouvant se rencontrer dans les cas de métrite, d'abcès des fosses iliaque?, des ligaments larges, etc., mais dans ces cas, l'erreur de diagnostic ne serait pas excessivement grave, puisque le traitement exigé par ces différentes affections est absolument le même, et qu'assez souvent, l'ovarite n'est pas dégagée de toute complication.
Le danger de l'ovarite est en raison de la gravité des symptômes de l'indammalion, de l'intensité de la péritonite, s'il en existe, de la persistance de la fièvre et de la douleur et de la force de la fièvre, et de la nature de la terminaison. Si elle passe à l'état chronique, ce qui a lieu souvent, elle se continue pendant longtemps d'une manière latente, éprouve des exacerbations à la moindre fatigue, aux époques menstruelles, après des rapports sexuels trop fréquents, et marche vers les transformations que nous allons étudier plus loin. L'ovarite chronique peut encore débuter d'emblée, durer des mois.
U TRAITÉ PRATIQUE EES MALADIES DES OVAIRES, (les années, sans empêcher les malades de vaquer à leurs {'onctions; mais, à la moindre occasion, comme une grossesse, un accouchement, une cautérisation du col, une irritation quelconque, elle peut se développer avec une grande intensité et passer à l'état aigu.
Le traitement de l'inflammation des ovaires, doit varier suivant l'intensité de la phlegmasie. On conseille généralement la saignée du bras, les applications de sangsues à la vulve, au haut des cuisses, sur le bas-ventre, dans les régions iliaques, à l'anus ; on prescrit en même temps les bains, les demi-bains, le repos le plus complet dans la position horizontale, les cataplasmes émollients, les fomentations sur l'abdomen, les onctions avec l'onguent napolitain, dans lequel on ajoute de l'extrait de belladone; on conseille les lavements, les boissons émollientes et antispasmodiques, de légers calmants, un régime sévère et souvent la diète, quand l'inflammation et la fièvre sont très-intenses. M. Yelpeau recommande les grands vésicatoires volants sur la région malade. Lorsque l'inflammation des ovaires est due à la suppression des règles ou des lochies, outre le traitement antiphlogistique, il faut mettre en usage quelques autres moyens propres à rappeler ces évacuations, les badigeonnages avec la teinture d'iode, le collodion riciné, largement faits sur la région iliaque et l'abdomen, ont souvent procuré de bons effets. Dans les cas où l'ovarite se termine par suppuration, on peut avoir recours à plusieurs moyens; si la tumeur fait saillie à travers les parois abdominales, et que la fluctuation ne soit pas douteuse, on doit chercher à évacuer le pus au moyen du trocarl, avec la précaution, qu'il existe ou qu'il n'existe pas d'adliérences, de laisser pendant plusieurs jours une sonde
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h demeure, en gomme élastique, afin de faciliter la sortie du pus, d'une manière continue et d'aider à la formation des adhérences, par la présence de la sonde ; ou bien, surtout si la fluctuation laisse des doutes, on peut à l'aide de la potasse caustique, chercher à ouvrir l'abcès ovarien; on pourrait encore, dans les cas ou l'abcès serait trèsproéminent, lui donner issue avec l'instrument tranchant, de môme, s'il fuse le long du canal inguinal ou par l'arcade crurale; car s'il vient à s'ouvrir dans la cavité du péritoine, il est au-dessus des ressources de l'art.
Les signes qui indiquent qu'un abcès se forme dans l'ovaire, à la suite de l'inflammation de cet organe, sont les suivants. Lorsqu'à la suite d'une douleur très-vive dans la région iliaque, une tumeur s'y forme rapidement, lorsque après avoir été dure et douloureuse pendant plus ou moins longtemps, avec fièvre, etc., si des frissons irréguliers apparaissent, si surtout, on sent au toucher de la fiuctuation, etc., on peut être certain qu'il y a une collection de pus dans un ovaire. Si la tumeur ne s'éloigne pas par la pression, par la position de la malade, et si surtout il y a tuméfaction, œdème à l'extérieur, il y a tout lieu de croire que la tumeur est adhérente.
Lorsque l'abcès s'ouvre dans le colon et que le pus est évacué par la selle, ou lorsqu'il se fait une issue par les trompes utérines, par le vagin, la vessie ou le canal de l'urèthre, il faut insister sur les soins de proprété, faire des injections avec ménagement, et combattre tous les symptômes qui peuvent se manifester, en môme temps il faut avoir soin de soutenir les forces par un régime convenable ; il faut conseiller les eaux minérales salines en douches, en bains et en boissons; on a également recours
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avec avantage aux fondants, aux préparations mercurielles et iodurées, employées en frictions.
Le passage de l'ovarite à l'état chronique, et môme son apparition première sous cette forme, réclament un traitement local, plutôt qu'un traitement général ; les antiphogisliques locaux frôquemmentrépétés, les vésicatoires, les frictions fondantes, les emplâtres de même nature, les badigeonnages avec la teinture d'iode, le collodion riciné, en un mot, tous les révulsifs qu'on emploie à l'extérieur; les purgatifs doux, tels que la limonade purgative, l'eau de Sedlitz, le calomel, etc., établissent une révulsion utile sur le tube digestif; l'usage de certaines eaux minérales salines ou bromo-iodurées, sulfureuses, etc., viendront seconder avantageusement le traitement, auquel on aura soin de joindre un régime tonique et fortitianl. C'est à cette phlegmasie chronique de l'ovaire, qu'on doit attribuer ces cas cités par les auteurs, ou l'on voit la suppuration se former, sans presque aucune douleur antécédente, lentement et d'une manière pour ainsi dire, insensible. Une femme, dont parle Panarole, mourut d'un abcès dans un ovaire ,. après avoir été longtemps atteinte d'une gonorrhée et d'une douleur légère vers le col de la malrice : si l'inflammation a fait naître la dégénérescence de l'ovaire, il faut recourir à l'extirpation de l'organe malade ; nous en traiterons à l'article ovariotomie.