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DIAGNOSTIC DE LA CONGESTION CÉRÉBRALE

Le diagnostic de la congestion cérébrale est surtout basé sur le peu de durée des accidents qu’elle occasionne, et sur leur disparition, en général aussi rapide que leur développement, qu elle survienne spontanément, ou sous l’influence des moyens thérapeutiques. Les symptômes propres à la congestion ne sont en effet, dans beaucoup de cas, que très-peu propres par eux-mêmes à la faire reconnaître, car ils peuvent simuler, d’une manière complète, à peu près toutes les autres affections aiguës de l’encéphale, graves ou légères. Je n’insisterai pas beaucoup ici sur ces difficultés de diagnostic : je renverrai aux articles qui concernent ces différentes alléchons, lie-

CONGESTION CÉRÉBRALE

morrhagie méningée , hémorrhagie cérébrale, ramollissement et méningite, il suffira de résumer ici les principaux éléments de ce diagnostic.

La forme apoplectique de la congestion cérébrale peut simuler de la manière la plus absolue l’hémorrhagie ou la forme correspondante du ramollissement cérébral. Il est fort difficile dans un certain nombre de cas d’éviter une erreur, l’apparente gravité des symptômes faisant supposer plutôt l’affection la plus grave, ou au moins laissant une incertitude temporaire sur le jugement à porter. On a dit que l’existence d’une hémiplégie annonçait plutôt une hémorrhagie. Ce peut être vrai d’une manière générale ; mais, comme nous avons vu qu’une simple congestion cérébrale pouvait déterminer une hémiplégie, et que les hémorrhagies considérables peuvent entraîner une paralysie générale, on voit que cette circonstance ne peut point servir au diagnostic d’une manière absolue. Voici cependant des remarques que l’on peut mettre à profit.

La paralysie n’est, pas en général aussi complète, aussi absolue dans la simple congestion que dans l’hémorrhagie. Si donc avec les symptômes d’une apoplexie grave, d’une compression considérable, et ce sont presque toujours ceux du coup de sang, on rencontre une paralysie incomplète, et surtout incomplète des deux côtés, on pourra être à peu près assuré de l’existence d’une congestion. Lorsqu il y a une double paralysie, si l’une est plus complète que l’autre, on diagnostiquera plutôt une hémorrhagie, car la congestion ne déteimine guère qu’une hémiplégie franche, ou une paralysie générale. Delà contracture ou de légers mouvements convulsifs accompagnant une paralysie absolue doivent faire craindre une hémorrhagie avec ruptuie du foyer dans les méninges ou dans les ventricules. Quant aux signes tirés de la sensibilité, de l’état des pupilles, de la déviation de la bouche, ils ne paraissent iournir aucun renseignement utile.

11 est rare que, dans la forme subapoplectique de la congestion ce re braie, il y ait des phénomènes de paralysie assez prononcés pour donner heu de la confondre avec le ramollissement. Il y a presque toujours alors un simple état d’alourdissement des membres, de lentem des mouvements. Mais il suffit que ces phénomènes soient notablement plus prononcés d’un côté que de l’autre, pour que l’existence o un ramollissement ne puisse être mise en doute.

I.es Formes délirante et convulsive de la congestion simulent bien I'ius encore le ramollissement cérébral aigu. Il est vraisemblable du

/,U MALADIES DE L’ENCÉPHALE

reste que cette identité de forme entre ces deux affections vient de ce que le ramollissement, débutant par une congestion cérébrale, lui emprunte, à proprement parler, sa propre physionomie, jusqu’à ce que, développé lui-même, il donne aux symptômes un caractère de fixité et de persistance qui suffit pour éloigner l’idée d’une simple hypérémie. La méningite revêt quelquefois une forme délirante assez semblable à ce que nous avons décrit dans les observations précédentes. Cependant on y observe en général, chez les vieillards, une agitation désordonnée des membres, ou des contractures partielles sans paralysie, qui impriment alors aux symptômes un caractère assez particulier.

Il ne faut pas oublier, du reste, que, si la congestion cérébrale est difficile à distinguer, chez les vieillards surtout, d’affections plus profondes et plus graves, et fréquentes à cette époque de la vie, elle leur sert le plus souvent, soit de phénomène précurseur, soit de prodrome immédiat, et se trouve unie à plusieurs d’entre elles par des liens très-étroits de pathogénie.

ARTICLE IV

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