‹ Traité pratique des maladies des vieillardsChapitre 47 sur 123 · L ENCÉPHALE · texte numérisé non relu

L ENCÉPHALE

État b mu du poumon.

5 heures 1 cas.

8 heures .... 1

1 jour 1

2 jours 2

3 jours 3

12 jours 1

15 jours. 2

1 mois 2

(1) Duplay, Archives générales de médecine, 2° série, t. VI, p. 480. — Avellino, Diagnostic différentiel entre l'hémorrhagie et le ramollissement cérébral (thèses de Paris, 1836, n° 99).

(2) Bérard jeune, Clinique des hôpitaux, t. I. 29 mai 1827.

HÉMORRHAGIE CÉRÉBRALE

une pleurésie, à laquelle un homme de 61 ans succomba le neuvième jour (1) . Mais ces exemples sont rares. les apoplectiques ne meurent guère, à la suite de leur attaque, que de complications pulmonaires, quand ils ne succombent pas à l’affection cérébrale elle-même.

Nous n’avons pas encore parlé du danger qui résulterait, à la suite des apoplexies, du développement de phénomènes inflammatoires, d’un ramollissement consécutif, par exemple, à 1 entoui du ioyei hémorrhagique. L’observation nous apprend en effet que le développement d’nn ramollissement inflammatoire à l’entour d’un foyei hémorrhagique est très-rare. On peut s’en convaincre en s’assurant : 1° que chez les individus qui succombent aux suites d’une hémorrhagie cérébrale, on ne trouve presque jamais de ramollissement commençant; 2° que chez les individus qui succombent à un ramollissement, on ne trouve presque jamais que celui-ci se soit développé à l’entour d’anciens foyers. L’erreur, à ce sujet, venait de ce que l’on prenait pour des vestiges de cavités hémorrhagiques des altérations qui n’étaient autres que des ramollissements. On trouvera au chapitre du Ramollissement cérébral , la démonstration de cette assertion, démonstration qu’aura complétée l’étude que nous avons faite de la réparation des foyers hémorrhagiques.

§ 11. — Terminaison par la guérison.

Lorsque l’hémorrhagie cérébrale n’a pas entraîné la mort dans les dix premiers jours, on doit supposer qu’elle se terminera par la guérison, puisque, sur 138 cas où la mort était survenue dans les cinq premières semaines, 16 seulement avaient dépassé ce terme.

Mais nous savons maintenant ce qu’il faut entendre par guérison de l’hémorrhagie cérébrale. C’est la formation d’une cavité séreuse

Sou d’une cicatrice dans le tissu cérébral, c’est-à-dire d’une altération indélébile, qui peut encore avoir elle-même des symptômes. Il nous est impossible de savoir dans quelle proportion on succombe ou l’on survit à l’hémorrhagie cérébrale.

La ressemblance possible entre une hémorrhagie légère et un simple congestion, dans les cas où les accidents ont été de très-courte durée, entre une hémorrhagie et un ramollissement, dans les cas où la paralysie persiste à un certain degré, rendent souvent un diagnostic précis fort difficile ou même impossible à poser.

(1) Forget, loc. cit., obs. XIII.

2/|0 MALADIES DE L’ENCÉPHALE

Cependant le grand nombre d’observations d’hémorrhagie récente et terminée par la mort dans un court espace de temps, qu’il m’a été facile de réunir, et au contraire le petit nombre, relativement, de cavités ou de cicatrices évidemment apoplectiques que j’ai rencontrées, portent à croire que l’hémorrhagie cérébrale est beaucoup plus souvent mortelle qu’on ne l’a supposé jusqu’icï. On voudra bien remarquer en effet que, avant mes travaux sur le ramollissement, et malgré les indications fournies par quelques observateurs, tout ce qui, dans le cerveau, représentait un travail de cicatrisation ou de réparation quelconque, était rapporté à d’anciennes hémorrhagies. Mais en montrant que les espaces formés d’un tissu celluleux infiltré d’un liquide lait de chaux, les plaques jaunes des circonvolutions, etc., qui, suivant l’évaluation de Roclioux lui-même (1), seraient douze ou quinze fois plus communes que les simples cavités séreuses, présentent avec le ramollissement la filiation la plus directe et la plus certaine, nous avons singulièrement diminué le champ de l’hémorrhagie cérébrale. Un pareil résultat étonnait fort Rochoux; mais après tout il est médiocrement intéressant de savoir si l’hémorrhagie est plus fréquente que le ramollissement ou non, mais seulement quelle est la nature ou le point de départ de telle ou telle altération de texture du cerveau et des symptômes qui s’y rattachent.

