TRAITI'] PRATIQIJK IJES MALADIES DES OVAIHES
ot de la jïrosscur do celui cité par Blancard ; il était plein d'une matière blanche, épaisse, que l'auteur de l'observation désigne sous le nom de sperme ; la trompe du môme coté avait une grosseur double, elle était dure et calleuse (de Blegny., Journal de méd. , I. XXI). Des observations analogues ont été faites par Vesale, Riolan, Monget, Diemerbrock, Rivière, Lieutaud, etc. , etc.
Maintenant, nous appuyant sur tous ces faits, sur les phénomènes physiologiques de l'ovulation et de la fécondation, ne peut-on pas admettre qu'il se passe, pour la formation des kystes de l'ovaire, ce qui se passe pour les vésicules fécondées : celles-ci se développent quelquefois ou dans l'ovaire lui-même, ou dans la trompe de Fallope ou dans le péritoine, ce qui constitue des grossesses anormales. Eh bien, ne peut-il pas arriver que l'ovule non fécondé, mais devenu malade par suite de toutes les causes que nous venons d'énumérer plus haut, puisse se développer patliologiquement soit dans l'ovaire où il reste fixé, soit dans la trompe de Fallope où il s'est introduit, comme au moment de la fécondation, soit enfin dans le péritoine où il est tombé... Et le siège des kystes de l'ovaire dans tous ces points, ne rend-il pas bien compte de toutes ces circonstances. On sait que l'ovule est formé dans l'ovaire des mammifères, et en particulier dans l'ovaire de la femme, avant la fécondation ; des observateurs telsqueYallisnieri,Sanlorini,Berlrandi, Brugnonc, Cruiksliank, Plagge, Négrier, etc. , ont vu dans des ovaires de filles vierges, de femelles vierges de lapin, de porc, dans les ovaires de mules, qui sont comme on sait, stériles et vierges, tousles changements qu'on attribue communément à la fécondation, et depuis que Plagge {Sur la formation de l'œuf dans l'ovaire avant sa fécondation, in Jour. Complém.
ANATOMIE rATIlOLOGIOlJI'] DK^ KVSIKS DES OVAIRES. 75
du dict. des sciences méd. . t. XV, p. 184; 1823) a reconnu que les ovules se forment réellement dans les vésicules de (rraaf, longtemps avant la fécondation, el qu'il a été démontré, qu'à chaque époque menstruelle l'ovaire devient plus vasculaii'e, plus tuméfié, rouge et turgescent, qu'on remarque à sa surface une vésicule de plus en plus saillante, qui après tous ces changements se rompt et laisse échapper l'ovule qu'elle contenait, ovule qui se trouve entraînéavec l'humeur plus ou moins visqueuse qui l'enlourait, que du sang s'épanche dans l'intérieur de la vésicule brisée et s'échappe par la trompe pour donner lieu aux règles. Ainsi si on admet, et tout prouve qu'il en est ainsi, qu'un ovule se sépare de la vésicule, soit au moment de la menstruation, soit au moment de la fécondation, n'est-il pas probable qu'un ovule non fécondé, mais altéré par une cause ou une autre, peut se développer palhologiquement dans l'ovaire lui-même, ou bien s'échapper de la vésicule qui l'a formé, et arriver malade soit dans la trompe deFallope, soit en dehors de cette trompe dans le péritoine, et donner naissance à un kyste ovarique. En se détachant de la vésicule de l'ovaire, le germe ou l'ovule' peut pénétrer dans la trompe et y subir des phénomènes pathologiques; il peut tomber dans l'abdomen des kystes extra-ovariens, ou lubaires, ou tubo-ovariens.
