‹ Traité pratique des maladies des vieillardsChapitre 46 sur 123 · TERMINAISONS · texte numérisé non relu

TERMINAISONS

§ Ier. — Terminaison par la mort.

L’hémorrhagie cérébrale se termine par la mort ou par la guérison ;

: celle-ci tantôt complète et tantôt incomplète. J’ai étudié dans des paragraphes à part la manière dont se comporte, anatomiquement et sémiologiquement, cette grave affection, lorsqu’elle atteint ce résultat désirable. 0

Hormis presque toutes les hémorrhagies de la protubérance et de la moelle allongée, et celles avec rupture du foyer dans les ventricules ou dans les méninges, et quelques hémorrhagies avec vaste foyer creusant toute l’épaisseur d’un hémisphère, on peut établir d’une manière générale que l’hémorrhagie cérébrale occasionne rarement la mort par elle-mCme et sans complication.

Lorsque la mort succède directement à une hémorrhagie encéphalique, elle paraît survenir par le même mécanisme qu\à la suite des plaies du cerveau primitivement mortelles, à la commotion près, et résulter à la fois delà perte de substance d’une portion du cerveau et de la compression du reste.

L’organisn\e lutte longtemps quelquefois contre cette double cause de mort : mais il finit par succomber à cette insuffisance du système nerveux, et, lorsqu’on ouvre le cadavre, on trouve un commencement

MALADIES DE L* ENCÉPHALE

de résorption du sang épanché, de réparation du foyer, sans autres altérations à l’entour que celles qui se trouvent liées à l’hémorrhaeie elle-même. ë

1) auties lois, le malade meurt à une époque plus ou moins rapprochée de 1 attaque, sans que l’étendue de la lésion cérébrale semble nécessairement de nature à entraîner une telle issue : mais alors c’est a une complication que le malade a succombé; il n’est pas mort par le cerveau, mais presque toujours par le poumon. La pneumonie hypostatique, ou secondaire, constitue le plus grand danger qui menace, les vieillards surtout, dans les périodes qui suivent les grandes lésions de l’encéphale. La position constamment déclive des poumons, la supersécrétion bronchique commune à la plupart des personnes avancées en âge, et qui s’amasse sans plus se faire jour au dehors, la diminution du ressort qui résulte, pour tous les organes, de-l’altéralion profonde subie par le système nerveux central, un mélange enfin de conditions dynamiques et de conditions mécaniques, font que la congestion et la pneumonie hypostaliques emportent un grand nombre d’apoplectiques, surtout chez les vieillards, surtout peut-être dans les hôpitaux.

D’autres fois encore, les premiers dangers semblent vaincus du côté du cerveau, et du côté de la poitrine les accidents les plus graves s’éloignent: mais le décubitus constant sur le dos, l’écoulement des urines, d’autres causes plus générales qui peuvent encore s’y joindre, déterminent la formation d’eschares au sacrum : cet accident n’est pas toujours mortel. Mais le plus souvent on voit le malade s’affaiblir (adynamie des vieillards) , et il succombe encore avec une pneumonie hypostatique, quelquefois lobulaire.

Telles sont les trois périodes périlleuses qu’ont à traverser les personnes frappées d’apoplexies graves : la lésion même du cerveau, la pneumonie, les eschares au sacrum, viennent successivement les menacer.

J’ai cherché, dans les observations qui me servent cà tracer cette histoire de l’apoplexie, quelques documents relatifs à ces différents modes de terminaison de l’hémorrhagie cérébrale.

L’étude des poumons forme la partie la plus intéressante de ces recherches : malheureusement un grand nombre d’observations se taisent sur ces résultats que beaucoup d’observateurs ont le tort de considérer comme accessoires. Cependant j’ai trouvé l’état des poumons indiqué dans 67 observations, dans les termes suivants :

HÉMORRHAGIE CÉRÉBRALE

Engouement j

Engouement général 9 \ 29

Engouement postérieur B J

Engorgement et infiltration sanguine k

Infiltration sanguine par noyaux 1

Hépatisation *3

Engouement léger 5

État sain des poumons 13

Emphysème 2

Ces 13 pneumonies occupaient :

Le lobe inférieur k fois.

Le sommet 2

Étaient doubles 7

Je ne donnerai pas ce tableau comme présentant un exposé complet de la manière dont les choses se passent; il est probable que la proportion des poumons sains, ou légèrement engoués, est effectivement plus considérable, relativement aux poumons très- engoués ou hépatisés, car le silence gardé, dans une observation, sur l’état d’un organe est souvent le témoignage de son intégrité ; mais il n’est pas possible d’en tenir compte autrement. D’un autre côté, nul doute que de véritables pneumonies ne se trouvent comprises sous cette dénomination d’engouement.

Nous n’avons trouvé, dans le tableau précédent, que 7 indications relatives à des individus âgés de moins de 50 ans.

Il y avait :

Engouement 3 fois.

Engorgement et infiltration sanguine 2

Poumon sain 1

Pneumonie double 1

Le tableau suivant indique le rapport existant entre l’état sain du s poumon, ou au contraire la pneumonie confirmée, et la durée de la maladie.

Pneumonie.

1 jour i cas.

2 jours 2

3 jours . . 2

l\ jours 2

6 jours l

9 jours 1

19 jours 1

21 jours 2

1 mois 1

La seule chose que nous ayons à remarquer dans ce double tableau, I c’est que, tandis que les deux tiers des poumons sains ont été ren- } contrés dans les treize premiers jours, c’est au delà de ce terme I qu’ont été observés les deux tiers, juste la même proportion, des J pneumonies.

Nous n’avons trouvé que h observations où des eschares du sacrum aient été notées, et paraissent avoir influé sur la durée de la maladie. ] ün ne s’en étonnera pas, puisque plus des trois quarts des malades ] qui nous ont fourni le sujet de nos observations ont succombé dans les 6 premiers jours, c’est-à-dire avant un temps assez long pour qu’il y eût à se produire des eschares. En effet, chez les h malades qui sont morts avec des eschares, la maladie avait duré :

15 jours. | à3 jours.

19 — | 3 mois.

Il y avait 3 femmes et 1 homme, âgés l’un de 55 et les trois autres de 75 ans.

Dans deux cas (1), chez deux hommes âgés de 5â ans, la mort a paru déterminée, au bout d’un mois, par une parotide suppurante. Dans un troisième cas, observé par moi-même, il était survenu le neuvième jour une parotide très-douloureuse, laquelle se termina par résolution-, la mort arriva plus tard, au bout de trois mois; il y avait des eschares au siège et une double pneumonie.

Les apoplectiques peuvent succomber encore peu de jours après l’attaque, à quelque complication telle qu’une péricardite aiguë, ayant entraîné la mort le troisième jour, chez une femme de 72 ans(2), ou

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