Parmi les observations qui m’ont servi à tracer l’histoire anatomique des modes de réparation de l’hémorrhagie cérébrale, j’en ai extrait *28 qui ont offert quelques renseignements touchant la marche de la maladie pendant la vie, et qui comprennent 16 hommes et 12 femmes.

Ils avaient été frappés d’apoplexie :

1 à vingt-six ans.

2 de trente à trente-neuf ans.

5 de quarante à quarante-neuf ans.

8 de cinquante à cinquante-neuf ans.

6 de soixante à soixante -neuf ans.

2 de soixante-dix à soixante-dix-neul ans.

1 à quatre-vingts ans.

Trois observations manquent de renseignements sur l’âge des malades, lors de l’apparition de l’apoplexie.

1 Rochoux, Du ramollissement du cerveau et de sa curabihlé, 1844, p. 17.

HÉMORRHAGIE CÉRÉBRALE

L;i mort était survenue au bout :

De trois à sept ans chez 6 malades.

D’un an.. 2

De dix-huit mois 1

De deux ans 5

De trois à cinq ans 5

De six à dix ans 5

De quinze à vingt ans. 2

D’un temps éloigné 2

Le tableau suivant établit le rapport de l’âge où est survenue l’attaque, avec la durée de la vie dans 24 cas :

Age lors de l’attaque.

Durée de la vie depuis l’attaque.

26 ans. . . .

1 malade.

ans « *

De 80 à 89

ans.. . .

mois

ans

ans

De 4Q.à 49 ans. . .

an

ans

ans

ans

De 50 à 59

ans . . .

mois

ans

de 3 4 5 ans. . .

de 6 ;l 10 ans. .

De 60 à 69

ans ....

mois

mois

ans

ans

De 70 à 79

ans. . .

mois

ans

A 80 uns. . .

ans

Plusieurs remarques intéressantes peuvent être faites au sujet de

L âge ou l’on observe le plus grand nombre d’hémorrhagies cérébrales terminées par la mort dès leur première période esl de 65 à

/a ans.

L âge ou l’on observe le plus grand nombre d’hémorrhagies cérébrales gagnant leur période de réparation on de cicatrisation contraire de 40 à 59 ans.

DUIUND-KARDEL. — 2e édit.

est au

24 2 MALADIES DE L’ENCÉPHALE

Cependant on remarquera en même temps que le travail de réparation d’un foyer hémorrhagique est compatible avec un âge trèsavancé, puisque nous avons vu des vieillards de 70 ans et même de 80 ans (1) vivre plusieurs années après une hémorrhagie cérébrale. La cause de la mort a été notée chez 18 individus.

Hémorrhagie cérébrale nouvelle dans 6 cas.

(Une troisième dans un cas, une quatrième dans un autre.)

Une congestion cérébrale avec infiltration séreuse 1

Une pneumonie 2

Une maladie aiguë, péritonite, entérite, etc 3

Une maladie du cœur 2

Une maladie chronique, cancer d’estomac, tubercules pulmonaires 2

Le malade s’est éteint sans maladie nouvelle appréciable. . 2

Dans les 6 cas où le malade a succombé à une nouvelle hémorrhagie, la première a été séparée de la dernière par un intervalle :

De 2 ans 1 fois.

De 3 ans 2

De 5 ans l

De 6 ans » l

De 15 ans 1

Nous possédons des renseignements précis sur l’état définitif des fonctions cérébrales, chez 27 malades :

9 étaient complètement guéris;

2 étaient presque complètement guéris;

lx n’avaient conservé qu’un peu de faiblesse dans les membres paralysés ;

1 un peu d’embarras de la parole.

En outre :

1 présenta à divers intervalles des troubles considérables de l’intelligence ;

10 étaient demeurés hémiplégiques.

Parmi ces derniers, un était en enfance, un autre épileptique; il paraissait y avoir simplement une hémiplégie chez les autres. L état

(1) Mémoire cité sur la réparation, etc., p. 38.

ÜÉMORRHAGIE CÉRÉBRALE.

de la parole n’est, pas'assez précisé dans tous ces cas pour que nous en puissions faire un relevé. Nous n’avons vu notées, dans aucun

cas, ni contracture ni céphalalgie.

Parmi les 9 malades complètement guéris, il en est 7 chez qui nous avons pu relever l’age de l’attaque et 1 époque de la mort .

Époque de l’attaque

30 ans, mort à ans après.

35 ans, 2 —

50 ans, 5 —

57 ans, 7 —

60 ans, 12 —

70 ans, 10 —

73 ans, 3 mois après.

ARTICLE IV

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