CHAPITRE II
CONGESTION CÉRÉBRALE
l/étude de la congestion cérébrale emprunte la plus grande partie de son intérêt aux relations qui existent entre ce phénomène morbide et la plupart de ceux que nous aurons à étudier dans la première partie de ce livre. Il est impossible, en effet, de se faire une idée exacte de la pathogénie de l’hémorrhagie cérébrale, et surtout du ramollissement, si l’on n’a commencé par se familiariser avec les formes symptomatiques, les lésions anatomiques, la marche, la physionomie, enfin, de la congestion cérébrale. Par sa texture, par la disposition du système vasculaire qui l’enveloppe et le pénètre, par la nature de ses fonctions, le cerveau est certainement, de tous les organes de l’économie, celui qui non-seulement est le plus exposé à ces vicissitudes de la circulation sanguine qui font naître, puis disparaître avec non moins de spontanéité, les hyperémies, mais encore, et c’est là le point le plus important à considérer, celui qui doit en ressentir le plus vivement et le plus profondément l’empreinte.
Qu’une trop grande quantité de sang, en effet, se porte en un temps donné dans un organe quelconque de l’économie, le poumon, le foie, l’estomac, l’utérus, qu’en pourra-t-il résulter autre qu’un peu de malaise, un léger trouble fonctionnel, et encore n’est-ce que dans les cas d’hypérémiegénérale ou prolongée que des phénomènes morbides réels deviennent possibles à constater. Dans l’encéphale, au contraire, dans ce centre inextricable et incompréhensible encore des fonctions les plus délicates et les plus multipliées, il semble que le moindre dérangement ne puisse s’opérer dans le cours du sang, sans qu’à l’instant la perception en soit ressentie dans quelqu’un des innombrables rayonnements du plus complexe de nos organes. Et quelles fonctions paraissent plus incompatibles avec la règle et la mesure que les fonctions de l’encéphale? Et quel organe peut être aussi facilement offensé dans sa texture par le simple fait de l’abord exagéré du sang?
Il est donc aisé de comprendre comment l’hypérémie tient dans la pathologie de l’encéphale une place qu’elle n’occupe point ailleurs, et comment nous la retrouverons dans chacune des parties de ce chapitre, jouant un rôle actuel ou passé, mais prenant part à presque tous les ordres de phénomènes morbides que nous aurons à étudier.
ARTICLE PREMIER