Ce qui prouverait qu'il doit en être ainsi, c'est que dans quelques cas, la vésicule devenue kyste, après s'être déchirée comme dans la menstruation, laisse écouler de temps en temps le liquide qu'elle renferme, soit aux époques menstruelles, soitdans leur inlervallc. C'est à ces kystes qu'on a donné le nom de kystes ovaro, lubo-ulérins, parce qu'ils communiquent avec l'utérus par la trompe de Fallope. Parmi plusieurs malades que j'observe dans
70 TRAITÉ PliATlQIlE DES MALADIES DES OVAIKES. c(: moment, je cilerai une jeune femme hystérique, ayant une passion désordonnée pour les plaisirs solitaires, quoi que mariée et mère de trois enfants. Son mari n'ayant pas les mômes appétits, elle n'a que des rapports conjugaux Irès-rareset incomplets parce qu'elle craintd'avoir d'autres enfants. Cette jeune dame, dont les mauvaises habitudes remontent à sa plus tendre enfance, est âgée de 27 ans. Avant son mariage elle éprouvait déjà dans la fosse iliaque droite, au niveau de l'ovaire, une douleur sourde. Cette douleur a toujours persisté, même après ses couches. Quelques mois après sa dernière couche, et à la suite d'excitations démesurées et contre nature, la douleur de l'ovaire devint plus vive, et tellement vive qu'elle eut tous les signes d'une péritonite locale. L'ovaire se tuméfia considérablement et offrit bientôt le volume du poing; il était tendu, très-douloureux à la moindre pression ; tous les signes d'une ovarite aiguë existaient au plus haut degré, et je craignais ou la rupture de l'ovaire, ou la formation d'un abcès dans la fosse iliaque. L'état général était des plus mauvais, il y avait une fièvre très-forte, des frissons, des vomissements; tout faisait craindre une terminaison fâcheuse. J'avais pris toutes mes dispositions pour ouvrir ce prétendu abcès, lorsqu'on vint m'annoncer qu'il s'était rompu dans la nuit et qu'il s'était écoulé par le vagin, plus (l'un litre d'une matière aqueuse, glaireuse, ayant laissé sur le linge des traces semblables à celles du sperme. Tous les symptômes d'inflammation et les douleurs disparurent promptement; mais depuis cette époque qui date de trois ans déjà, il s'écoule constamment par le vagin une liqueur aqueuse plus ou moins abondante, mais qui augmente à certains moments, lorsque la malade s'abandonne àson vicieux penchant. Les régies sont toujours régulières.
ANATOMIE PATIIULOUIOUE DES KYSTES DES OVAIUKS. 77 L'opinion de Galion [de Utero dissert.) qui croyait que les femmes sécrétaient el iburnissaient une liqueur proliiique, dans l'acte de la reproduction, n'est peut-être pas si éloignée de la vérité qu'on le croit, non pas au point de vue de la liqueur prolifique fournie par la femme au moment du coït ou de la masturbation, mais au point de vue d'une certaine liqueur ou fluide qui apparaît en certaine quantité au moment des excitations des parties génitales, que les excitations soient naturelles ou artificielles. D'où vient cette liqueur, est-ce de l'ovaire, est-ce de l'utérus, etc. Nous nous bornons à poser cette question, dans l'espoir que d'autres chercheront à l'éclairer.
Malheureusement les maladies de l'ovaire et des parlies qui les composent, comme les vésicules de Graaf, de l'ovule, sont des plus difficiles et des plus obscures; aussi est-il difficile d'en avoir une idée exacte. Jusqu'à présent on ne s'est occupé que des maladies de l'œuf humain fécondé, sans même songer aux altérations pa- Ihulogiques qui peuvent envahir les vésicules de Graaf et leur contenu, c'est-à-dire l'ovule; avant la fécondation, il est vrai que ces altérations sont complètement soustraites à l'action de nos sens, et qu'elles échappent à tous les moyens d'investigation à leur début ; mais, est-ce une raison pour ne pas les admettre? Espérons que quelques chercheurs patienis, aidés du microscope, viendront un jour nous dévoiler les phénomènrs pathologiques dont ces organes peuvent être atteints. En attendant, nous nous bornerons à signaler les recherches les plus récentes qu'on a faites sur ce point, el à examiner ce qu'un kyste de l'ovaire, une fois formé, peut offrir de remarquable à son début, dans sa marche, son développement et son organisation.