‹ Traité pratique des maladies des vieillardsChapitre 41 sur 123 · INFILTRATION SANGUIN K DU CERVEAU · texte numérisé non relu

INFILTRATION SANGUIN K DU CERVEAU

L’hémorrhagie cérébrale, dans le cerveau comme dans le poumon, se montre sous deux formes : sous celle d 'épanchement en foyer, ou celle d 'infiltration sanguine. La première se rencontre surtout dans le cerveau, la seconde spécialement dans le poumon.

L’intiltration sanguine n’a guère encore été étudiée dans le cerveau à part du ramollissement, dont elle est souvent un élément important. Je n’entrerai pas dans de grands développements sur ce sujet dont l’intérêt appartient surtout à l’anatomie pathologique.

Indiquée déjà par MM. Cruveilhier, Rostan, Lallemand, Fantonelli (2), etc., et plus spécialement décrite par MM. Bravais (3),

(1) Prus, Mémoire cité, p. 77.

(2) Gazette médicale, t. VI, p. 1 0 5.

(3) Bravais, Mémoire sur l’hémorrhagie de la couche corticale du cerveau (Revue médicale, mars 1827).

MALADIES DE L ENCÉPIIALE.

Dance (1), Ditlay (2), etc., j’ai réuni dans ma thèse inaugurale (3), et résumé plus lard dans le Traité du ramollissement (à), tous les laits relatifs à l’infiltration sanguine du cerveau considérée en ellemême, et comme phénomène hémorrhagique.

L’infiltration sanguine (apoplexie capillaire) se montre sous des aspects très-divers: tantôt ce sont de petits loyers ou de petites taches, plus ou moins volumineux qu’un grain de millet, répandus çà et là dans le cerveau ou groupés ensemble, le plus souvent en forme de plaques à la surface des circonvolutions ; tantôt ce sont des noyaux assez arrondis, à peu près du volume d’une noisette, uniques ou multiples; dans une troisième forme enfin, qu’on peut appeler infiltration diffuse, cette dernière n’a pas d’apparence déterminée et présente les plus grandes variétés d’aspect et d’étendue : toutes ces formes sont caractérisées par la présence du sang en nature, hors des vaisseaux, dans la pulpe cérébrale, non réuni en foyer, mais mêlé et plus ou moins intimement combiné avec les molécules de la substance nerveuse.

Les points où siège cette infiltration sanguine tantôt ont conservé leur consistance normale, tantôt présentent un peu d’augmentation, tantôt un peu de diminution de la consistance normale; il est probable que le mode de combinaison du sang infiltré avec les molécules de la pulpe cérébrale est la principale cause de ces apparences différentes.

J’ai réuni un assez grand nombre d’observations d’infiltrations sanguines du cerveau chez des individus de tout âge, enfants, adultes et vieillards; mais ceux-ci doivent seuls nous occuper ici. li faut encore mettre de côté plusieurs cas où les malades n’avaient pas été suffisamment observés pendant la vie. Restent (5 observations concernant des vieillards, dans l’une desquelles aucun symptôme n’avait été remarqué du côté du cerveau : le malade avait succombé à une pneumonie ayant suivi une marche ordinaire.

Dans les cinq autres cas, les accidents avaient débuté tout à coup par un coma plus ou moins complet, puis de la paralysie ; résolution générale dans un cas; hémiplégie, affaiblissement d’un bras, paralysie d’un bras et de la jambe du côté opposé, dans les autres. Le

(1) Dance, Observations sur une forme particulière d'apoplexie (. Archives de médecine, mars 1827).

(2) Diday, Mémoire sur T apoplexie capillaire ( Gazette médicale, 22 avril 1837). j(3) Durand-Fardel, Thèses de Paris, 1840, n° 261.

(4) Pages 56-73.

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