J. IV
INTRODUCTION
cl par là d’y maintenir une température plus élevée; de rendre la peau plus élastique, plus souple, plus perméable; d’augmenter ainsi la transpiration cutanée; d’imprimer aux tissus cellulaire et ganglionnaire un mouvement secret d’oscillation, et aux muscles euxmêmes ce degré de force et de vigueur, d’où résulte un sentiment d’aptitude et de bien-être général. Peut-être même que ces frictions développent et favorisent la puissance électrique de l’économie dans un sens favorable à la santé Toujours est-il que l’usage des fric-
tions sèches, sur la surface du corps, est un excellent moyen pour entretenir la santé dans la vieillesse (1). »
Les bains sont trop négligés par les vieillards. Il n’y a aucune raison pour que leur action si favorable, ou plutôt si indispensable au maintien des fonctions de la peau, cesse de s’exercer dans le même sens à cet âge, où ils doivent même efficacement contribuer à ralentir la désorganisation de l’épiderme. 11 est certain que le défaut de bains est une des causes les plus funestes de maladies, et surtout de cachexies, dans les classes où cet agent hygiénique est peu répandu. Les habitants de la campagne y suppléent par les exercices violents auxquels ils se livrent habituellement ; mais, dans les professions sédentaires et industrielles des villes, c’est sûrement un adjuvant énergique des maladies constitutionnelles qui y exercent, de générations en générations, de si grands ravages. Il est permis d espérer que la sollicitude du gouvernement et des administrations obtiendra un retour efficace à des habitudes qui, sous d’autres climats, il est vrai, tenaient une si grande place dans l’hygiène des anciens.
Nous devons donc insister sur l’usage des bains chez les vieillards; mais il faut que cet usage soit ici dirigé par cet esprit de modération qui, devant celte espèce d’amoindrissement de la vie, doit, à proportion, amoindrir toutes les pratiques et tous les actes auxquels ou les soumet. Les bains doivent être de peu de durée, de tempéiatuie moyenne, Lied es par excellence, le sel marin, la gélatine, le savon surtout, ajoutés a l’eau pure. Canstalt fait cependant remai quer que les vieillards supportent moins bien les bains lorsqu ils n en avaient pas l’habitude dans leur jeunesse. Sans être absolue, cette obseivation n’en doit pas moins être prise en considération.
Je me bornerai à ce succinct exposé de l’hygiène générale de la vieillesse. Je traiterai, dans des chapitres spéciaux, de 1 hygiène spéciale des fondions digestives. Je dois me contenter d y renvoyer.
(1) Reveillé-Parise, Traité de la vieillesse hygiénique, etc., p. 368.
INTRODUCTION
Quant à l’hygiène morale des vieillards, que pourrai-je ajouter à ce que le lecteur trouvera dans les pages sereines et presque voluptueuses de Cicéron, dans l’ouvrage plus chrétien, mais non moins consolant, de Reveillé-Parisc, dans les leçons si originales et si saantes du professeur de Montpellier, Lordat?
Dirai-je que le vieillard doit retourner à la pureté des petits enfants ? Malheur à ceux qui, dans un dernier effort de mémoire et d’imagination, essayant une puérile imitation du rôle que la Providence avait réservé à la jeunesse et a la force, effeuillent à plaisir la couronne de leur vieillesse, et consument, sur un autel impur, ce qui leur estait encore de vie ! Dirai-je aussi que la vieillesse commande à l’esprit le repos, comme au corps?
En effet, dùt-on reconnaître, à la suite des savantes déductions de Lordat, que le principe de l’intelligence ne serait point soumis, comme la force vitale, à une période de culmination , dont il redescendrait les échelons qu’il avait gravis, mais qu’il serait, sinon inséuescible, ou incapable de décroître, du moins insénescent, c’est-à-dire suivant une marche normale et indéfiniment progressive jusqu’à la în de la vie(l); qu’importerait Y insénescence du sens intime, si les organes par lesquels il s’exprime s’étaient laissé frapper de mutité? Laissons de côté les exceptions, dont l’illustre professeur fut le type e plus frappant. Ne prenons donc pas pour exemples ces merveileuses et exceptionnelles conservations de l’imagination et de la mémoire, comme ces vieillards ambitieux qui s’autorisent de fécondités tardives, pour contracter leurs tardives unions. Heureux et prudents sonL les acteurs qui savent quitter quelque scène que ce soit, après leur dernier applaudissement!
Le vieillard sage exercera son esprit comme nous avons déjà vu qu’il devait exercer son corps. C’est seulement ainsi qu’il pourra retarder celte obscurité profonde qui, dès avant la nuit éternelle, vient souvent envelopper l’intelligence, comme on voit l'engourdissement des membres en devancer l’éternelle immobilité.
(D Lordat, Preuves de l' insènescence intime du sens de l'homme. Montpellier, 1844, p. 1 4 el 28.