INFILTRATION SÉREUSE OU ŒDÈME DE LA PIE-MÈRE
L’étude des infiltrations séreuses de la pie-mère offre beaucoup d’intérêt dans la pathologie de l’encéphale chez les vieillards. Mais certaines difficultés d’anatomie physiologique et pathologique n’ayant pas encore été résolues, on s’est peu occupé en définitive de ce sujet que ramènent cependant la plupart des autopsies pratiquées chez des individus d’un âge avancé.
La pie-mère est moins une membrane qu’un espace celluleux interposé entre la surface du cerveau et le feuillet séreux de l’arachnoïde, pour fournir une trame aux ramifications infinies des vaisseaux destinés à la circulation des centres nerveux, qui viennent s’y tamiser en quelque sorte, et aussi pour recueillir entre ses mailles le liquide céphalo-rachidien.
Ce liquide céphalo-rachidien existe donc à l’état normal autour de toutes les portions de l’encéphale, pour isoler jusqu’à un certain point ces organes délicats des parois osseuses entre lesquelles ils sont renfermés, pour se prêter aux mouvements du rachis, aux changements de volume que les organes encéphaliques peuvent éprouver par suite des variations de la circulation sanguine, des oscillations respiratoires que celle-ci a sans doute à y subir, des altérations de forme qui succèdent à certaines lésions des centres nerveux (1). Il ne peut exister de vides dans les cavités encéphaliques : le liquide céphalo-rachidien est là pour remplir ceux qui peuvent se produire. Cette double relation du liquide céphalo-rachidien avec la circulation sanguine et avec la forme des centres nerveux domine précisément l’étude que nous allons faire des infiltrations séreuses des méninges.
Lorsqu’on rencontre, à l’entour d’un cerveau de vieillard, une quantité un peu considérable de sérosité, on se demande si celte sérosité s’y est amassée depuis peu de temps, ou depuis une époque
(1) Magendie, Recherches physiologiques et cliniques sur le liquide, céphalo-rachidien ou cérébro-spinal , 1842.