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C. — Bronchiie aiguë à la fin du catarrhe

Nous venons de montrer la bronchite aiguë au début du catarrhe, et en formant la première période, puis survenant pendant son cours et l’exaspérant presque toujours d’une manière notable. Mais quelquefois ces bronchites qui surviennent dans le catarrhe ne se résolvent pas; elles aboutissent à une pneumonie.

Ces pneumonies consécutives à une bronchite aiguë sont toujours beaucoup plus graves que celles qui surviennent d’emblée, même chez un individu affecté de catarrhe. Car pour qu’une pneumonie mérite le nom de broncho-pneumonie , ou pour mieux dire prenne la physionomie très-caractéristique de ces broncho-pneumonies, il ne faut pas qu elle se développe dans le cours d’un catarrhe chronique. Il laut qu’elle se montre à la suite d’une bronchite aiguë ordinairement

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générale, et presque toujours entée elle-même sur un catarrhe chronique; il faut encore que cette bronchite soit devenue capillaire, dans quelques points, et ait déterminé un état particulier de congestion du parenchyme pulmonaire, que l’on a désigné du nom de splénisation. On voit tous les jours des vieillards, atteints de catarrhe chronique, présenter des pneumonies très-simples.

Il est une forme de la bronchite aiguë, presque nécessairement mortelle chez les gens avancés en âge, et que l’on a désignée depuis Laënnec sous le nom de catarrhe suffocant ou bronchite capillaire. Ce n’est pas autre chose qu’une bronchite aiguë étendue à la généralité de l’arbre bronchique, jusqu’à ses dernières ramifications, et empruntant la gravité de sa physionomie et le danger qui l’accompagne à la difficulté avec laquelle l’hématose trouve à s’opérer à travers cette muqueuse partout ou gonflée ou sécrétante. Valleix ne pense pas que cette affection soit aussi commune qu’on l’a dit chez les vieillards (1), et je partage tout à fait sa manière de voir. Rien ne ressemble à une bronchite capillaire générale (catarrhe suffocant) comme certaines broncho-pneumonies, dans lesquelles une double bronchite emprunte à la congestion pulmonaire et à la pneumonie qui la compliquent son apparence et sa marche périlleuse, sans que ces dernières altérations soient elles-mêmes toujours faciles à reconnaître.

En outre, chez les emphysémateux sans asthme très-caractérisé, mais presque toujours atteints d’un certain degré d’asthme [accès asthmi formes) , il suffit d’une recrudescence du catarrhe habituel pour que, sans occuper les extrémités capillaires des bronches, une bronchite intercurrente entraîne l’apparence formidable du catarrhe suffocant.

Enfin, on voit souvent, dans le cours de ces bronchorrhées avec consomption, que l’on a désignées sous le nom de phthisie catarrhale ou pituiteuse , sous l’influence d’un refroidissement ou sans cause connue, les extrémités des bronches se remplir, l’expectoration devenir imparfaite, la toux se ralentir, une suffocation profonde mais sans angoisses s’établir; les extrémités et la face se refroidissent et se cyanosent, le pouls disparaît, et le malade, en quelques heures, de la façon la plus inattendue, tombe dans un état au-dessus des ressources de l’art, bientôt suivi de la mort. A l’autopsie, on trouve les poumons infiltrés de sérosité spumeuse et sanguinolente, et les

(I) Valleix, Guide du médecin praticien , 2e édit., t. I, p. 320.

CATARRHE PULMONAIRE

rameaux bronchiques gorgés de mucus blanc ou grisâtre, et spu-

meux.

La bronchite capillaire proprement dite ne se développe guère que chez les individus très-disposés à la bronchite aiguë, c’est-à-dire à d’autres âges que la vieillesse, chez les enfants surtout. La bronchopneumonie, qui se rencontre fréquemment chez les vieillards, succède bien à une bronchite capillaire, mais celle-ci n’offre ni la rapidité de développement, ni la généralisation qui caractérisent la bronchite capillaire, ou catarrhe suffocant, chez les adultes et chez les enfants.

Cependant, comme on ne saurait douter que les vieillards ne puissent être atteints aussi de cet accident redoutable, qui n’est pas une affection à part, mais seulement une forme de la bronchite, plus généralisée qu’à l’ordinaire, j’en exposerai ici les principaux symptômes.

Les accidents se développent en général dans le cours d’une simple bronchite, et prennent rapidement une grande intensité. Entre deux visites, du soir au lendemain , la physionomie du malade paraît changée d’une manière frappante. La dyspnée est extrême, la respiration bruyante, stertoreuse, rarement un peu sifflante, presque aussi énergiquement laborieuse que dans un accès d’asthme, comparaison si naturelle que Laënnec avait cru devoir admettre dans le catarrhe suffocant « une paralysie de quelques-unes des puissances qui, dans l’état naturel, produisent l’excrétion du mucus pulmonaire » ; ce qui reproduit presque littéralement la théorie de Canstatt relative à l’accès d’asthme. Une toux fréquente, par quintes, amène péniblement une expectoration en général peu abondante, visqueuse, claire, quelquefois striée de sang, chez les adultes et les enfants surtout, se rapprochant davantage chez les vieillards des caractères ordinaires de l’expectoration catarrhale. La face est congestionnée, les extrémités livides et froides, le pouls déprimé, la poitrine douloureuse, l’anxiété considérable. On trouve la poitrine sonore à la percussion, et à l’auscultation, du râle sibilant, quelquefois un ronchus grave peu sonore, mais surtout du râle sous-crépilant, occupant les deux côtés de la poitrine, principalement la partie inférieure des poumons, et du râle muqueux à bulles plus grosses et plus humides, vers la partie moyenne, en se rapprochant des grosses bronches.

Telle est la marche, toujours rapide, de cette affection. Il est à présumer qu’elle est constamment mortelle chez les vieillards, pour peu qu’ils soient d’un âge avancé et qu’ils aient un état habituel de catarrhe et d’emphysème.

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