‹ Traité pratique des maladies des vieillardsChapitre 29 sur 123 · ŒDÈME DE LA PIE-MÈRE · texte numérisé non relu

ŒDÈME DE LA PIE-MÈRE

mère est tendue et soulevée, la surface du cerveau, outre qu’elle n’offre aucun caractère d’atrophie, est manifestement gênée dans son développement; les circonvolutions, au lieu de se trouver écartées et saillantes, comme tout à l’heure, sont aplaties ou au moins rapprochées, les anfractuosités plus ou moins effacées, et tandis que, dans le premier cas, c’est surtout dans l’intervalle des circonvolutions que la sérosité parait tendre à s’amasser, dans le second c’est surtout entre leur sommet et l’arachnoïde qu’elle est accumulée.

Mais il peut arriver, que sous l’influence d’une congestion cérébrale, ou d’autres causes peut-être, un nouvel épanchemet de sérosité vienne à s’opérer dans la pie-mère , déjà infiltrée par suite de l’atrophie du cerveau. Nous retrouvons ici ces circonvolutions étroites et ratatinées, ces anfractuosités élargies qui sont le caractère d’un œdème physiologique. Mais en outre la dure-mère est tendue , et présente, le crâne enlevé, cette apparence de plénitude que ne parviennent jamais à lui donner les épanchements les plus considérables de sérosité, quand ils ne sont liés qu’à une atrophie du cerveau. En outre, on peut remarquer une disposition particulière des circonvolutions qui n’a pas encore été signalée, et que j’ai plusieurs fois rencontrée.

11 s’agit d’une dépression partielle des circonvolutions, tantôt semblable à une impression digitale, tantôt plus volumineuse et pouvant recevoir la convexité d’une noix. Au premier abord, on croit avoir affaire à une atrophie partielle ou même à une véritable destruction des circonvolutions; mais lorsqu’on a enlevé la pie-mère, on trouve une ou deux anfractuosités très-élargies, les circonvolutions voisines fort déprimées; et l’intégrité de leur couleur, de leur volume et de leur forme, qu’elles reprennent après l’enlèvement des méninges et de la sérosité qui les comprimait, prouvent qu’il n’existe en ces points aucune altération de la substance cérébrale elle -même. Cette singulière disposition,’ bornée quelquefois à une seule circonvolution déprimée- , m’a toujours paru tenir à une infiltration aiguë survenant à la suite d’une infiltration chronique et antérieure.

Si nous résumons les caractères anatomiques propres à faire distinguer la nature des œdèmes de la pie-mère, nous trouvons donc : pour les œdèmes chroniques, les circonvolutions, offrant ou non les caractères de l’atrophie sénile, profondément écartées par la sérosité, les anhactuosités élargies, la dure-mère plutôt lâche et plissée que tendue, pour les œdèmes récents, la dure-mère plus ou moins bombée et fluctuante , les circonvolutions rapprochées et quelquefois

MALADIES DE L’ENCÉPHALE

aplaties, les anlractuosités plus ou moins effacées. Quant à ces enfoncements partiels, à ces impressions digitales des circonvolutions , ils semblent annoncer qu’un épanchement aigu est venu se surajouter à un épanchement ancien.

§ III, — *iyniptùm<>« «le l’œtlènie île In plo-inûrc.

Les symptômes de l’œdème aigu de la pie-mère ne sont autres que ceux de la congestion cérébrale. On y retrouve la forme apoplectique, avec stupeur profonde et soudaine, résolution générale, bien que la connaissance et la motilité ne soient pas toujours complètement abolies; la forme subapoplectique, avec un degré moins prononcé de résolution de l’intelligence et du mouvement, et une marche moins rapide; enfin la forme délirante.

Il serait inutile de revenir ici sur les descriptions qui précèdent, les observations que j’ai sous les yeux ne me fournissant aucune circonstance qui me permette d’y rien ajouter, comme d’en rien retrancher. Il est donc certain que l’autopsie seule permet de reconnaître l’existence de ces œdèmes aigus que rien ne saurait distinguer pendant la vie de simples hypérémies, mais qui, une fois produits, ne rencontrent sans doute pas, à cette époque de la vie, de conditions qui laissent aucune chance à leur résorption.

Quant à l’œdème chronique, ou il est lié à l’atrophie du cerveau ou à l’amincissement des os du crâne, mais dans ce cas il ne constitue pas un état pathologique à proprement parler, et n’a point de symptômes qui lui soient propres; ou il s’est produit lentement sous l’influence d’un embarras habituel de la circulation générale, et alors il ne paraît déterminer que des symptômes vagues de compression du cerveau.

On ne perdra pas de vue que toute cette histoire de l’œdème de la pie-mère intéresse spécialement la pathologie des vieillards; on rencontre rarement quelque chose d’analogue chez les adultes, jamais chez les enfants.

Chez ces derniers pourtant les épanchements séreux encéphaliques soit aigus, soit chroniques, sont très-communs; mais ils occupent exclusivement, non plus la pie-mère, mais la grande cavité de 1 arachnoïde ou celle des ventricules : ce sont des épanchements et non plus des infiltrations. Et d’ailleurs l'hydrocéphale aiguë des enfants , telle qu’elle a été décrite jusqu’ici, appartient presque tout entière, suivant la remarque de Valleix, à la tuberculisation des méninges.

méningite.

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